Maxime Pedneaud-Jobin a fait la démonstration que l’économie de moyens ne signifie pas économie de résultats.

Une fleur à son chapeau

ÉDITORIAL / Nous avons fait grand cas, au cours des derniers jours, des dépenses fort raisonnables du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Il s’agit évidemment d’une fleur à son chapeau que d’avoir su faire cheminer les dossiers municipaux sans pour autant dépenser outre mesure.

M. Pedneaud-Jobin s’inscrit dans la suite de son prédécesseur Marc Bureau, qui a tenu les rênes de la Ville pendant deux mandats. 

Il faut remonter à l’époque d’Yves Ducharme, qui a été défait à la mairie de Gatineau en 2005, pour constater une nette différence dans les habitudes dépensières du premier magistrat. Avec 13 années d’écart, nous pouvons soutenir qu’il s’agissait d’une autre époque. 

Est-ce ce que cette ère de dépenses somptuaires pourrait revenir ? Tout est possible, évidemment. Mais il demeure hautement improbable. Parce que les élus d’aujourd’hui sont tenus à une parcimonie exemplaire. Et tant que Gatineau élira des maires dans le moule de MM. Bureau et Pedneaud-Jobin, cela se poursuivra.

Lorsque Marc Bureau a été élu maire de Gatineau, en 2005, nous croyions qu’il représentait un bris avec le passé. M. Bureau représentait le simple travailleur qui bûche sur ses dossiers tandis qu’Yves Ducharme incarnait le visionnaire qui a de grandes ambitions, mais des ambitions qui ont un prix. Il y avait aussi une question d’époque : au fédéral sévissait la crise des commandites. Gatineau dût annuler son sommet économique avec la Chine parce que les subventions s’étaient envolées. M. Ducharme est vite devenu l’homme du passé et Marc Bureau, le gestionnaire de l’avenir, prudent et précautionneux.  

Souvent, ces réflexes ne sont que de courte durée. Peut-être même ne durerait-elle pas un seul mandat pour M. Bureau. Au contraire, il a poursuivi ses habitudes de saine prévoyance économique. 

En 2013, M. Bureau a été défait par Maxime Pedneaud-Jobin non pas pour sa gestion des dépenses, mais sa gestion du dossier du Rapibus. Sa mise en branle, en pleine campagne électorale, a connu des ratés et M. Pedneaud-Jobin fit flèche de tout bois. Au plan des dépenses du bureau du maire, il a poursuivi les méthodes parcimonieuses de Marc Bureau.

C’est que les élus d’aujourd’hui ne dépensent plus comme avant. Des observateurs, dont les médias, scrutent les déboursés des élus avec un zèle renouvelé. La population ne tolère pas les écarts. Ces réflexes se constatent à Gatineau mais ailleurs au Québec également. Une nouvelle ère est née.

M. Pedneaud-Jobin a fait la démonstration que l’économie de moyens ne signifie pas économie de résultats. Au contraire. Ses 80 déplacements en cinq ans équivalent à plus d’un par mois, à tous les mois de sa mairie. Souvent, ce sont l’Union des municipalités du Québec ou la Fédération canadienne des municipalités qui absorbent les coûts de déplacement et de séjour. Il a eu de gros dossiers à défendre, notamment le projet de loin sur l’aréna Robert-Guertin et le rapatriement d’un point de la taxe de vente du Québec.

Alors que les élus de Gatineau passent le peigne fin au budget, les félicitations que Maxime Pedneaud-Jobin a reçues de quelques adversaires au conseil sont particulièrement notables. Les Marc Carrière, Gilles Carpentier et Audrey Bureau ne doivent rien au maire. Ils avaient tous de belles choses à dire de sa mairie, ce qui n’est pas peu dire. « Il a fait du bon travail », dit l’un. On est écouté et respecté maintenant », dit l’autre. « Nous récoltons les efforts de représentations du maire », soutient-elle enfin.  

Autant de fleurs à son chapeau, soutenait-on. Bravo.