Steven MacKinnon promet d'intervenir dans l'inéquité des centres de recherche fédéraux dans la région de la capitale nationale.

Trop gros pour un seul homme

ÉDITORIAL / Il existe une iniquité effroyable entre Ottawa et Gatineau : le nombre de centres de recherche fédéraux. Il y en a pas moins de 26 du côté ontarien... et pas un seul — pas un seul ! — de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Ce débalancement aurait dû être corrigé depuis longtemps. Mais ce n’est pas le cas.

Au fil des années, les autorités qui auraient pu faire quelque chose à ce niveau ne l’ont pas fait. Elles ont laissé cette situation perdurer, sans agir ni même trouver le courage de le faire. Cette situation incompréhensible doit cesser.

Mais voilà, cela ne se fera pas en criant ciseau. Il faudra des mois, des années de pressions pour rectifier ce déséquilibre.

C’est là que promet d’intervenir Steven MacKinnon. Le député fédéral de Gatineau, qui se bat pour sa réélection dans quelques semaines, entend bien en faire l’un de ses chevaux de bataille.

« Je ne manquerai pas de souligner à toutes les instances que Gatineau n’a toujours pas de centre de recherche du fédéral. Cela doit être corrigé et j’entends contribuer à le faire », a-t-il révélé, la semaine dernière, à notre collègue Mathieu Bélanger.

Il s’agit d’un mandat de taille que se donne le député, s’il est réélu.

Il a cependant un allié majeur dans l’entreprise : le gouvernement fédéral a déjà résolu d’investir massivement dans ses laboratoires de recherche. Son programme sur l’infrastructure des sciences et de la technologie a été doté d’une prévision budgétaire de 3 milliards $ d’ici 25 ans.

« Il est clair que le gouvernement doit renouveler ses infrastructures scientifiques, de recherche et technologiques et qu’il devra, au cours des prochaines années, annoncer ses intentions pour ses installations scientifiques dans la capitale nationale », a poursuivi le député MacKinnon, qui a plus de chance avec ce dossier qu’en militant pour un sixième pont pour enjamber la rivière des Outaouais.

Mais voilà, l’os caché dans tout cela, c’est le résultat électoral du 21 octobre. Les intentions des libéraux de Justin Trudeau sont limpides. Mais quelles sont celles du Parti conservateur dirigé par Andrew Scheer, s’il devait être élu ? Procéderait-il aux mêmes investissements, ou les réduirait-il ?

Un gouvernement Scheer, dans ce scénario hypothétique, n’aurait pas le choix d’investir dans les laboratoires de recherche, quoique l’ampleur de l’investissement resterait à préciser. D’abord, il y a des centres qui doivent être rénovés, ou carrément déménagés, compte tenu de la vétusté de leurs installations. Ce ne serait probablement pas 3 milliards $ sur 25 ans. Ce pourrait être 1,5 milliard ou 2 milliards $. Mais nous parlons quand même d’un montant substantiel. Et puis, les conservateurs n’ont pas promis de rééquilibrer les finances publiques immédiatement. M. Scheer a même prédit qu’un gouvernement conservateur devrait poursuivre les budgets à l’encre rouge pendant au moins cinq années. L’idée est d’éviter aux Canadiens un choc budgétaire trop subit, provoqué par une sévère opération de redressement budgétaire.

Donc, on le voit, il restera fort probablement des sommes importantes à dépenser pour la rénovation ou le déménagement des laboratoires de recherche fédéraux.

C’est là qu’entre en scène le député MacKinnon. Il désire convaincre les autorités qu’il faut faire des investissements de recherche du côté du Québec, à tout le moins, ou dans sa circonscription de Gatineau, si l’on songe à déménager un, deux ou trois laboratoires.

Il ne doit pas être le seul dans cette aventure. En fait, cela devrait être un programme commun aux quatre députés de l’Outaouais. Et du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et de son conseil. Tous ensemble. Voilà une tâche qui est trop grosse pour un seul homme.