Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe

Rafraîchissant, ce Mathieu Lacombe !

ÉDITORIAL / Beaucoup a été dit sur Mathieu Lacombe depuis sa nomination au conseil des ministres, en octobre. Notamment des doutes sur sa capacité à livrer la marchandise comme député de Papineau et de ministre de la Famille au sein du nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec. La première impression qu’il a laissée lors d’une rencontre éditoriale avec Le Droit à la veille des 100 jours de l’élection de la CAQ est : rafraîchissant !

Il faut avoir tenu des entretiens similaires avec d’autres élus d’autres partis pour apprécier la candeur du jeune ministre, 30 ans à peine. Sous Philippe Couillard, les ministres marchaient droit et parlaient peu, de peur de faire une gaffe et de perdre leur poste. Ils faisaient constamment attention à leurs propos en public, on les sentait marcher sur du mou tout en tentant de garder leur équilibre. Cela donnait des entrevues soporifiques, jonchées de phrases ponctuées de mises en garde et de généralités mille fois entendues.

Quelle différence avec Mathieu Lacombe ! 

Bien évidemment, nous n’irons pas trop loin dans ce bilan. Élu depuis trois mois à peine, il se fait les dents en politique. Lui-même l’admet : ses chances d’être élu étaient « minimes », lorsqu’il a déclaré ses intentions. Le voilà propulsé au cabinet, un peu par défaut : il fallait un ministre issu de l’Outaouais qui a envoyé trois députés sur cinq au sein de l’équipe du premier ministre François Legault. Il fallait de surcroît un ministre dit « régional » pour coordonner les efforts politiques de l’Outaouais à Québec. M. Legault avait le choix entre Mathieu Lévesque, un élu aussi vert que Mathieu Lacombe, et de Robert Bussière, l’ex-maire de La Pêche. Nous croyons que Mathieu Lacombe a été préféré à M. Bussière, âgé de 63 ans, parce que son jeune visage représente un bris avec le passé.

Au cours d’un entretien de plus de 75 minutes, on a senti M. Lacombe être limpide sur l’ensemble des dossiers régionaux. Oh, il n’avait pas toutes les réponses, assurément. Le dossier de la faculté-satellite de médecine qui sera piloté par l’université McGill est complexe, a-t-il admis, et « il m’a fallu deux heures » pour en bien comprendre tous les écueils. La population doit se faire indulgente à son égard. L’important, c’est le travail derrière. Déjà deux rencontres avec McGill et une avec l’Université du Québec en Outaouais. Idem pour les enjeux en santé — notamment la construction d’un nouvel hôpital en Outaouais —, les mesures « temporaires » pour sécuriser l’autoroute 50, ou le Plan d’action Outaouais, qu’il coordonne avec le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. 

Dans tous les cas, des réponses du même ordre. D’abord, un historique des rencontres du ministre Lacombe avec les autorités, puis un bilan aussi honnête que possible sur l’état des lieux. 

Une obsession dans son cas : tenir ses engagements électoraux, qui tiennent aisément sur les doigts d’une main. Les principaux : la 50 et la construction d’un nouvel hôpital. Sur ces dossiers, on le sent totalement investi et consacré à livrer la marchandise. Un engagement : être transparent, ce qui n’est pas donné à tous... et à toutes. On l’a vu, quelques heures plus tard, alors que MarieChantal Chassé était démise de ses fonctions de ministre de l’Environnement en raison de ses problèmes de communication. Compte tenu de ses années en journalisme, Mathieu Lacombe part avec une longueur d’avance à ce chapitre. Pour le reste, on verra. Mais c’est... rafraîchissant !