Maxime Pedneaud-Jobin devra être plus concret sur le projet d’avenir de Gatineau que lors de la récente rencontre éditoriale au Droit, s’il veut s’assurer que les électeurs le suivent sans hésiter.

Pedneaud-Jobin après deux ans...

ÉDITORIAL / Cela fait deux ans que Maxime Pedneaud-Jobin a été réélu maire de Gatineau. Déjà la mi-mandat. Les prochaines élections auront lieu à l’automne 2021, mais il nous assure qu’il serait en lice pour un troisième tour… si la décision devait se prendre aujourd’hui.

Il lui faudra cependant être plus concret sur le projet d’avenir de Gatineau que lors de la récente rencontre éditoriale au Droit, s’il veut s’assurer que les électeurs le suivent sans hésiter.

Oui, Gatineau est aujourd’hui fortement sollicitée. Ce qui n’était qu’occasionnel sous les administrations précédentes est devenu monnaie courante. L’avis de Gatineau est requis à la hauteur de ses succès et de son statut de quatrième ville du Québec.

L’entretien que M. Pedneaud-Jobin a eu avec le premier ministre François Legault, la semaine dernière, est typique de la présence accrue de Gatineau sur la scène québécoise. C’était la quatrième ou cinquième fois que les deux hommes se rencontraient en un an, ce qui doit représenter un record pour un maire de Gatineau. Ça allait moins bien avec l’équipe du libéral Philippe Couillard. Par exemple, sur l’ex-ministre responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée, M. Pedneaud-Jobin préfère ne pas commenter.

Maxime Pedneaud-Jobin veut amener Gatineau à relever le plus grand défi du XXIe siècle : l’environnement. Plus facile à dire qu’à faire. Il a gauchement décrit l’approche du député de Gatineau Steven MacKinnon par rapport au projet de pont qu’il défend dans l’est – un « travail de cabochon » – un qualificatif peu susceptible de générer des relations constructives entre élus. Le maire regrette l’ampleur que cela a pris, sans pour autant s’excuser.

M. Pedneaud-Jobin souhaite recadrer le débat au-delà d’un pont à l’île Kettle. Il a raison d’insister que la discussion se fasse sur des bases plus larges.

L’environnement force des choix parfois déchirants à court terme. Cela signifie de miser sur le transport en commun avant tout, sur les modes de transports actifs, sur la réduction des déchets, sur l’interdiction de reconstruire en zone inondable, etc. Il est difficile de parler de tels thèmes alors que les Gatinois de l’est se retrouvent coincés dans des bouchons à tous les jours. M. Pedneaud-Jobin doit éviter que l’ouest et l’est de Gatineau ne se retrouvent à couteaux tirés. Cela augurerait mal pour les prochaines élections. Il doit être le maire de tout le monde et concilier le tout sans jeter de l’huile sur le feu.

La préoccupation environnementale du maire est certes bien fondée. La Ville de Gatineau a été durement éprouvée par trois grands cataclysmes en trois ans, les inondations de 2017 et 2019, ainsi que la tornade de 2018. Cela a posé d’immenses défis aux employés de la ville et a provoqué des retards dans la relance du Quartier-du-Musée, entre autres. Le projet devrait être connu d’ici la fin de l’année, promet-il.

La question des bibliothèques a connu des bifurcations. À sa première élection, en 2013, la Grande bibliothèque était sur toutes les lèvres. Depuis, il a été convenu de mettre l’accent sur les « bibliothèques ressources » et de reporter cette Grande bibliothèque.

En parallèle aux ambitions du maire pour Gatineau, il faut continuer à satisfaire les citoyens et les entrepreneurs sur le déneigement, les nids-de-poule, la rapidité des réponses à l’urbanisme, etc, ce qui n’est jamais acquis. Sans compter les inévitables querelles au conseil. Sinon, Maxime Pedneaud-Jobin a la voie libre. En attendant se savoir qui lui fera face dans deux ans.