André Fortin ne sera pas candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec. Il a déclaré forfait pour des raisons familiales.

Partie remise pour André Fortin ?

ÉDITORIAL / La nouvelle à l’effet que le député André Fortin ne sera pas candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec aura l’effet d’une bombe. Favori de plusieurs, il a déclaré forfait pour des raisons familiales.

Cela se comprend : à 37 ans à peine et papa de deux petites filles de 2 et 6 ans, il redoute les exigences qui viendraient avec le poste de chef de parti. Comme député, même ministre, ça pouvait toujours aller, mais la direction du Parti libéral, c’est autre chose. Cela signifie qu’il faille constamment arpenter le Québec, et encore plus alors que le parti est en reconstruction. La défaite, qui ne laisse que 29 députés libéraux à l’Assemblée nationale, a profondément marqué le PLQ. Les candidats qui devraient se bousculer au portillon pour prendre la relève de Philippe Couillard ne sont pas au rendez-vous.

Le plus récent en lice est André Fortin. Sébastien Proulx a déjà signifié qu’il ne se joindrait pas à la course, pas plus que Pierre Moreau. De l’externe, l’homme d’affaires Alexandre Taillefer a aussi conclu que ce n’était pas pour lui. Il ne reste plus que Dominique Anglade qui poursuit sa réflexion, et au forçail, la nouvelle députée Marwa Rizqy. 

Nombreux étaient ceux qui croyaient en les chances de M. Fortin. Son âge en faisait un candidat de la relève, issu de la génération qui a suivi M. Couillard. Ce n’était pas le cas de M. Moreau, qui a 61 ans. Mme Anglade a 45 ans. 

Élu en 2014, André Fortin n’a accédé au cabinet qu’en 2017, aux Transports. Il y a fait un passage court, en fait, mais remarqué pour l’autorité qu’il y a déployée. Tout de suite on a vu en lui de la graine de grand politicien. Certains voyaient en lui une réincarnation de Robert Bourassa. Il partage la même carrure fine et il avait été élu chef du Parti libéral... à 36 ans également.

Au cours des derniers mois, M. Fortin s’est laissé prendre au jeu. Il a consulté un vaste éventail de politiciens, dont d’anciens chefs de parti. Il aurait été le premier chef du parti issu de l’Outaouais. Cela aurait été un honneur pour la région. Et cela aurait biffé le réflexe d’avoir un chef provenant de Montréal ou de Québec.

André Fortin a fini par conclure qu’il était trop tôt. 

Peut-être n’est-ce que partie remise ? 

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R.I.P. WILBERT KEON

Le Pontiac a perdu l’un de ses plus grands représentants avec la disparition du Dr Wilbert Keon, dimanche. D’accord, le Dr Keon n’y était pas rattaché depuis longtemps, mais avec les frères Bryan et Terry Murray, de l’industrie du hockey, il était l’un de ses plus illustres fils. 

On se rappellera que le Dr Keon a été le premier à réaliser une transplantation d’un coeur artificiel, en 1986. Il avait fondé précédemment l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, 10 ans plus tôt. 

Il a aussi servi au Sénat, de 1990 à 2010 : le premier ministre Brian Mulroney l’avait nommé, lui et sept autres, pour bloquer un filibuster libéral. Il y est resté jusqu’à l’âge de la retraite obligatoire à la Chambre haute, à 75 ans.

Seule tache à son dossier : en 2000, il avait été arrêté pour sollicitation d’une prostituée à Ottawa. Il avait démissionné de l’Institut mais à la suite d’un tollé populaire, avait été remis en poste. 

Le Dr Wilbert Keon demeure le plus illustre médecin des années modernes à Ottawa.