Le chef de la CAQ, François Legault

Nouvel hôpital : Legault doit parler

ÉDITORIAL / D’emblée dans la campagne électorale, la Coalition avenir Québec a dévoilé une énorme promesse pour l’Outaouais : l’érection d’un nouvel hôpital de 170 lits. Mais depuis, rien. François Legault doit dénouer ce silence.

La santé demeure l’énorme enjeu pour la population locale : les améliorations qui ont été apportées sous les libéraux et sous le leadership du ministre Gaétan Barrette n’ont pas suffi. Prétendre que la situation aux urgences s’est améliorée, quand l’attente a fondu de 18 h à 16 h, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Ça mérite toujours une grosse note de D. 

Ça, ce n’est que pour l’urgence. Il y a le temps d’attente pour voir un médecin spécialiste, pour passer des tests, etc. Pour toute nouvelle intervention en santé, c’est l’attente. Une fois que les patients sont admis dans le réseau de la santé, ça va un peu mieux, mais il faut y entrer quelque part !

Les années passent, la situation s’améliore marginalement. De plus en plus, les députés sont pointés du doigt comme les acteurs coupables de ce réseau, par association du moins. Au point où les plus faibles maillons de la députation outaouaise se retrouvent en danger. 

Devant ce pitoyable état de fait, la CAQ y est donc allée de son engagement phare. Un nouvel hôpital, rien de moins, alors que les observateurs n’en demandaient pas tant. Ils espéraient simplement que les postes soient dotés convenablement, que les temps d’attente pour les cas non urgents s’abaissent — et ils sont encore un 10 % trop nombreux —, que les soins de santé soient du niveau de la quatrième région du Québec. 

Cette promesse rappelle que le Québec inaugurera sous peu un nouvel hôpital à Baie-Saint-Paul, d’à peu près la taille que la CAQ propose pour l’Outaouais. Ce nouvel équipement pour la région de Charlevoix aura coûté environ 275 millions $. 

À noter que la proposition de la CAQ est l’unique proposition qui a été faite par un parti politique lors de cette campagne électorale. Un silence généralisé a marqué la réponse du Parti libéral, du Parti québécois et de Québec Solidaire. 

Mais l’absence de « viande » autour de l’os caquiste est énigmatique. M. Legault a lancé l’idée lors du dévoilement de ses candidats Mathieu Lacombe, dans Papineau, et Olive Kamanyana, dans Pontiac, il y a un peu plus d’une semaine. Depuis, rien. Aucune indication d’un site potentiel pour cet hôpital, des services qui y seraient offerts, ou même de sa facture approximative. La seule précision consistait en un échéancier de cinq ans, et quelques mots sur le fait que la gestion de projet de ce nouvel hôpital « court-circuiterait le processus habituel pour aller directement au Plan québécois des infrastructures », a précisé M. Lacombe, le candidat qui affronte Alexandre Iracà dans Papineau. La députée sortante dans Hull, Maryse Gaudreault, s’est opposée à ce processus accéléré, précisant que « tous les projets majeurs d’infrastructure publique » doivent obéir au Conseil du trésor les obligeant à suivre la marche à suivre.

François Legault doit être plus transparent sur le sujet. Il s’agit d’un engagement majeur pour l’Outaouais, cela pourrait colmater une partie de l’énorme brèche qui s’est taillée dans le réseau de la santé. Il doit préciser sa pensée : combien ça coûtera, comment il recrutera le personnel, quels seront les services qui y seront offerts, dans quelle sous-région de l’Outaouais il l’envisage, etc. À défaut, la population considérera qu’il n’est qu’un beau parleur qui dit ce que les gens veulent entendre, sans s’engager à davantage.