Cette leçon échappe encore à l’Université du Québec en Outaouais, un constat tiré à la suite d’une rencontre éditoriale avec le recteur de l’UQO, Denis Harrisson.

L’UQO condamnée à mieux collaborer

ÉDITORIAL / De plus en plus, les ordres de gouvernement collaborent. Ce n’est pas un hasard si la future Bibliothèque d’Ottawa se conçoit avec la Bibliothèque nationale ; cette tendance lourde offre un meilleur rendement aux contribuables. Isolément, les villes, les provinces et le fédéral ont une influence considérable, mais lorsque des forces se joignent collectivement, l’impact est bien supérieur à la somme des parties.

Cette leçon échappe encore à l’Université du Québec en Outaouais, un constat tiré à la suite d’une rencontre éditoriale avec le recteur de l’UQO, Denis Harrisson.

Certes, les institutions d’enseignement entretiennent des relations avec les municipalités par exemple. Ce n’est pas le fruit du hasard si le terminus ouest du Rapibus jouxte le pavillon Taché de l’UQO. Cette desserte était souhaitée dès les premiers croquis du réseau de transport en commun. Récemment, l’administration du maire Maxime Pedneaud-Jobin a soutenu l’idée d’un Observatoire du développement de l’Outaouais, qui sera inauguré sous peu.

Cette coopération retrouvée a suivi des années d’incompréhension entre Gatineau et l’UQO pendant le double mandat du maire Marc Bureau. Une méfiance perceptible existait entre les deux, surtout à la Maison du citoyen, comme si l’UQO n’était qu’un nid d’élitisme déconnecté des préoccupations des Gatinois. Il a fallu du travail pour rétablir que l’université régionale de l’Outaouais était un joyau dont il fallait encourager le développement. Plus elle grandit, plus Gatineau en profite : avec une population mieux éduquée, une main-d’œuvre mieux préparée, une renommée supra-régionale. Même le futur développement urbain du secteur Val-Tétreau peut en bénéficier. C’est pourquoi il faut appuyer le plan d’infrastructures de l’UQO pour rapatrier des clientèles divisées entre le pavillon Taché et le pavillon Lucien-Brault, dans le secteur voisin de Saint-Jean-Bosco. Une nouvelle phase d’expansion est dans les cartons et un jour, l’UQO occupera tout le quadrilatère jusqu’à la rue Belleau, à l’ouest, et pourquoi pas, de l’autre côté du boulevard Alexandre-Taché ?

L’exemple de l’Université d’Ottawa est probant. Elle déborde de sa limite est de la rue King-Edward. Elle empiète depuis plusieurs années, pas à pas, dans le quartier de la Côte-de-Sable. L’UQO peut en tirer une leçon.

Évidemment, pour cela, l’Université du Québec en Outaouais doit convaincre son principal partenaire, le gouvernement du Québec. Pas une mince tâche. La présidente de l’Université du Québec à Montréal, Lise Bissonnette, vient de démissionner, lasse du « fatalisme » de Québec envers le réseau des Universités du Québec. En ce sens, Québec doit être encore mieux convaincu de l’importance d’une université en région.

Mais l’UQO doit regarder plus loin. Elle a des liens organiques avec le Cégep de l’Outaouais qui lui fournit l’essentiel de sa clientèle, mais l’exemple du collège La Cité et de l’Université d’Ottawa illustre bien que l’UQO peut faire davantage. Et pourquoi pas des liens avec La Cité ? Une idée saugrenue ? Il est vrai que le recteur Harrisson est coincé dans l’immédiateté des défis : l’éternel budget à équilibrer, puis un conflit avec les professeurs. Et les barrières géographiques. La Cité est financée par l’Ontario, mais aussi par des étudiants... québécois par centaines ! Idem pour l’Université d’Ottawa. Pour le moment, l’U. d’O. est perçue comme une rivale et l’UQO besogne fort pour s’en différencier sur le plan de l’offre de programmes. C’est compréhensible, mais toutes ces institutions doivent collaborer.