Gilles Desjardins, grand patron de Brigil

Les Sénateurs... de Desjardins

ÉDITORIAL / Les Sénateurs à Gatineau? C’est gros, très gros et franchement, pas vraiment plausible dans le contexte actuel des choses. Mais le portrait qui vous était livré sous la plume du journaliste Martin Comtois dans Le Droit, lundi, se référait bien à 2015, au moment où l’avenir des Sénateurs branlait dans le manche et où l’état-major du club était à la recherche d’une idée qui les sortirait de l’ouest d’Ottawa.

Les plaines LeBreton, Kanata, même Gatineau avaient déjà été dans la mire des Sénateurs, à la fin des années 1980. Depuis, en 2015, nous apprenons que Gilles Desjardins, le grand patron de Brigil, revenait à la charge et militait discrètement pour Gatineau. C’était un peu tiré par les cheveux, mais il y avait un 5 ou 10 % des chances que ça fonctionne.

M. Desjardins a misé sur un partenariat éventuel avec le Casino du Lac-Leamy. Il planchait sur un scénario où les Sénateurs auraient emménagé dans un amphithéâtre de 20 000 sièges, où était le concessionnaire Acura de Gatineau, coincé entre l’autoroute 5 et le boulevard de la Carrière, à deux pas de la sortie d’autoroute.

Cet aréna aurait aussi pu servir les besoins des Olympiques de Gatineau, qui se cherchaient eux aussi un nouveau domicile, puisque l’aréna Robert-Guertin a atteint la fin de sa vie utile il y a déjà plusieurs années.

Puis les conditions ont changé.

Les Olympiques ont trouvé chaussure à leur pied dans le secteur Gatineau, dans un complexe de quatre glaces, dont un amphithéâtre de 4000 sièges, voisin du Centre sportif de Gatineau.

Pendant ce temps, l’option des plaines LeBreton pour les Sénateurs d’Ottawa s’est raffermie et le patron de la Société des casinos du Québec, Claude Poisson, est parti à la retraite.

Cela illustre cependant que Gilles Desjardins est un homme d’idées qui est prêt à tout pour dénicher une bonne affaire, et si cela augmente sa notoriété à Gatineau, sa ville natale, c’est un bonus supplémentaire et c’est tant mieux. Il est la définition même d’un promoteur immobilier qui est disposé à explorer de grandes idées, peu importe leur coût, peu importe leur faisabilité, juste pour voir si ça pourrait fonctionner.

Rappelons au passage que c’était à la même époque que M. Desjardins élaborait des plans grandioses pour Place des Peuples, son complexe de deux tours d’habitation dans le quartier du Musée, à Gatineau. Qu’il échafaudait ses plans pour de nombreux autres projets immobiliers comme le 460 Saint-Laurent, la phase 2 de Petrie’s Landing, etc. De tels projet, il en a 25 à Gatineau et Ottawa présentement!

Du côté des Sénateurs, l’option des plaines LeBreton s’est évaporée la semaine dernière. Tout est revenu sur la planche à dessin, alors que la bonne entente qui semblait régner entre le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, avec John Ruddy, de Trinity Developments, s’est envolée en fumée derrière les suspicions de l’un et de l’autre. Le chronomètre a sonné la fin du partenariat et on repart tout à zéro.

Les plaines LeBreton attendront plus que les 50 ans depuis qu’ils sont en jachère. La Commission de la capitale nationale redémarrera un processus d’appel d’offres pour l’occuper.

Chose certaine, Gilles Desjardins risque bien d’être sur les rangs pour faire avancer quelques idées bien à lui. Même si ces terrains ne lui appartiendront jamais. Parce qu’il aime la région. Parce qu’il regorge de concepts, que ses idées concernent Gatineau, Ottawa ou même les plaines LeBreton.

Il n’est pas le seul dans ce rôle, mais il s’avère le plus audacieux des gens d’affaires de Gatineau. Nous attendons ses idées. Car il en aura.