En 2020, des célébrations fêteront les 110 ans de l'Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

Les 110 ans de l’AFO

ÉDITORIAL / L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario célèbre ses 110 ans cette année. Quel chemin elle a parcouru depuis 1910 !

Elle n’a pas débuté dans la discrétion. En effet, 1200 délégués s’étaient donné rendez-vous pour fonder l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (ACFÉO). Cela fait deux ans que ça se parle au sein d’une communauté en forte croissance. Elle compte déjà 210 000 personnes et augmente dans le nord et l’est, tout particulièrement. Napoléon-Antoine Belcourt, premier Franco-Ontarien à présider la Chambre des communes, est choisi à l’unanimité pour en diriger les premiers pas. Il restera en poste le plus longtemps de l’histoire.

Le premier objectif est de lutter contre le règlement XVII. Cela prendra quelques années, mais les fondateurs y parviendront. Le rôle du journal Le Droit, fondé en 1913 pour galvaniser l’esprit de ces troupes, y joue un grand rôle. 

L’ACFÉO change de nom pour ACFO en 1969 : l’Association canadienne-française de l’Ontario correspond mieux à une ère de développement. Cela durera une trentaine d’années et dans les années 1990, l’ACFO s’essouffle. Certaines de ses sections locales n’arrivent pas à générer suffisamment d’intérêt pour se renouveler. S’en suit un long exercice de redéfinition et de repositionnement qui mènera presque à sa perte. C’est un miracle que SOS Montfort ait réussi malgré les soucis de l’ACFO. 

Avance rapide jusqu’en 2006. Mariette Carrier-Fraser assume la présidence d’une association « refondée », l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. En raison de la forte immigration, le visage des Franco-Ontariens a bien changé. Ils ne sont plus que blancs et catholiques. Elle sera suivie par Denis Vaillancourt, de 2010 à 2016, puis Carol Jolin, depuis quatre ans.

Depuis quelques années, l’AFO occupe son erre d’aller. 

L’influence tranquille de son directeur général, Peter Hominuk, se fait sentir. L’AFO a concentré ses efforts et ne perd plus autant de son temps en querelles internes aussi futiles qu’elles gaspillent des énergies essentielles. Lorsque l’AFO s’attaque à un dossier, comme le hiatus imposé à l’Université de l’Ontario français (UOF) et la fin du Commissariat aux services en français, elle s’y prend avec méthodologie, résolution et force. Cela donne des résultats parfois novateurs, comme en fait foi l’entente de financement Ontario-Ottawa où chacun injectera 63 millions $ dans l’UOF, mais à des périodes différentes, au cours des huit premières années. Cela a mis des mois à se négocier, mais l’important, c’est la finalité du projet.

Nous n’entendons plus parler des soucis financiers de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Les sections locales ont été abandonnées, cessant le traintrain de sections à bout de souffle, de membres et d’argent. Ses assemblées annuelles sont des événements courus où partis politiques, lobbies, dignitaires et membres jouent du coude. Les communautés culturelles y jouent un rôle inégalé dans l’histoire de l’Ontario. 

En 2020, des célébrations fêteront les 110 ans de l’AFO. Mais de façon plus importante, il reste encore beaucoup de dossiers à faire progresser. La communauté a changé, se concentrant davantage dans le centre-sud-ouest de l’Ontario, nourrie par l’apport de nouveaux arrivants. Il faut élargir l’espace francophone, augmenter l’essor économique des Franco-Ontariens, faire croître l’immigration francophone, améliorer le réseautage entre les institutions francophones, bref, renforcer aux 744 000 membres de la communauté francophone un environnement permettant de vivre pleinement en français.