Jim Watson entamera un troisième mandat consécutif à la mairie d'Ottawa.

La réélection facile de Watson

ÉDITORIAL / La réélection de Jim Watson comme maire d’Ottawa n’a jamais fait de doute. Dès les premières minutes où les résultats partiels ont été connus, il s’est sauvé avec l’avance et n’a plus jamais regardé en arrière.

Le maire sortant visait un troisième mandat consécutif. Il a obtenu plus de 70 % des voix exprimées, loin devant son principal adversaire, Clive Doucet. Ce dernier voulait éviter le couronnement de M. Watson et ses accusations qu’il était à la solde des promoteurs immobiliers n’ont pas collé. Il a dû se contenter de 22 % des votes, ce qui est quand même mieux que les 15 % qu’il avait récoltés lors de la course à la mairie de 2010... remportée par Jim Watson à son retour en politique municipale.

M. Watson a eu la victoire modeste, félicitant tous les candidats à l’élection. Il a souligné le parachèvement du réseau de train léger, dont le premier tronçon doit ouvrir au printemps 2019, mais c’est à peu près tout. L’ampleur de ses promesses électorales monte... à 1 million $. Aussi bien dire que ce sont des grenailles. 

C’est dire combien le scrutin était décidé d’avance.  

Il a promis de maintenir les hausses des impôts fonciers entre 2 et 3 % : il les avait tenus à 2 % pendant son premier mandat, et à 2,5 %, au cours du second. 

M. Watson a aussi prononcé quelques mots en français, mais il n’est pas allé jusqu’à dire « Armée du Salut » pour ne pas piquer les Franco-Ontariens au vif. Ils ont reconfirmé leur confiance malgré une liste de réalisations assez mince, côté francophonie. Il a appuyé le mouvement Ottawa bilingue... quand il a été convaincu que cela équivalait à appuyer le statu quo. Il reste à voir ce que le projet de loi de la députée Nathalie Des Rosiers, adopté en novembre 2017, voudra dire vraiment. Gain pour les Franco-Ontariens ou le statu quo de M. Watson ?

La vraie campagne électorale s’est plutôt jouée dans plusieurs quartiers d’Ottawa. Ainsi, il y aura sept nouveaux conseillers, un fort taux de renouvellement. Trois élus ont mordu la poussière, dont David Chernushenko, dans le quartier Ward, qui s’est fait dépasser par la gauche par Shawn Menard, qui a promis la gratuité du transport en commun. Bonne chance.  

Sept femmes siégeront au conseil, dont quatre nouvelles, incluant Carole Ann Meehan, l’ex-lectrice des nouvelles de CJOH. Cela ajoutera une variété bienvenue au conseil.

Dans le quartier Rideau-Vanier, le conseiller sortant Mathieu Fleury a remporté une brillante victoire. Il a augmenté son pourcentage d’appuis au-delà des 68 %, après l’avoir emporté par 1 % en 2010, et avec 51 % des votes en 2014. Cette fois, on a cru que Thierry Harris lui livrerait une solide bataille, mais ce ne fut pas le cas. M. Harris a tenté de semer le doute dans l’esprit des gens à propos de SOS Vanier, le mouvement d’opposition au refuge de 350 lits que l’Armée du Salut veut installer, chemin Montréal. Ça n’a pas tenu et le conseiller de 33 ans a convaincu la population qu’il était tout à fait contre, lui aussi. Il remporte un troisième mandat. 

Il faudra le regarder du coin de l’œil lorsque viendra le temps de remplacer le maire Jim Watson, un jour. Stephen Blais et Tobi Nussbaum, également réélus dans les quartiers respectifs Cumberland et Rideau-Rockcliffe, pourraient lui barrer la route. Eux ou un candidat de l’extérieur...

Avec Jean Cloutier, réélu dans le quartier Alta Vista, M. Fleury se retrouve une fois de plus comme seuls francophones au conseil. C’est peu, bien peu, surtout que M. Cloutier n’a pas appuyé Ottawa bilingue. Mathieu Fleury devait se sentir bien isolé.