Une pensée pour ces deux jeunes Gatinoises qui collectent sous et denrées pour offrir un repas de Noël à la Soupe populaire de Hull.

La générosité, le plus beau cadeau

ÉDITORIAL / La pauvreté et l’isolement sont particulièrement difficiles à tolérer à cette période de l’année où les gens font une pause par conviction ou par tradition judéo-chrétienne. Retrouver les personnes qui nous sont chères, leur témoigner notre appréciation par une attention, souvent un cadeau, est un privilège dont tous ne peuvent profiter. Un regard autour de soi suffit pour le constater.

Quelques pas dans nos centres-ville nous font côtoyer des moins nantis. Il ne faut pas traverser à la hâte pour se fermer les yeux devant le phénomène des inégalités sociales. Elles sont dans les villes et villages, petits et grands, ces personnes qui survivent plus qu’elles ne vivent. 

Au Canada, la population reconnaît aux gouvernements une grande responsabilité de maintenir un filet social pour garantir à tous un minimum de dignité. La taille des mailles de ce filet fait l’objet de nombreuses discussions tout au long de l’année, mais l’exemple de nos voisins des États-Unis est une direction que nous ne voulons pas emprunter. La social-démocratie à la canadienne nous a rendu généralement allergique à la grande pauvreté, aux invivables taudis, à l’indifférence face aux malades, aux poqués de la vie. C’est pourquoi la glorification de la richesse que l’on constate au sud du 49e parallèle, jusqu’à la Maison-Blanche, n’a pas cours parmi nous. Ainsi, le fédéral, le Québec et l’Ontario ont annoncé récemment des mesures de lutte à la pauvreté. L’aide au logement, le relèvement du salaire minimum ou le réinvestissement dans l’aide sociale allégeront le quotidien des gens qui souffrent.

Aux côtés ou à la place des gouvernements, de nombreux organismes travaillent d’arrache-pied pour améliorer le sort de ceux qui n’ont pas eu la chance de leurs concitoyens, ou qui n’avaient pas les atouts nécessaires à une bonne insertion en société. Soupes populaires, chapitres locaux de Centraide, communautés religieuses et organisations de la société civile ne sont que quelques-uns de ces outils essentiels que notre communauté s’est dotés. Sans eux et toutes les personnes qui y contribuent bénévolement, elles n’y arriveraient pas. Souhaitons à toutes ces équipes l’énergie pour continuer cette œuvre essentielle. 

Cette saison, soulignons tout particulièrement le dévouement et l’abnégation de milliers de citoyens qui posent de petits gestes au quotidien pour faire que notre société soit plus humaine. 

Nous avons une pensée pour cet homme qui va chercher les médicaments de son voisin à la pharmacie, et qui l’aide avec quelques emplettes. Une pensée pour ces deux jeunes Gatinoises qui collectent sous et denrées pour offrir un repas de Noël à la Soupe populaire de Hull. Pour les centaines de personnes qui remplissaient des sacs de sable, pendant les inondations, en mai dernier. Nous avons une pensée pour ces collègues de travail d’une école du secteur Vanier, à Ottawa, qui se cotisent et sollicitent les commerçants du coin pour garnir des dizaines de paniers de Noël remis aux familles de leurs élèves. Pour ces voisins qui gardent un enfant pour offrir un répit aux parents essoufflés, et ceux qui entretiennent la patinoire du quartier. Pour ce trio d’amis qui ont récolté et remis à neuf des vélos pour les enfants de familles immigrantes, à l’approche de l’été. 

Tous ces gens ont totalement agi dans l’ombre. Leurs noms, lorsqu’ils étaient connus, ont volontairement été omis pour bien illustrer le caractère gratuit de leurs gestes. Ils les ont posés sans aucune attente, parfois sans même un merci. Il n’existe aucune trace de leur labeur, aucun contrat, aucune reconnaissance. Mais ils le font quand même. Parce que ça fait du bien autour d’eux. Parce qu’ils allaient à la pharmacie de toute façon. Parce qu’ils voulaient aider les sinistrés des inondations par solidarité humaine. Parce qu’un vélo met un sourire sur le visage d’un enfant qui lui, n’oubliera jamais combien des gens ont été généreux avec lui. Parce que la générosité encourage la générosité. 

Cela fait de meilleures sociétés. Ces petits coups de main, parfois anodins agissent comme un lubrifiant social qui fait que tout tourne un peu plus rond et un peu mieux que si l’indifférence des gens prenait le dessus.  

Célébrons cette solidarité qui s’exprime collectivement pendant les Fêtes. Même dans l’anonymat le plus total. 

Joyeuses fêtes !