Mathieu Lévesque (à droite) sera le candidat de la CAQ dans la région de l'Outaouais.

La CAQ doit faire mieux

ÉDITORIAL / La Coalition Avenir Québec a le vent dans les voiles. Les sondages la placent systématiquement en tête au Québec, l’opération recrutement attire des candidats de qualité, disent les organisateurs. Mardi, justement, la conseillère municipale de Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, confirmait son entrée à la CAQ, ouvrant la voie à une percée sur l’île de Montréal.

Mais en Outaouais, elle devra faire mieux.

Mercredi, le chef François Legault présentait son premier candidat dans la région. Roulement de tambour... Mathieu Lévesque. Un parfait inconnu. Pour l’effet d’entraînement, on repassera. Rappelons que les libéraux y raflent toutes les circonscriptions depuis 1980. 

C’est pourtant dans Chapleau que les caquistes ont une chance de rafler un siège en Outaouais, selon le site agrégateur de sondages Qc125. La désaffection des Québécois pour le Parti libéral de Philippe Couillard met en danger le député sortant Marc Carrière ainsi que son voisin vers l’est, Alexandre Iracà, dans Papineau. Hull, Gatineau et Pontiac demeureraient confortablement libérales.  

Il ne suffit pas d’un habit neuf, d’une fraîche coupe de cheveux et d’un beau sourire étincelant pour se lancer en politique. Il faut apporter des solutions aux gens de la circonscription. Il faut se lancer pour les représenter, pas pour flatter son ego.

Personne ne doute que Mathieu Lévesque vient de la région. Mercredi, il a répété devant tous les micros tendus en sa direction qu’il avait fréquenté l’école du quartier. Il faut plus. De toute évidence, M. Lévesque n’a pas lu un journal ni écouté un bulletin de nouvelles de l’Outaouais depuis qu’il s’est exilé à Montréal, il y a 10 ans. Il a été incapable de dire une seule phrase de conséquence sur les problèmes du réseau de la santé en Outaouais. Ce ne sont pourtant pas les problèmes qui manquent !

Comme bien d’autres jeunes candidats, Mathieu Lévesque donne l’impression qu’il veut faire un cadeau aux gens de Chapleau en se lançant en politique. Alors que ce doit plutôt être l’inverse. Ce sont les gens qui pourraient lui faire le cadeau de les représenter. Mais pour cela, il doit montrer qu’il s’intéresse à ce qu’ils vivent. 

Ce n’est pas parce qu’il est un candidat « parachuté » qu’il ignore, par définition, les enjeux de la circonscription qu’il convoite. M. Lévesque a quelques mois pour se mettre au parfum des enjeux de « sa » région. Et s’il doit faire mieux, la CAQ aussi. Le parti de François Legault contemple une ouverture historique vers le pouvoir en 2018. Les six années passées à marteler le message que le Québec mérite mieux commence à porter, surtout après les années d’austérité imposées par les libéraux.

La CAQ n’a que très peu d’assises en Outaouais. À ce sujet, l’ex-conseiller municipal Luc Angers, qui aurait bien aimé porter les couleurs de la CAQ encore une fois en 2018, a raison. Pour  un chef qui veut conquérir le Québec, M. Legault a été largement absent de l’Outaouais, et ses principaux députés, encore plus que lui. 

Le chef François Legault aurait dû porter un coup d’éclat en offrant à l’Outaouais au moins un candidat vedette pour marquer le coup en 2018 et prouver qu’il y a un réel engouement pour la CAQ à travers le Québec. 

La population a soif de changement après 15 années de règne libéral presque ininterrompu. Le Parti québécois est à la traîne. Mais la CAQ doit faire mieux qu’un candidat vert comme Mathieu Lévesque alors que les chances sont meilleures que jamais de démontrer que l’opposition aux libéraux va toujours à l’abattoir en Outaouais.