Deux chauffeurs de la Société de transport de l'Outaouais ont fait l’objet d’enquêtes pour conduite avec les facultés affaiblies, l’un en novembre, le second, la semaine dernière.

Insubordination à la STO

ÉDITORIAL / Il y a quelque chose qui cloche à la Société de transport de l’Outaouais. C’est le moins que l’on puisse dire.

Deux chauffeurs ont fait l’objet d’enquêtes pour conduite avec les facultés affaiblies, l’un en novembre, le second, la semaine dernière. 

Le premier cas est survenu le 21 novembre dernier, en après-midi, à la station de la Gappe du Rapibus. Une plainte a été déposée au Service de la police de la Ville de Gatineau à la suite d’une plainte au service à la clientèle. Il n’est plus à l’emploi de la STO.

Dans l’autre cas, il est trop tôt pour connaître le dénouement. Mais nous savons ce qui s’est passé le 19 juin. Le chauffeur de l’autobus du circuit 93 a été immobilisé à la sortie de l’autoroute 50, où des policiers lui ont barré la route. L’employé a refusé de souffler dans l’ivressomètre. Il a été arrêté immédiatement, son permis de conduire suspendu pour 90 jours. Il a été suspendu le temps de l’enquête.

Le problème, c’est la manière que la STO a traité l’information, préférant se terrer derrière le silence plutôt que d’aviser la population tout de suite de l’écart de conduite de son employé. 

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Ce ne sont pas les politiques qui sont en cause. La Société de transport de l’Outaouais adopte une politique de tolérance zéro pour tous les employés qui occupent « des postes à risque élevé », c’est à dire où l’erreur de l’employé peut compromettre la santé ou la sécurité de la clientèle ou du public. Cette tolérance zéro est la bonne marche à suivre, comme ce l’est aussi pour les autres sociétés de transport du Québec, et même d’Ottawa. 

Ces cas ont été dépistés rapidement. Des passagers sont intervenus pour rapporter les cas à la direction, qui a contacté la police, qui a agi avec célérité.

La STO se défend à mots couverts en prétextant qu’elle a suivi les conseils de la police en ne dévoilant pas ce qui s’est passé. C’est suspicieux quand une grande organisation comme la STO s’inspire des pratiques secrètes de la police concernant des détails aussi publics qu’une arrestation en plein jour, compte tenu des informations qui sortiront nécessairement. La police a ses habitudes qui sont ancrées dans le secret, et cela la sert bien dans la plupart des cas. La STO a le devoir d’être bien plus transparente. 

Il y a un autre cas, non relié à l’alcool au volant, mais à la courtoisie d’un chauffeur. Au début de novembre, un chauffeur a traité une passagère de « salope » dans une altercation filmée par un quidam. Il a été remercié quelques semaines plus tard.

Les cas d’alcool au volant sont vraiment hors de l’ordinaire. La STO ne doit tolérer aucun passe-droit à ce sujet. Mais l’impolitesse du troisième chauffeur indique qu’il y a peut-être un problème sous-jacent à la STO. Un problème qui n’est pas du niveau de la présidente Myriam Nadeau, qui n’est qu’une victime qui se retrouve à être responsable compte tenu de sa fonction. Le problème semble davantage relever de l’administration intermédiaire. Il existe du laxisme au sein de la STO où les consignes sont mal communiquées aux chauffeurs et autres employés. Ou mal comprises, malgré la sévérité des conséquences. Deux cas d’alcool au volant, c’est du jamais vu qui doit être interdit avec plus de fermeté encore. Un atelier de rafraîchissement sur le sujet serait de mise. 

Quant au cas d’impolitesse, cela ne pourrait bien être qu’une question d’époque, où certaines personnes ne considèrent pas le sérieux de leurs actes. Cela se voit fréquemment sur les médias sociaux. N’empêche, cela doit cesser.