Les Canadiens avaient raison de réagir avec admiration à la suite des premiers gestes de la nouvelle gouverneure générale, Julie Payette, lundi.

Inspirante Julie Payette

Les Canadiens avaient raison de réagir avec admiration à la suite des premiers gestes de la nouvelle gouverneure générale, Julie Payette, lundi. Par sa prestance et son inspiration, elle a repris là où ses plus récents prédécesseurs avaient mené la fonction.

Ingénieure de formation, astronaute et plus récemment administratrice et formatrice, Mme Payette a emprunté dès l’adolescence un chemin qui rendait admiratifs la plupart des gens. Elle n’avait pas 30 ans lorsqu’elle a été choisie par l’Agence spatiale canadienne lors d’un concours pour trouver de futurs astronautes. La population pouvait croire que c’était un couronnement pour cette jeune femme qui détenait déjà trois diplômes universitaires : baccalauréat international au Pays de Galles, puis en génie à l’Université McGill, et maîtrise en sciences à l’Université de Toronto. Elle a effectué deux séjours à bord de la navette spatiale, en 1999 d’abord, puis en 2006. Par la suite, elle a été astronaute en chef de l’Agence spatiale canadienne, directrice du Centre des sciences de Montréal, et communicatrice à l’émission de télévision Découverte. Parallèlement, elle est une pianiste accomplie, et peut s’exprimer en six langues. Sans inclure l’algonquin, dont elle a épicé son premier discours à titre de gouverneure générale. Cela s’inscrivait parfaitement dans son propos sur la réconciliation.

Certains diront que ce thème ne faisait que reprendre une des idées maîtresses du gouvernement de Justin Trudeau. C’est vrai, mais cela n’en diminue pas la portée ni le message. Tous s’attendent à ce que le titulaire du poste de gouverneur général se fasse inspirant sur les sujets centraux au Canada. Cela inclut la cohabitation et le dialogue avec les Premières nations qui ont accueilli les explorateurs et les colonisateurs dès le XVIe siècle, tout comme cela inclut l’accueil que nous faisons, depuis des décennies, aux populations immigrantes, déplacées par les révolutions, la guerre ou simplement l’espoir. 

Si certains auront reconnu là « les voies ensoleillées » de M. Trudeau, d’autres auraient tout aussi bien pu rappeler que les derniers mots de Jack Layton, le leader du Nouveau Parti démocratique décédé à l’été 2011, naviguaient dans les mêmes eaux.

Ce besoin de cohabitation et de dialogue, Julie Payette a rappelé qu’elle l’a vécu de première main dans l’espace : « Des gens de différents pays (...) travaillent ensemble pour le bien commun. Ils travaillent tous ensemble et font des compromis quand la situation l’exige. »

En fait, ils s’entendent parce qu’ils n’ont pas d’autre option. Sur la Terre, la multiplicité des options nous porte à faire de mauvais choix. Cela vaut au plan personnel comme à celui des nations.

Julie Payette est la quatrième femme à occuper le poste de gouverneure générale après Jeanne Sauvé, Adrienne Clarkson et Michaëlle Jean. Depuis Mme Clarkson, une nouvelle tendance s’imprime : fini les anciens politiciens qui occupent ce poste largement honorifique et protocolaire à titre de représentant de la reine Elizabeth II au Canada. Après plusieurs nobles britanniques, puis des diplomates, les premiers ministres avaient choisi des politiciens en fin de carrière.

Mmes Clarkson et Jean, puis David Johnston, ont redonné du lustre à Rideau Hall. 

Leurs préoccupations qu’ils ont démontrées pour les intérêts supérieurs de la nation canadienne ont rehaussé la fonction. Dès sa première journée en poste, tout indique que Julie Payette fera honneur à ces messages d’espoir.

Les derniers mots de son premier discours étaient d’ailleurs révélateurs : « Visez haut, osez rêver. Le ciel offre des horizons infinis. À la vie qui nous unit. »