Pierre Jury
Depuis que la rumeur veut que le prince Harry et son épouse Meghan Markle viennent s’établir au Canada, les médias n’arrêtent pas d’y aller de leurs suppositions.
Depuis que la rumeur veut que le prince Harry et son épouse Meghan Markle viennent s’établir au Canada, les médias n’arrêtent pas d’y aller de leurs suppositions.

Harry et Meghan: problèmes royaux

ÉDITORIAL / Depuis que la rumeur veut que le prince Harry et son épouse Meghan Markle viennent s’établir au Canada, les médias n’arrêtent pas d’y aller de leurs suppositions. Alors que nous en savons très, très peu sur leurs réelles intentions.

Deux questions retiennent surtout l’attention. Le prince Harry peut-il être nommé gouverneur général du Canada? Et qui paiera pour les frais liés à leur sécurité quand ils sont ici?

Un sondage du quotidien National Post a indiqué, la semaine dernière, que quelque 60 % de Canadiens seraient favorables à ce que le prince Harry soit nommé gouverneur général. Alors que le poste n’est même pas disponible. Rappelons que Julie Payette, l’astronaute qui a été la seconde Canadienne à monter dans la navette spatiale, a été nommée en juillet 2017. Ses premiers pas ont été ardus dans ses nouvelles fonctions, mais elle semble maintenant s’être bien intégrée. C’est donc dire que le poste de gouverneur général n’est pas disponible, si même le prince Harry le désirait. Bref, c’est une question caduque qui ne mène nulle part.

La réalité, c’est que personne n’a idée de ce que pourrait faire le prince Harry, s’il concrétise ses plans de s’établir au Canada, même à demi-temps. Il a des compétences claires, mais il n’a jamais « travaillé » depuis qu’il a terminé son service militaire. Ce qui pousse certains à se demander s’il ne devrait pas postuler afin d’obtenir son statut de citoyen canadien comme tous les autres immigrants qui sont désireux de s’établir au pays. Cela relève un peu de la chimère et le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, l’a bien vu. Il a convenu qu’il lui trouverait bien quoi faire à ses côtés, sans élaborer davantage. 

Et puis, le gouvernement fédéral détient toujours un pouvoir discrétionnaire qui permet au ministre de l’Immigration de décerner la résidence permanente à la personne de son choix. Un problème réglé.

Quant à Meghan Markle, l’actrice américaine a connu plusieurs années de bonheur à Toronto, alors qu’elle jouait dans la série Suits. Nous ne présumons pas qu’elle reprendrait ses fonctions d’actrice ; elle se consacre maintenant à sa fonction principale de maman du petit Archie, âgé aujourd’hui de 8 mois.

La question qui touche le plus les Canadiens a trait aux frais reliés à la sécurité du prince Harry, de Meghan Markle et de leur poupon. 

Lorsqu’ils sont en visite au Canada, la question ne se pose pas. Le Canada paie les frais de sécurité liés à ses invités. Mais qu’en est-il pour un couple qui viendrait s’installer ici de façon semi ou permanente ? Cet enjeu peut être de taille, car la famille royale peut être gourmande à ce chapitre. Nous ne parlons pas d’un ou deux gardes du corps. S’ils veulent « contrôler » les paparazzi qui leur colle aux semelles, il en faudrait davantage. Bien davantage. Et 24 heures par jour. 

Questionnés sur le sujet, les Canadiens voient la question comme blanc ou noir. C’est peut-être ainsi qu’on leur pose. Alors qu’il y aurait possibilité de négocier avec le couple royal sur leurs attentes et leurs espoirs, sur la capacité de payer des Canadiens et sur un service de base qui pourrait être couvert par le Canada, et des « extras » qui seraient assumés par le couple princier qui n’est pas, il faut le préciser, dénué de moyens, même s’il désire couper les ponts avec la famille royale.

Comme dans toute chose, il y a moyen de s’arranger. Encore faudra-t-il savoir quand et où le prince Harry et son épouse entendent s’établir au Canada...