La réfugiée saoudienne Rahaf Mohammed

Geste étonnant de courage

ÉDITORIAL / Cela prenait une dose de courage pour Rahaf Mohammed pour faire ce qu’elle a fait, la semaine dernière.

À 18 ans, elle a quitté sa famille en Arabie saoudite, elle s’est terrée à Bangkok où elle a demandé l’aide des Nations unies pour trouver un pays pour l’accueillir à titre de réfugiée politique. Immédiatement, elle est devenue un cas suivi mondialement. Le Canada a crié présent, et la jeune femme est arrivée à Toronto, samedi.

Depuis, sa famille l’a reniée, et elle a à son tour laissé tomber son nom de famille, Al-qunun, pour ne garder que Rahaf Mohammed.  

Que le Canada l’accepte est en accord avec nos traditions d’accueil. Chrystia Freeland, la ministre des Affaires mondiales, l’a joué fort en allant l’accueillir à l’aéroport, mais ce n’est pas hors des pratiques exceptionnelles en politique. La photo était belle. L’image était forte.

Cela n’aide pas nos relations avec l’Arabie saoudite. Rien pour faciliter la libération de Raïf Badawi, ou la sortie de Nathalie Morin, cette Québécoise retenue contre son gré en Arabie saoudite depuis des années. Cela survient alors que le Canada cherche une issue heureuse à son contrat d’approvisionnement de véhicules blindés, une affaire de 15 milliards $ qui agit comme une épine dans le pied du gouvernement de Justin Trudeau. 

Si le gouvernement de Mohammed ben Salmane devait prendre les mouches pour cette affaire et rompre le contrat, cela ferait notre affaire et éviterait au Canada les pénalités de rupture de contrat.

Rahaf Mohammed vit sous une protection de tous les instants, pour le moment. Elle reçoit des centaines de messages d’intolérance, compte tenu de son geste de « déshonneur » à l’endroit de sa famille. En Arabie saoudite, on n’est pas habitué à ce qu’une femme prenne sa place... Mais si Mme Mohammed était Canadienne, ses gestes ne seraient pas exceptionnels du tout.

Ce qui a été exceptionnel, c’est la manière qu’elle a utilisée pour protester contre les contraintes familiales dont elle faisait l’objet. 

Bienvenue au Canada, Rahaf Mohammed ! 

Nous vous souhaitons d’y passer une vie tranquille, à l’abri des regards et de l’attention internationale.

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UN LÉGER SURSIS

La Commission de la capitale nationale a accepté la demande de sursis à propos des plaines Le Breton, prononcée par le médiateur Warren Winkler. Il aura jusqu’à la fin de février pour tenter de rapprocher les deux parties que sont Eugene Melnyk, propriétaire des Sénateurs d’Ottawa, et John Ruddy, de Trinity Development.

La CCN donne une ultime chance aux deux belligérants de s’entendre sur le développement des plaines. Sinon... rien. Il faudra retourner à la table à dessin.

Peut-être la CCN craignait-elle une poursuite si elle mettait fin au processus maintenant. Peu importe, c’est de bonne guerre de leur laisser une dernière chance. L’attrait de faire des millions a le don, parfois, d’apaiser les tensions les plus vives. On oubliera alors toutes les poursuites pour se concentrer sur comment avancer.

Des deux, c’est Eugene Melnyk qui a le gros bout du bâton, car c’est lui, le propriétaire du club. Sans son accord, il ne peut y avoir d’entente. Ce qui ne signifie pas que Trinity Development soit prête à accepter n’importe quoi juste pour lui faire plaisir...