Après la promesse électorale énoncée en 2015, le commerce libéralisé du pot s’en vient et nous en verrons rapidement les effets, tant au plan économique que social.

De 2017 à 2018...

ÉDITORIAL / L’année 2017 a été marquée par l’expectative et 2018 livrera quelques dénouements à cette attente.

Nous vivons ces années-ci une période d’entre-deux, un genre d’interrègne entre l’annonce de décisions et leur mise en vigueur. Prenez l’augmentation du salaire minimum en Ontario à 14 $/h, un bond considérable des 11,40 $ qu’il a été pendant toute l’année 2017. Pour ces milliers de travailleurs au bas de l’échelle, la hausse est majeure et l’arrivée de la Nouvelle année représente une amélioration considérable de leurs conditions de vie. Pour une semaine de labeur de 40 h, cela les fait sauter de 456 $ à 560 $ d’un seul coup ! Bon, ce n’est pas encore la manne, mais c’est toute une différence dans leurs poches. Et un autre 40 $ est prévu l’an prochain.

Autre décision abondamment discutée jusqu’ici, la légalisation de la marijuana, avec l’ouverture en juillet de comptoirs de vente un peu partout au Canada. Après la promesse électorale énoncée en 2015, le commerce libéralisé du pot s’en vient et nous en verrons rapidement les effets, tant au plan économique que social. Les provinces n’ont pas eu le choix d’emboîter le pas.

Le gouvernement de Justin Trudeau a franchi le cap de son deuxième anniversaire et nous attendons les effets concrets de plusieurs de ses autres initiatives. L’infusion magistrale de capitaux dans des projets d’infrastructure n’a certainement pas nui à notre économie qui roule rondement, mais au-delà de l’emploi, il faudra des années encore avant d’en apprécier les bienfaits de lourds déficits créés. À Ottawa, nous en aurons un avant-goût avec l’inauguration du premier tronçon du réseau de train léger, qui avait été confirmé à l’époque où les conservateurs de Stephen Harper étaient encore au pouvoir.

S’il y a un secteur national où 2018 pourrait vivre des bouleversements, c’est celui du commerce avec les États-Unis. Si l’Accord nord-américain sur le libre-échange — que le président américain Donald Trump honnit — devait être déchiré (ou réécrit en profondeur), c’est en 2018 que ça devrait se constater pour vrai. Pour le reste, ce président hors-norme parle et tweete beaucoup, souvent plus par bravade et quête d’ego qu’autre chose, mais son influence demeure encore très marginale. 

Il y aura des élections au Québec, en Ontario et à la Ville d’Ottawa. Les Partis libéraux de Philippe Couillard, au Québec, et de Kathleen Wynne, en Ontario, risquent d’être balayés à la faveur de leurs adversaires plus à droite. Il faudra surveiller si cela imprime de réels changements. Les avancées des Franco-Ontariens semblent d’ailleurs à l’abri.

Quant à Jim Watson, maire d’Ottawa, à moins qu’un adversaire inattendu n’émerge, il peut prévoir une réélection tranquille, un peu à la manière de son « ami » et voisin Maxime Pedneaud-Jobin. Sa réélection récente a confirmé les grandes orientations à Gatineau.

Ce rapide survol de 2017 ne veut pas diminuer les difficultés vécues par les victimes des inondations au Québec surtout, et un peu en Ontario. Pour ces familles, l’année qui se termine n’aura pas été celle des réjouissances du 150e anniversaire de la Confédération. Celle qui vient doit enfin leur apporter du réconfort. S’il est ironique que l’eau a débordé chez nous alors qu’elle manquait dans une Californie asséchée et brûlée, cela nous ramène aux changements climatiques qui ne ratent pas une année pour faire sentir leurs effets, quoi qu’en disent les climatosceptiques. Quant à ce que nous acceptons collectivement de changer, ce sera un effort qui boudera le calendrier, comme à chaque année.