L’Organisation mondiale de la santé a déclaré un état d’urgence en rapport avec le coronavirus.

Coronavirus : le vrai et le faux

ÉDITORIAL / L’Organisation mondiale de la santé a déclaré un état d’urgence en rapport avec le coronavirus, mais il ne faut pas s’en faire pour autant, avise le directeur national de la Santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda. Car il y a là un message à la communauté internationale, qui recommande la plus grande prudence : ce message s’adresse au monde entier, à nous aussi, mais pas spécifiquement à nous.

Ce virus est très contagieux, mais pour les gens qui ont été en contact avec des personnes qui l’ont déjà contracté. Les chances d’être touché par ce coronavirus sont minimes, car le foyer d’éclosion est dans la région de Wunan, en Chine. Il ne suffit pas de croiser un Chinois qui porte un masque sur la rue pour suspecter qu’il est porteur du virus. Il est juste extrêmement prudent. Il ne serait d’ailleurs pas sorti de Chine s’il était porteur du virus. Ceux-là sont interdits de quitter le pays.

Ce n’est qu’une infime partie, quelque 3 %, qui en mourra. Les chances de survie sont donc de 97 %. Dans le cas du SRAS, en 2003, on parlait d’un taux de décès de l’ordre de 10 %...

Il n’empêche qu’il y a plusieurs cas d’intolérance qui sont rapportés. Cette situation incompréhensible sévit malgré tous les rappels que le coronavirus n’a à peu près pas sévi au Canada. Nous parlons de quatre cas autour de Toronto, aucun décès. 

Le Québec est totalement à l’abri jusqu’ici. 

Au niveau mondial, tous les morts sont en Chine, de l’ordre d’environ 250, et en lente croissance. Une centaine de cas ont été déclarés dans une vingtaine de pays. Aucun décès.

Mais les fausses nouvelles pullulent. Des histoires qui allèguent que l’eau vinaigrée pourrait lutter contre le virus, ou qui nourrissent la suspicion à l’endroit de la diaspora chinoise. Plusieurs vidéos accusatrices circulent. Les pires « #fakenews » sont celles qui racontent que le coronavirus aurait été inventé en laboratoire et que sa propagation relèverait du complot d’un gouvernement. Du grand n’importe quoi qui relève des pires théories du complot.

Pour lutter contre cette désinformation, il faut que tout un chacun fasse bien attention à ce qu’il partage sur les médias sociaux. Il doit en examiner la provenance. Cela doit provenir d’une source fiable : un ministère du Canada ou des États-Unis, une association médicale reconnue, ou un média que vous connaissez. Cela réduira à une peau de chagrin les partages de sites ou de vidéos douteux, qui se perdront dans la masse d’informations. 

C’est la propagation de fausses nouvelles qui les rendent virales et dommageables.

Le Canada ferait bien de considérer, cependant, la mise en quarantaine pour les quelque 200 Canadiens qui doivent être rapatriés de Wunan. Comme le font la France, l’Angleterre, les États-Unis. Juste pour être bien sûr.

« L’inquiétude, ça se transmet pas mal plus vite que n’importe quel microbe, a tranché le Dr Arruda. La peur, c’est une très mauvaise conseillère, et la peur fait faire des affaires qui n’ont pas (...) de bon sens, mais c’est humain. Je ne peux pas dire que les gens sont fous, ils sont juste normaux, c’est la peur qui fait ça. La peur, c’est une épidémie. »

Ces paroles d’un homme sage reconnaissent l’effet de la peur et de l’ignorance lorsque les gens sont confrontés à une menace inconnue, mais réelle. Il rappelle au passage que les gestes quotidiens comme de se laver les mains souvent s’avèrent les meilleurs moyens pour prévenir la propagation d’un virus. Coronavirus ou simple virus de la grippe ou autre.