Donald Trump a encore une fois attaqué les médias lors de son point de presse mercredi.

Attendons la réaction de Trump

ÉDITORIAL / Les élections américaines de mi-mandat sont enfin terminées. De voir tout le bruit qui était fait à propos de cet exercice électoral, on en venait presqu’à croire que Donald Trump faisait face à sa propre réélection.

Car des deux côtés, on avait sorti la machine pour exhorter les Américains à aller voter. C’était grosso modo le message des démocrates, répété ad nauseam par des ténors comme le président Barack Obama et l’animatrice de télévision Oprah Winfrey. Les républicains allaient bien plus loin : la caravane de migrants du Honduras qui ont entrepris un pèlerinage à pied vers la frontière entre le Mexique et les États-Unis allaient provoquer le chaos. De là l’envoi de 800 soldats pour aider les 2000 membres de la Garde nationale à stopper la vague humaine. À ces allégations sur la sécurité — provoquées par le laxisme des démocrates à adopter des lois plus sévères, rien de moins ! — s’ajoutait la frénésie de l’économie américaine qui va très bien. 

Les élections sont maintenant terminées. Républicains comme démocrates ont de quoi célébrer. Les républicains ont gardé leur emprise sur le Sénat, ils ont même augmenté leur priorité de deux sièges de plus, passant à une majorité de 53 contre 47. Inversement, la Chambre des représentants a basculé dans le camp des démocrates, et même Nancy Pelosi devrait reprendre son siège de présidente de la Chambre. Le jeu des pouvoirs et des contre-pouvoirs reprendra le haut du pavé et cela pourrait modérer les ardeurs du président Trump. Il a d’ailleurs adopté un discours plus civilisé, dans les heures qui ont suivi les résultats. Il a appelé à une meilleure cohabitation avec les démocrates. Il a prédit des règlements sur la santé, notamment. 

« Maintenant est venu le temps pour les membres des deux partis de se rassembler, de mettre la partisanerie de côté et de s’assurer que le miracle de l’économie américaine se poursuive », a lancé M. Trump, dans un élan d’entregent qu’on ne lui connaissait pas.

Mais l’accalmie n’a pas duré. Il a attaqué deux journalistes, les accusant de colporter de fausses nouvelles. Il a accusé des candidats défaits de son propre parti (!) d’avoir refusé son offre de les aider.

Les marchés boursiers ont d’ailleurs bien réagi, le Dow Jones gagnant plus de 500 points.

Maintenant, qu’est-ce que cela signifie pour le Canada ? 

Dans le cas de la nouvelle mouture de l’Accord de libre-échange nord-américain, pas grand-chose à court terme. L’entente est conclue, mais elle n’est pas signée. Les démocrates, qui ont repris du poil de la bête, pourraient-ils s’en servir pour jouer du coude et défaire l’accord ? Ils sont plus protectionnistes que leurs collègues républicains, après tout, même si les démocrates sont plus proches, idéologiquement parlant, des Canadiens de tous les partis. Cela reste à voir.

Pour le reste, les Canadiens se demandent encore comment les Américains ont pu élire un président polarisant comme Donald Trump. Ses commentaires désobligeants sur les femmes, sur les Noirs, sur les Latinos, sont aux antipodes des croyances largement partagées au Canada. Il serait impensable, dans le régime actuel des choses, qu’un politicien tienne le même discours chez nous. Ce serait un suicide politique. Nous pouvons apprécier le ressac qui entoure Maxime Bernier, le chef du nouveau Parti populaire. Ses seules positions anti-gestion de l’offre, très modérées par rapport à M. Trump, provoquent des vagues.

Pour le moment, regardons Donald Trump aller. Évaluons s’il a changé un peu, ou moyennement.