En moyenne au Québec, un peu moins d’un électeur sur deux prenne la peine d’exprimer son choix au palier municipal.

Appartenance et responsabilité

ÉDITORIAL / Dimanche 5 novembre, les électeurs sont invités à voter dans plus de 1100 municipalités au Québec, dont 57 dans la grande région de l’Outaouais. Cette invitation est à la fois un privilège, un geste d’appartenance et une responsabilité.

Avoir son mot à dire dans le choix de ses représentants, agir pour maintenir en poste son conseiller ou son maire ou au contraire voter pour son remplacement par quelqu’un qui répond mieux à nos aspirations et nos attentes est un luxe qu’aimeraient bien s’offrir beaucoup de gens sur la planète.

Curieusement, pour apprécier la juste valeur de notre système démocratique, il semble qu’il faille soit le perdre, soit n’y avoir jamais eu accès.

Comment expliquer autrement le fait qu’en moyenne au Québec, un peu moins d’un électeur sur deux prenne la peine d’exprimer son choix au palier municipal. À Gatineau, ce taux était tristement en deçà de la moyenne québécoise à 41,9 % lors de l’élection de 2013.

Et pourtant, le palier municipal est celui qui touche le plus directement le citoyen dans son quotidien. « Près de 60 % des infrastructures publiques au Québec sont sous la responsabilité des municipalités », souligne d’ailleurs le Directeur général des Élections du Québec (DGEQ) sur son site, pour démontrer l’importance des élections de dimanche dans la vie des citoyens.

Profitons-en pour saluer la percutante campagne de sensibilisation du DGEQ « Et si les municipalités faisaient les choses à moitié… », mettant notamment en vedette un hockeyeur qui s’écrase sur le ciment parce qu’une seule moitié de la surface de la patinoire est glacée.

En fait, chaque vote compte. Chaque vote a son impact. Qu’il soit du côté de la majorité ou de la minorité. Chaque vote exprime quelque chose et doit être pris en compte par l’élu responsable qui accède à la table du conseil. Selon qu’il y ait forte ou une faible adhésion, l’action au cours du mandat devrait être différente. Réélection oblige…

Les électeurs de la région ont la chance d’avoir des options diverses devant eux. Si on prend l’exemple de Gatineau, il y a une cinquantaine de candidats en lice revendiquant les 17 postes de conseillers et le poste de maire. Une conseillère est déjà élue dans le district du Plateau, soit Maude Marquis-Bissonnette, à la suite du désistement de son seul adversaire.

Qui plus est, l’information a circulé allègrement mettant en relief les différentes visions défendues en matière de responsabilités municipales, les projets possibles et les défis à relever.

Le Droit a quotidiennement assuré le suivi des principales activités reliées à la campagne que ce soit en nouvelles, analyses, chroniques, photos et vidéos. Et il y a eu une vingtaine de débats publics, certains sur des thématiques précises, d’autres plus généraux. Aujourd’hui, avec Internet, difficile de se réfugier derrière l’excuse de ne pas savoir qui se présente et ce qu’il ou elle propose comme plan d’action.

Tout est donc là pour faire un choix. Il ne manque que l’effort de se renseigner si on ne l’a pas fait et de se déplacer ensuite pour se rendre à son bureau de vote.

Cette responsabilité de voter devient en bout de ligne un signe d’appartenance. Un geste qui dit que nous sommes interdépendants au sein de notre collectivité et soucieux du bien-être commun.

Exercer son droit de vote donne enfin le sentiment de s’être occupé de ses affaires, de ne pas avoir gaspillé l’occasion finalement assez rare d’exprimer notre satisfaction ou notre insatisfaction.

Alors, aux urnes citoyens !

 La direction, Le Droit