Doug Ford, premier ministre ontarien

Doug Ford, le grand silencieux

On avait connu Doug Ford plus loquace. Depuis le déclenchement de la campagne des élections fédérales, le premier ministre ontarien est très discret. Au mieux, quelques phrases consensuelles sur les médias sociaux, des visites plus espacées, et surtout aucune référence au scrutin du 21 octobre.

TORONTO

Doug Ford a tout à gagner en se montrant loyal face au chef conservateur fédéral, Andrew Scheer. Un gouvernement conservateur à la Chambre des communes réglerait sans doute le dossier de la taxe carbone qu’Ottawa compte bien imposer aux provinces.

Mais est-il un boulet pour M. Scheer ? Le leader de la « Ford Nation » n’est peut-être ni mieux ni pire que ses homologues provinciaux conservateurs, à l’image de l’Albertain Jason Kenney et du Néo-Brunswickois Blaine Higgs, mais deux éléments jouent en sa défaveur.

D’une, Doug Ford ne bénéficie pas du même taux d’approbation. Son bilan après un an au pouvoir est entaché d’une image « brute de décoffrage », et de nombreuses volte-face.

Par ailleurs, avec 121 députés élus à la Chambre des communes, l’Ontario – comme le Québec – reste une chasse gardée pour les chefs fédéraux. Si les Maritimes semblent privilégier pour le moment les libéraux, tandis que les conservateurs ont le vent en poupe dans l’Ouest, l’Ontario est plus indécis. À quoi bon donc pour le libéral Justin Trudeau taper sur Jason Kenney ou Blaine Higgs quand les gains possibles sont essentiellement dans la province dirigée par Doug Ford ?

Dans ces conditions, le premier ministre ontarien est devenu l’épouvantail de cette campagne. Andrew Scheer refuse de prononcer son nom. Justin Trudeau, lui, s’en donne à cœur joie, s’amusant même à calquer son programme sur les récentes coupes de M. Ford.

On peut citer par exemple les propositions d’augmenter de 1200 $ le montant des bourses d’études ou le salaire minimum fédéral à 15 $ l’heure à compter de 2020. Cela s’ajoute au protocole d’entente sur le dossier de l’Université de l’Ontario français arraché la fin de semaine avant le déclenchement des élections.