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Des besoins criants en logements sociaux

À vous la parole
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Le Droit
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OPINION / Lettre à la ministre de l’habitation du Québec, Andrée Laforest, et au ministre des Finances, Éric Girard

Alors que la pénurie de logements locatifs perdure à Gatineau et qu’un rapport accablant de la Ligue des droits et libertés vient de confirmer la crise permanente du logement vécue par les locataires mal-logés de la ville, les organismes soussignés vous demandent de tenir compte des besoins criants de logements sociaux dans le prochain budget du Québec.

Selon les données du dernier rapport sur le marché locatif de la SCHL diffusé le 28 janvier 2021, le taux d’inoccupation des logements locatifs à Gatineau est demeuré très bas, sous le seuil d’équilibre de 3%, pour une troisième année consécutive. Il se situe à 1,6% pour l’ensemble des logements, mais à 1% pour les logements familiaux de trois chambres à coucher et plus. Cette rareté qui perdure nous fait craindre une détérioration de la situation déjà précaire des ménages locataires à faibles et modestes revenus, alors que le loyer moyen, déjà le plus élevé parmi les régions métropolitaines du Québec, continue d’augmenter. Le loyer mensuel moyen recensé par la SCHL a d’ailleurs augmenté de 7 % en un an, alors que l’an dernier, c’était de 10%. Quant aux logements qui sont disponibles, ils sont carrément hors de prix. Le récent rapport de la SCHL indique que le loyer mensuel moyen d’un logement inoccupé à Gatineau est de 1052 $.

Nous nous inquiétons que dans le contexte actuel, les ménages locataires forcés de déménager ne trouvent carrément pas à se reloger. Le nombre de personnes et familles en situation d’itinérance a plus que triplé depuis l’an passé. Les logements neufs construits par le marché privé sont beaucoup trop dispendieux pour ces ménages. Ce sont autant de gens qui auraient besoin d’un logement social maintenant et qui doivent attendre des mois, voire des années parce que le Québec n’en finance pas suffisamment. Notons aussi que les coûts de construction dans l’Outaouais sont plus élevés que ce qui est financé par Accès Logis.

La pénurie et ses effets font craindre le pire pour les locataires à faibles et modestes revenus dont la situation est déjà précaire, alors que déjà des dizaines de familles sans-logis sont hébergées à l’année dans des motels ou des logements de dépannage. Avant même la pandémie et les hausses de loyer des dernières années, le revenu médian annuel des 15 965 ménages locataires de Gatineau dont le loyer accaparait plus que la norme de 30% de leur revenu pour se loger était de seulement 20 405 $ par année. Parmi ces ménages, 7215 consacraient plus de la moitié du revenu au loyer, avec un revenu moyen de 12 520$. Une fois le loyer payé, il ne leur reste pas grand-chose pour manger, se déplacer et habiller les enfants et cela se fait au détriment de leur santé, physique et mentale, parfois de leur sécurité.

Vous avez affirmé à plusieurs reprises dans les dernières semaines que l’habitation est une priorité pour votre gouvernement. Dans cette perspective, nous espérons qu’un signal clair en faveur du logement social sera au rendez-vous dans le prochain budget du gouvernement du Québec. Pour enrayer la crise permanente du logement vécue par trop de ménages locataires et de personnes sans-logis de Gatineau, le logement social doit être une réelle priorité budgétaire. Pour répondre aux besoins criants, nous souhaitons un financement de nouveaux logements avec le programme AccèsLogis, ce qui n’a pas été fait au cours des deux derniers budgets. Les besoins sont là, pour réussir à y répondre il faut planifier sur plusieurs années et arrêter de financer au compte-goutte.

De concert avec le FRAPRU, nous souhaitons un rehaussement majeur des sommes accordées annuellement pour le développement de nouveaux logements sociaux et réclamons la mise en place rapide d’un grand chantier de 50 000 unités en 5 ans, dont 4740 en Outaouais, et 1845 à Gatineau.

Nous souhaitons également que les sommes manquantes pour réaliser l’ensemble des 12 500 logements sociaux annoncés par Québec depuis 10 ans qui ne sont pas encore construits soient enfin budgétées comme la Coalition avenir Québec s’est engagée à le faire à l’intérieur de son premier mandat.

Finalement, nous réitérons l’importance que le gouvernement du Québec investisse davantage dans le soutien communautaire. Avec les besoins gigantesques sur le terrain, de nouveaux investissements nous apparaissent incontournables et nécessaires pour permettre aux organismes communautaires impliqués dans la lutte à l’itinérance d’accompagner adéquatement les familles et les personnes en situation d’itinérance lorsqu’elles ont accès au logement social.

François Roy, coordonnateur, Logemen’occupe

Mélissa Roy, coordonnatrice, Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais

Lise Paradis, directrice exécutive, Gite ami

Michel Kasongo, directeur général, Soupe populaire de Hull

Louis Sabourin, directeur général, regroupement des OSBL d’habitation avec support communautaire en Outaouais

Sylvain Laflamme, directeur général, BRAS Outaouais