«Le documentaire <em>Derrière nos écrans de fumée</em> (<em>The Social Dilemma</em>) sur Netflix met en lumière la problématique des médias sociaux. C’est inquiétant et cela devrait nous préoccuper tous.»
«Le documentaire <em>Derrière nos écrans de fumée</em> (<em>The Social Dilemma</em>) sur Netflix met en lumière la problématique des médias sociaux. C’est inquiétant et cela devrait nous préoccuper tous.»

«Derrière nos écrans de fumée», un documentaire à voir

François Taddei
Québec
POINT DE VUE / Je suis un fan de technologie depuis 40 ans. Je dirais même que j’en ai fait la promotion par le biais de mon implication dans les médias au cours des 25 dernières années. Le documentaire Derrière nos écrans de fumée (The Social Dilemma) sur Netflix met en lumière la problématique des médias sociaux. C’est inquiétant et cela devrait nous préoccuper tous.

Pour les besoins de mon travail, j’ai joint LinkedIn il y a 13 ans, Twitter il y a dix ans et Facebook il y a sept ans. J’ai ensuite acheté un iPhone il y a cinq ans seulement. Je me souviens qu’avant cet achat, mes collègues trouvaient que j’étais une «bibitte dichotomique», à savoir un passionné de technologie, mais avec un téléphone flip-flop.

Je voulais éviter d’être «joignable en tout temps» et que mes courriels entrent «direct dans mes veines». La première chose que j’ai faite sur mon iPhone a été de désactiver les notifications de l’app Gmail. D’ailleurs, comme le mentionne ce documentaire, désactiver les notifications de toutes nos applications sociales est une bonne pratique... pour notre santé mentale.

J’adore mon iPhone, c’est un formidable couteau suisse. Par exemple, en voyage il a remplacé plusieurs objets (téléphone, cartes, appareil photo, dictionnaire de langues), mais ça reste un outil. Un outil, ce n’est pas censé vous espionner, vous influencer, vous manipuler. N’en devenez pas l’esclave. Comme mentionné par Tristan Harris (ex-éthicien du design chez Google), nous vivons dans une utopie et une dystopie en même temps.

Le documentaire est particulièrement percutant lorsqu’il aborde l’impact des médias sociaux sur la génération Z, qui a grandi avec ces derniers et dont les taux d’anxiété et de suicide sont en augmentation. Il est encore plus inquiétant lorsqu’il établit une corrélation entre la montée des médias sociaux et la polarisation des opinions dans la société.

Si les gouvernements ne régulent pas mieux les médias sociaux (nos lois ne sont clairement pas adaptées), les intervenants du documentaire décrivent un avenir sombre, où désinformation, totalitarisme et guerre civile seront notre quotidien. Et comme «les fausses nouvelles voyagent six fois plus vite en moyenne que la vérité» sur des médias sociaux comme Twitter, notre monde pourrait basculer plus rapidement qu’on le croit.

Bref, un documentaire à écouter en famille!