Le gouvernement fédéral a annoncé, mercredi, son premier plan d'aide relié à la crise du coronavirus. 

COVID-19: un premier plan d’aide du fédéral

ÉDITORIAL / Le gouvernement fédéral a dégainé son artillerie lourde, mercredi, dans le but d’aider les Canadiens à passer à travers la crise du coronavirus, ainsi les entreprises à naviguer jusqu’au lendemain. La somme de l’aide totalise 82 milliards $… et ce n’est qu’un premier pas !

Il restera, pour le fédéral, à annoncer un plan d’aide pour les industries de l’aviation, principalement, et pour tous les transports, au sens le plus large, ainsi qu’un programme pour venir à la rescousse de l’industrie pétrolière. Celle-ci, comme si le COVID-19 ne suffisait pas, est la victime d’une guerre de mots entre l’Arabie saoudite et la Russie. Ces pays sont impliqués dans une querelle de prix et de capacité d’extraction, ce qui a pour effet de faire chuter les cours du baril et d’éloigner d’autant les perspectives de profit pour les entreprises albertaines. Ils ont chuté d’environ 60 $ US à moins de 35 $ US, alors qu’ils jouaient dans la fourchette de 75 à 85 $ US il n’y a pas si longtemps. Le rêve d’un baril à 200 $ US qui provoquerait bien des changements de comportement chez les usagers est bien loin !

L’ensemble des mesures proposées par Ottawa vont dans tous les sens. Il y a une Allocation de soutien d’urgence pour les Canadiens qui perdent leur emploi, comme les 4679 travailleurs mis à pied par le Cirque du Soleil, qui ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi, ou qui sont confrontés à des heures de travail réduites : 5 milliards $. Une nouvelle Allocation de soins d’urgence jusqu’à 900 $ toutes les deux semaines pour un maximum de 15 semaines. Un paiement spécial de 400 $ pour les personnes seules et de 600 $ pour les couples en guise de crédit pour la TPS : 5,5 milliards $. Une bonification de l’Allocation canadienne pour enfants de 300 $ par enfant : 2 milliards $.

Il y a aussi un lot d’aides diverses : pour les aînés, pour les autochtones, pour les sans-abri, pour les femmes victimes de violence sexuelle, pour les jeunes qui ont un prêt étudiant, etc.

Les entreprises ne sont pas en reste. Le fédéral aidera en versant 10 % de la rémunération aux employés pour trois mois, tandis qu’elles n’auront pas à payer leur impôt jusqu’en août, etc.

Au total, 27 milliards $ pour les Canadiens et 55 milliards $ d’aide fiscale aux entreprises. C’est majeur.

Tout cela ne se paiera pas automatiquement. Le Canada étant enligné sur des déficits d’environ 30 milliards $ ces dernières années, cela s’ajoutera. Nous franchirons le cap des 100 milliards $ de déficit. Plus l’appui aux secteurs pétroliers et de l’aviation, plus tout autre mesure qui surviendra dans les prochaines semaines, parlons de 150 milliards $. C’est le montant estimé par Clément Gignac, l’économiste-en-chef chez Industrielle Alliance, mercredi sur Radio-Canada.

C’est du jamais vu, plus de trois fois le record de 55,6 milliards $ en 2009-2010, au lendemain de la crise financière de 2008.

Il n’empêche que la plupart des économistes s’avèrent plutôt optimistes, finalement.

La santé financière du Canada est « relativement » bonne, surtout en comparaison avec les autres pays du G7 qui ont tous des déficits beaucoup plus importants que le Canada. C’est une consolation.

L’ampleur de la crise majeure du COVID-19 exigeait une réponse majeure. Sera-t-elle suffisante ? Il faut l’espérer.

Il y aura un budget fédéral un jour, probablement à la fin du printemps, et il réécrira l’histoire. Nous nous en soucierons à ce moment-là, dans l’espoir que le coronavirus ne sera plus alors qu’un souvenir d’une fin d’hiver bouleversante.