Le scrutin aura lieu lundi le 21 octobre.

Ça compte: allons voter!

ÉDITORIAL / La course électorale est pratiquement terminée. Les candidats font un dernier tour de piste. Lundi, ce sera aux électeurs de briller par leur présence. Est-ce que ce sera le cas ?

En 2015, les Canadiens sentaient la présence d’enjeux bien nets dans l’élection fédérale. Il y avait la présence d’un gouvernement conservateur usé par 10 ans de pouvoir, qui avait surpris en déclenchant une campagne longue de 76 jours, le temps de bien user ses adversaires et les saigner à blanc au plan financier. Tous les principaux partis ont, à un moment donné ou un autre, dominé la course, et le Parti libéral a finalement enregistré la plus importante hausse de sièges de l’histoire du parlementarisme canadien. 

Au passage, la participation électorale a atteint 68,5 %, un sommet depuis 1993. Le vote précédent, celui de 2011, avait enregistré 61,4 %, et il avait été le sujet de manœuvres pour décourager la participation électorale : il faut s’en souvenir.

Qu’en sera-t-il en 2019 ? Bien malin sera celui qui pourrait le prédire avec soin.

Malgré tout le bruit provoqué par la campagne électorale, il faut prévoir un certain retrait sur le 68,5 % de 2015. Simplement parce que les chefs que sont Justin Trudeau et Andrew Scheer n’ont pas su galvaniser les intentions de vote. La campagne n’a pas levé.

La preuve ? Libéraux et conservateurs ont terminé plus bas dans les intentions de vote qu’ils n’ont débuté : il s’agit d’une anomalie en politique où l’un des chefs, normalement, monte dans les intentions de vote, tandis que l’autre descend.

Ce sont, anormalement encore une fois, les chefs des tiers partis que sont le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique qui ont gagné des parts de marché au cours de cette campagne. 

Est-ce que cela tiendra jusqu’au 21 octobre ? Ça reste à voir.

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Justin Trudeau est celui qui perdra le plus, simplement parce que c’est aussi celui qui avait remporté le plus de sièges en 2015 : 184. 

Trois événements sont venus ternir sa campagne : sa décision de ne pas aller de l’avant avec la réforme du scrutin promise en 2015, l’achat du pipeline Trans Mountain pour 4,5 milliards $, et l’affaire SNC-Lavalin. Surtout cette dernière. Sa cote de popularité a baissé à partir de l’hiver 2019 et n’a que très peu remonté par la suite. 

C’est une croix qu’il doit porter et il en assumera le poids jusqu’au 21 octobre. 

À l’inverse, Andrew Scheer gagnera des sièges à la Chambre des communes. Mais combien ? Il part à 99. Il a ratissé dans les positions traditionnelles des conservateurs : fin de la taxe sur le carbone, réductions des impôts, etc. 

Les sondages et les experts sont presque unanimes à prédire un gouvernement minoritaire. La cible est à 170 circonscriptions. Mais dans l’isoloir, l’électeur ne peut miser sur un gouvernement majoritaire ou minoritaire : il exprime son vote, tout simplement. C’est l’ajout de tous ces votes, et de toutes ces circonscriptions qui déterminera un vainqueur. 

Il faut exhorter les Canadiens à aller voter, lundi, car c’est le devoir citoyen que nous avons tous. Certes, il y a des circonscriptions où le vote sera « perdu » car la majorité du gagnant sera bien imposante. C’est ce qu’aurait corrigé la réforme du scrutin, mais au risque de provoquer davantage de gouvernements minoritaires.

Cette fois, sans réforme électorale, un gouvernement minoritaire nous attend, selon toute vraisemblance. 

Cela ne doit pas tempérer notre ardeur à aller voter. Surtout si l’on est francophone, car ce vote francophone est trop fragile, surtout en Ontario.