À vous la parole

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Le Droit
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Le Québec prêt à vacciner ses citoyens? Pas certain!

Alors que les pays européens sont en pleine préparation de vaccination de masse, que fait le Canada, le Québec? À Berlin, en Allemagne, le plus gros centre de congrès de la ville se prépare à accueillir 20 000 personnes par jour. Une logistique cauchemardesque, mais relevée par le pays. Plus de soixante centres comme celui de Berlin s’apprêtent à accueillir la population. Que fera le Québec? Se retrouvera-t-on comme lors de la crise du H1N1 alors que nous n’étions pas prêts à faire face à ce virus, qui, heureusement, a fait plus de peur que de mal? Aura-t-on le personnel nécessaire pour faire des tests, soigner les patients et administrer les vaccins? Un secret d’État que le pays et le gouvernement québécois doivent absolument dévoiler afin de redorer leur image.

Daniel Duclos, Gatineau

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Choisir la restauration du pont Alexandra

La consultation publique lancée par la CCN sur un projet de remplacement du pont Alexandra campe mal la situation au départ. La restauration du pont devrait être présentée au public comme une décision logique faisant suite à celle du gouvernement du Canada de restaurer les édifices parlementaires. Jamais on n’oserait écrire : « Les édifices parlementaires arrivent maintenant à la fin de leur vie utile et doivent être remplacés ». Pourquoi utiliser un tel langage dans le cas du pont Alexandra qui est pourtant essentiel à l’intégration architecturale du milieu? Il s’agit là d’un énoncé d’experts-conseils à qui l’on a demandé de choisir entre le remplacement ou la restauration du pont. À coup sûr, leur choix s’arrêtera toujours sur l’option de remplacement pour des raisons économiques et de responsabilité civile. Si le gouvernement s’en était remis uniquement à eux pour décider de l’avenir des édifices parlementaires, il est fort probable qu’ils auraient choisi de démolir pour reconstruire. L’option de remplacement du pont Alexandra devrait être écartée d’emblée. Le mandat donné aux experts dicterait alors d’explorer des moyens innovateurs de restauration. La réfection du tablier du pont Jacques-Cartier à Montréal en 2001-2002 a su tirer profit des nouvelles techniques de construction conçues par des ingénieurs canadiens et utilisées avec un minimum d’inconvénients – une première en Amérique du Nord. Dans cette optique, la restauration du pont Alexandra pourrait devenir une réalisation phare dans le cadre de la politique sur l’innovation du gouvernement, plutôt que de figurer dans les budgets comme un fardeau financier additionnel au moment où l’endettement national est préoccupant.

Marie-Jeanne Musiol, Gatineau

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Congé de Noël en Ontario

Cette année a été particulièrement difficile pour les citoyens de l’Ontario. La pandémie a déchiré des familles, que ce soit à la suite de décès d’êtres chers, à la maladie chez nos proches, à l’inquiétude constante des personnes vulnérables et de ceux qui les aiment ou à la séparation née de la peur de transmettre ou d’attraper le virus. Rien n’est pareil cette année et ce manque de rapprochement a un impact sur tous. Dans notre culture, Noël est un temps de bonheur, de générosité et d’amour. Pour plusieurs, c’est le plus beau temps de l’année et on l’anticipe pendant plusieurs mois. Cette année, nous avons encore plus besoin de Noël. Nous avons besoin de rencontrer nos familles, de partager des repas, de retrouver de la normalité, du bonheur et du plaisir avant le long hiver 2021 qui sera plus difficile que jamais. La santé mentale et physique des citoyens repose sur ce besoin de rapprochement. Noël n’est pas juste une fête, c’est le temps de l’année qui fait ressortir le meilleur des gens et des familles. Afin de rendre Noël moins inquiétant et même possible pour certaines familles, il est important que le gouvernement ontarien devance le congé de Noël d’au moins une semaine. En terminant l’école le 11 au lieu du 18 décembre, les familles qui comptent des personnes vulnérables vont pouvoir rencontrer leurs petits-enfants, nièces et neveux à Noël puisque les enfants auront été 14 jours sans être dans l’environnement à haut risque qu’est l’école. Depuis que l’école est commencée, plusieurs grands-parents n’ont pas été avec leurs petits-enfants et plusieurs oncles et tantes immunocompromis n’ont pas pu rencontrer leurs nièces et neveux et ceci fait mal. Monsieur le ministre de l’Éducation Stephen Lecce, il est important que vous fassiez ce petit geste de compassion en fermant les écoles le 11 décembre ou plus tôt afin de nous permettre de célébrer cet important temps de l’année en sécurité avec les membres de nos familles qui nous manquent tellement.

Lyne Caza, Ottawa

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Punir les travailleurs ne protégera pas nos aînés

En septembre dernier, je me suis sentie comme si le gouvernement nous avait officiellement giflées en plein visage. Après avoir travaillé au front d’une pandémie pendant plus de 7 mois comme infirmière autorisée, le gouvernement a annoncé dans le discours du Trône qu’il allait « apporter des modifications au Code criminel afin de sanctionner les personnes qui négligent et mettent en danger les aînés dont ils prennent soin ». Après l’atroce réalité observée dans les foyers de soins de longue durée (SLD) depuis le début de la COVID-19, il est évident que l’objectif de ces modifications est d’assurer des soins sécuritaires dans ses établissements. Toutefois, ces modifications auront un impact disproportionné sur les femmes et surtout sur les femmes de minorité visible qui compte la majorité du personnel dans les SLD. Encore une fois, le gouvernement se résout à l’utilisation de tactiques fallacieuses afin de détourner l’attention du public de la responsabilité gouvernementale pour la placer sur des individus qui ne font que leur travail avec la carence d’outils qui sont à leur disposition. Soyons clairs, je ne suggère pas que les conséquences négatives des modifications sont explicitement fondées sur le sexe et la race, j’affirme plutôt qu’elles désavantagent particulièrement les femmes qui travaillent dans les SLD. Les préjugés raciaux et sexistes ne peuvent être dissociés de la crise actuelle. Selon Carole Estabrooks, professeure à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de l’Alberta, les femmes assument 90 % des soins aux aînés. De plus, jusqu’à 80 % des préposées aux bénéficiaires dans ses établissements sont des femmes de minorité visible. L’exécution des modifications au Code criminel doit être évitée du fait qu’elles seraient racistes, sexistes et inconstitutionnelles. Il est clair que des solutions moins restrictives que la criminalisation existent et doivent être mises en œuvre une fois pour toutes. Le gouvernement fédéral doit implémenter une stratégie nationale pour les SLD, soutenu par un financement adéquat. Si la COVID-19 s’est infiltrée à titre d’assassin violent au sein des établissements de SLD, il ne faut pas oublier qui lui a servi de complice. Plus que tout, il est temps que le gouvernement prenne sa responsabilité en main et cesse de pointer le doigt dans d’autres directions que la sienne.

Stéphanie Mercier, professionnelle de la santé et étudiante en droit à l’Université d’Ottawa