À vous la parole

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Prendre soin des infirmières

Durant la pandémie, on a déploré la négligence envers les aînés, et les drames qui s’en sont suivi. Mais on oublie de mentionner que le nombre d’infirmières a diminué, dû au fait qu’elles sont épuisées, ayant fait du temps supplémentaire obligatoire depuis plus de vingt ans. Il y a une limite à l’épuisement, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que le premier ministre et le ministère de la Santé font pour changer cette pratique abusive ? On ne les entend pas. Ils évitent le sujet, comme si le problème était réglé. Les infirmières étant en majorité des femmes, il s’agit là de sexisme éhonté ! Nous paierons tous cher pour ces abus envers nos infirmières. Lentement mais sûrement, on les verra partir, c’est inévitable. Un autre effet pervers de cette situation, c’est que les candidates potentielles pour cette profession hésitent maintenant à s’inscrire à l’université ou au Cegep. On les comprend. 

D’un côté donc, le nombre d’infirmières en service diminue, et de l’autre, les candidates potentielles diminuent aussi. La conclusion me semble évidente. Vraiment désolant !

Pierrette Mongrain, Gatineau

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Du temps perdu ?

Tout allait bien ; tous les voyants étaient au vert quand soudain un puissant virus venu malencontreusement du pays de Gengis Khan a mis fin abruptement à la danse. Il fallut au plus vite contenir ses effets, mais les moyens de défense étaient inexistants. La seule stratégie disponible en fut une de prophylaxie qui consistait à s’éloigner de la source d’infection principale soit, les autres. Il fallait s’isoler. Cela a eu pour conséquence la désorganisation du travail ; la désorganisation de la vie au quotidien (famille ; école) et l’asphyxie des industries touristiques, des arts et de la culture dont l’ADN est fait d’interactions sociales. La vie s’est presque arrêtée. Nous avons suspendu le temps, qui s’écoulait quand même ; nous en avons perdu le fil. Nous ne pourrions plus désormais revenir en arrière. Il faudra bien repartir un jour et se mettre à nouveau en marche, mais par où commencer ? Encore une fois nous aurions besoin d’un Fil d’Ariane pour nous échapper du labyrinthe dans lequel nous nous sommes égarés. Nous ne pourrons pas reconstituer le passé. Nous devrons donc nous résigner à inventer de nouveaux modèles et nous adapter à une nouvelle vie.

Jacquelin Robin, Gatineau

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Merci Impératif français !

Même si L’Outaouais en Fête n’a pas pu se dérouler comme d’habitude, la Saint-Jean a été soulignée de plusieurs façons, dans le Vieux-Aylmer. D’abord, le 24 juin, le spectacle ambulant avec Émile Bilodeau et son groupe, pour le grand bonheur des familles. Quatre prestations musicales des Galeries Aylmer au parc des Cèdres. Puis un majestueux feu d’artifice le 10 juillet au parc des Cèdres, visible des balcons et jardins du voisinage, un spectacle à couper le souffle ! Toutes ces activités approuvées par la Ville de Gatineau et dans le respect des consignes sanitaires. En plus, sur les médias sociaux, la Fête nationale 2.0, encore disponible sur la page Facebook d’Impératif français, met en valeur plusieurs de nos artistes. Nous avons été gâtés !

Micheline Lemieux, Vieux-Aylmer

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Les dangers du vélo : suite

En réponse au commentaire de Daniel Letouzé (Les dangers du vélo, Le Droit, 11 juillet 2020), je confirme que l’attrait du vélo connait un essor extraordinaire depuis le début de la pandémie. Adepte du vélo surtout lors des vélos-dimanches, j’en suis déjà à plus de 45 sorties depuis la mi-mars. Si je suis d’accord au sujet de la désinvolture et de la négligence de certains cyclistes qui ne respectent pas le Code de la route, je peux aussi vous assurer que certains automobilistes ne se préoccupent guère des cyclistes dont ils mettent parfois la vie en danger. En mars, pédaler dans les rues d’Ottawa était agréable, même en dehors des pistes cyclables balisées, car la circulation était peu dense. Mais depuis la reprise partielle des activités et du travail, c’est redevenu un risque permanent qui exige toute notre concentration, car non seulement on se fait souvent tasser près des trottoirs (par non-respect de la distance légale lors d’un dépassement), mais il faut aussi se méfier des voitures garées sur les pistes cyclables, des portières ouvertes sans regarder et des priorités non respectées aux intersections. J’ai été moi-même témoin ou victime de plusieurs incidents récemment et j’ai frôlé la catastrophe le 2 juillet. Je recommande aux cyclistes d’être encore plus attentifs et plus prudents et aux automobilistes de partager davantage la route avec les cyclistes qui vont être de plus en plus nombreux sur les routes à l’avenir pour favoriser des déplacements plus actifs et un Canada plus vert. 

Jean-Luc Malherbe, Ottawa

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Pouvoir et incohérence 

Quand une baleine quitte l’océan pour chercher refuge dans un fleuve d’eau douce, quand le mercure s’emballe ou que les eaux débordent de leur lit. Alors que des espèces disparaissent à tout jamais sur terre et dans les mers, qu’une pandémie décime des humains par milliers et que des enfants meurent de malnutrition ou que des humains vivent dans les rues faute de gîte, que la pollution étouffe la planète, que le cancer prolifère et que les terres arables se dessèchent. Le gouvernement fédéral, deux mois à peine après la création du refuge marin, n’a mieux à faire que de projeter vingt forages dans une zone marine protégée pour y chercher quoi ? Du pétrole ! Là où prolifèrent plusieurs espèces de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins dont « trente-six espèces désignées comme en péril ou préoccupantes sur le plan de la conservation. » Malgré tout, quatre permis d’exploration pour BP, projet de trente-huit forages par Chevron et Equinor dans « plusieurs zones d’importance écologique et biologique ou vivent des espèces menacées » ont la faveur du gouvernement Trudeau qui, malgré l’avis du biologiste Alain Branchaud, spécialiste de la protection des milieux naturels, finasse au nom de la relance économique pour lever le drapeau blanc.

Sylvia Pelletier-Gravel, Gatineau

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La p’tite vite

« En réalité, il s’agit d’une perte inestimable pour le patrimoine religieux, bâti, culturel et paysager de l’Outaouais pour les générations à venir ». (dénonciation de la démolition de l’église, Le Droit, 11 juillet 2020) Espérons que ce constat fatal sur la démolition de l’église Saint-Andrew de Cantley, le président de la Société d’histoire de l’Outaouais Michel Prévost n’aura pas à le réitérer à l’imminente démolition du pont Alexandra. La CCN n’en dit toujours rien. C’est Mathieu Bélanger du Droit qui nous l’a apprise l’an passé. Souhaitons que l’avenir du pont ne s’échafaudera pas sur les seuls doigts des compteurs de « chars » et que la CCN ne nous fera pas le coup de la « p’tite vite », cette consultation publique sur les plaines Le Breton fixée quelques jours seulement après le dévoilement des projets soumis. Elle n’a pu produire que des réactions épidermiques. Alexandra a été le pont à poutres cantilever le plus long au monde avant la construction du pont de Québec. Il est tellement unique que la Société canadienne de génie civil l’a désigné lieu historique national. Depuis 119 ans, le pont a relié le Québec et l’Ontario par train, tramway, véhicule, à pied et à vélo. Il constitue avec la colline parlementaire le marqueur emblématique de l’identité d’Ottawa-Gatineau. Québec ne serait pas Québec sans son pont de Québec, Montréal, sans son pont Jacques-Cartier, Ottawa-Gatineau, sans leur pont Alexandra.

Pascal Barrette, Ottawa

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La rue Clarence trop achalandée

Nous étions sur la rue Clarence et avons noté sur les terrasses la présence de plusieurs clients de Gatineau. (Achalandage sur la rue Claurence : la ville a reçu plusieurs plaintes, Le Droit,  juillet 2020) Nous avons aussi observé que plus de la moitié des stationnements publics du marché By étaient remplis de licences du Québec. Dans le présent contexte de pandémie, considérant que c’est le Québec qui détient la palme des cas de COVID-19, il serait apprécié, pour l’instant, que les Québécois consomment chez eux. En Ontario, on ne chiale pas sur le port du masque dans les endroits publics fermés, dans les transports en commun, dans les restaurants et bars, et la majorité de la population suit la consigne du gouvernement provincial et du ministère de la Santé.

Pierre Boutet, Ottawa