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Laissés-pour-compte dans le budget fédéral

OPINION / À Mélanie Joly, ministre du Tourisme des Langues officielles et de la Francophonie, À Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme,

L’Association de la presse francophone (APF) et Quebec Community Newspapers Association (QCNA) attendaient le dépôt du Budget 2019 du gouvernement fédéral avec beaucoup d’espoir. Depuis 2016, l’APF et QCNA ont partagé leurs attentes avec le gouvernement afin que les journaux de nos communautés de langues officielles en situation minoritaire (CLOSM) puissent continuer de protéger la démocratie et servir l’intérêt public au sein de leurs communautés respectives.

Les mesures proposées dans votre budget pour le Soutien au journalisme canadien démontrent que le gouvernement n’a pas tenu compte des journaux canadiens les plus vulnérables, ceux qui desservent les CLOSM dans les 10 provinces et 3 territoires du Canada. Les critères d’admissibilité proposés pour une organisation journalistique canadienne admissible ne tiennent pas compte des besoins et des réalités des plus petits journaux. 

En raison des décisions prises par le gouvernement fédéral dans la dernière décennie, notamment la quasi-disparition de la publicité fédérale dans les médias des communautés de langues officielles en situation minoritaire, la majorité de nos journaux ont été contraints d’adapter leur modèle d’affaires en diminuant le nombre de journalistes, Or, pour être admissible au crédit d’impôt, le média doit employer au moins deux journalistes à au moins 26 heures par semaine. Le média ne pourra pas non plus avoir accès au crédit d’impôt s’il bénéficie déjà d’une subvention du programme Aide aux éditeurs du Fonds du Canada pour les périodiques. Ces critères disqualifient plusieurs de nos journaux deux fois plutôt qu’une.

Pourtant, la partie VII de la Loi sur les langues officielles oblige les institutions fédérales à appliquer, lorsqu’ils développent des programmes et services, des critères qui tiennent compte des réalités et des besoins des communautés de langues officielles en situation minoritaire. 

Les médias communautaires jouent un rôle essentiel dans le développement et l’épanouissement de ces communautés et sont souvent la seule source d’information écrite de langues officielles en situation minoritaire de toute une province ou un territoire. Le rapport du Comité permanent du patrimoine canadien de juin 2017 en fait d’ailleurs éloquemment foi. Les conclusions du rapport final d’enquête du Commissariat aux langues officielles abondent dans le même sens. 

Si le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 nous proposait un certain appui pour mieux desservir les communautés de langues officielles en situation minoritaire en matière de journalisme civique, les mesures ne répondent que partiellement aux besoins criants de nos journaux, qui malgré leurs efforts soutenus n’arrivent pas à couvrir les pertes substantielles des dix dernières années.

À ce stade-ci, le statu quo n’est pas acceptable puisqu’il fera en sorte que les plus vulnérables seront moins bien servis et que certains de nos médias ne survivront pas. Nous communiquerons avec votre bureau dans les prochains jours afin d’obtenir une rencontre d’urgence afin d’identifier, avec vous, des solutions gagnantes pour veiller à ce que le gouvernement respecte ses obligations en vertu de la partie VII de la LLO et permette aux journaux communautaires de langues officielles en situation minoritaire de profiter des mesures positives de Soutien au journalisme canadien annoncées dans votre budget cette semaine.

Francis Sonier, président de l’Association de la presse francophone

Lily Ryan, présidente intérimaire de Quebec Community Newspapers Association

L'actualité sous la plume de Bado

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Les cellulaires en salle de classe

Je suis certaine ne pas être le seul parent en faveur du retrait des téléphones cellulaires de la salle de classe. (Interdire le cellulaire ne règlera rien, Le Droit, 13 mars 2019) Dans une chronique suivant l’annonce du gouvernement de l’Ontario, M. Duquette disait que celui qui n’a jamais consulté son cellulaire au volant lance la première pierre. Justement, des lois l’interdisent parce que nous avons reconnu le danger de le faire. Comme il est dangereux, selon moi, de ne rien faire pour remettre un peu d’équilibre dans les salles de classe. C’est aussi une question de bon sens (il est impossible pour le cerveau de se concentrer à la fois sur la dernière vidéo sur YouTube et sur ce que dit l’enseignant) et une question de respect (qui n’a jamais pesté contre ce collègue qui ne cesse de vérifier ses messages pendant une réunion). Une fois la poussière retombée, l’enseignant qui veut l’utiliser comme outil d’apprentissage pourra certainement le faire à l’occasion. Mais l’interdiction générale fera en sorte que nos jeunes pourront, pendant quelques heures par jour, se détacher des médias sociaux pour se reconnecter au moment présent.

Natalie Lavigne, Ottawa


Pourquoi détruire notre Brooklyn Bridge ?

Bravo au Droit pour cette exclusivité au sujet de la démolition probable de notre vaillant et beau pont Alexandra ; du beau travail de journalisme. (Le pont Alexandra sera démoli, Le Droit, 18 mars 2019) Mais que c’est triste ! Qui a décidé ça ? New York démolirait-il son Brooklyn Bridge ? Le pont Interprovincial, Alexandra de son nom, a été construit en 1900. C’est NOTRE Brooklyn Bridge. Comment osent-ils ? Québec a gardé son pont et a construit le pont Pierre-Laporte juste à côté. Pourquoi ne pourrions-nous pas en faire de même ?

Jacques Dufault, Orléans

La caricature de Côté du 22 mars

La caricature de Côté du 22 mars
André-Philippe Côté

Pierre Jury

Généreux, mais prudent

ÉDITORIAL / Le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec a commencé à tenir ses promesses électorales, et promet de poursuivre cette route au cours des prochaines années. Mais en aura-t-il les moyens ?

Le ministre des Finances Éric Girard a livré un premier budget généreux, mais prudent. Il met l’accent sur les principales priorités de son gouvernement : la taxe scolaire, les maternelles 4 ans, les frais de garde, et les aînés. Il le fait avec précaution, préférant des mesures partielles et progressives. Il ouvre son jeu, mais avec retenue.

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Ne touchez pas à notre pont

C’est une grosse bombe qui vient de nous tomber dessus. (Pont Alexandra : la démolition provoque la stupéfaction à Gatineau, Le Droit, le 18 mars 2019) Quel mépris à l’égard de la population de Gatineau qui a appris lundi matin, par le journal Le Droit, que « le pont Alexandra sera démoli d’ici cinq à dix ans ». Le plus choquant, c’est d’apprendre que cette décision a été prise en catimini, sans aucune consultation auprès de la population. Pourtant, comme d’habitude, c’est la population de Gatineau qui écopera des inconvénients et des pertes énormes à la suite de cette décision. Ce pont nous appartient. Et nous voulons avoir notre mot à dire sur ce qu’il faut en faire. Notre préoccupation est qu’il soit sécuritaire. Le détruire n’a jamais effleuré nos esprits. Nous l’aimons à pied, à vélo ou en voiture, ce pont, qui nous donne une vue incomparable sur la rivière. Jamais un pont en béton ne pourra remplacer cela. D’ailleurs, la Tour Eiffel n’est-elle pas en métal ?

Rachel Gaudreau, Gatineau

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Des propos grossiers

Votre correspondant Gilles Perron de Lac Sainte-Marie a réussi à mettre son nom dans le journal pour défendre l’ancien premier ministre Brian Mulroney pour sa bévue monumentale envers la députée Amanda Simard. (Chercher des poux, Le Droit, 19 mars 2019) Qu’il ait été un grand premier ministre selon ses dires, ce qui n’est certes pas partagé par tous, n’excuse pas l’ancien premier ministre d’avoir été grossier envers une autre personne. Il est inexcusable qu’une personne de sa notoriété s’abaisse ainsi, même s’il a présenté des excuses. Ce n’est pas chercher des poux, c’est uniquement pour souligner que les gens, peu importe qui ils étaient ou sont devenus, doivent assumer leurs gestes et paroles. Qu’ils en subissent les conséquences.

Jacques Henri, Gatineau

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Mettre un frein définitif à la publicité destinée aux enfants

OPINION / J’étais très heureux de découvrir le Guide alimentaire canadien revu et amélioré. Entre autres, il met en garde contre la publicité alimentaire. Santé Canada a clairement indiqué que l’industrie n’a pas participé au processus de révision, laquelle exerce malheureusement une influence dans d’autres volets de la stratégie fédérale en matière de saine alimentation. De puissants lobbyistes font pression pour défendre leurs propres intérêts. Ils semblent avoir l’attention de notre Sénat puisqu’ils sont parvenus à repousser le vote définitif sur le projet de loi S-228, qui prévoit restreindre la publicité d’aliments et de boissons de faible qualité nutritive visant les enfants de 12 ans et moins. J’avais d’ailleurs écrit un article sur les arguments trompeurs qu’utilise l’industrie pour faire dérailler le projet de loi. En voici la suite.

Argument: Les aliments de faible qualité nutritive porteront la mention «malsain».

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La langue de chez nous

OPINION / Ma sortie du placard s’est faite tout simplement. Sans tambour ni trompette, j’ai annoncé à mon entourage mon orientation sexuelle. Il y avait dans cette déclaration un acte immensément libérateur : je cessais — enfin ! — de vivre dans la honte.

Et pourtant, m’y revoici. Le moteur a chauffé trop longtemps. Il est temps de faire mon deuxième coming-out.

La caricature de Côté du 20 mars

La caricature de Côté du 20 mars