Cent jours de COVID-19 à Ottawa

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Cent jours de COVID-19 à Ottawa

OPINION / Hier a marqué le 100e jour depuis le 12 mars, date à laquelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la COVID-19 était une pandémie – une première depuis la création de l’organisation, en 1948. Le 11 mars, Santé publique Ottawa confirmait la présence de la COVID-19 dans la communauté. Puis le 17 mars, le premier ministre Doug Ford déclarait l’état d’urgence dans la province de l’Ontario.

En un clin d’œil, la population d’Ottawa a été frappée par l’un des plus importants défis de la génération. La vie telle que nous la connaissions était bouleversée à mesure que les villes, les villages et les municipalités mettaient fin à leurs activités. Les entreprises et les commerces fermaient leurs portes, entraînant ainsi un ralentissement économique sans précédent. Les habitants étaient confinés chez eux sans savoir ce que l’avenir leur réserverait.

De toute évidence, nous devions agir vite pour protéger les résidents contre la COVID-19. En réponse, le personnel et les ressources de la Ville ont été rapidement redéployés pour répondre aux besoins essentiels de notre communauté. Nous avons élargi nos services en ligne et à distance afin de pouvoir continuer à servir nos résidents pendant que la plus grande partie des effectifs municipaux travaillait à domicile.

L’intervention de la capitale nationale face à la pandémie a été extraordinaire grâce en grande partie au travail phénoménal des employés de Santé publique Ottawa et de nos partenaires locaux de la santé qui mettaient tout en œuvre, 24 heures par jour, pour assurer la sécurité de nos résidents. 

En un temps record, le Commandement des incidents de la région sanitaire de Champlain (CIRSC) a mis sur pied, en collaboration avec SPO, un centre d’évaluation qui a reçu jusqu’à présent plus de 30 000 personnes s’étant présentées pour des tests de dépistage. Peu après, deux cliniques de soins ont été ouvertes pour contribuer à réduire la pression pesant sur les salles d’urgence et les cliniques de médecine familiale.

Bien évidemment, notre capacité à aplanir la courbe repose finalement entre vos mains, à Ottawa ; vous avez d’ailleurs été à la hauteur du défi. Compte tenu de la grande patience et du grand respect dont ont fait preuve les résidents de la ville à l’égard des directives en matière de santé publique, la province a autorisé la capitale à passer à l’Étape 2 du plan de réouverture de la province. Cela nous a permis de redémarrer graduellement l’économie locale et de reprendre certains programmes municipaux. Ottawa est la plus grande municipalité de l’Ontario à avoir été autorisée à passer à l’Étape 2 de la réouverture. Nous en sommes arrivés là grâce aux efforts que vous avez déployés pour aplanir la courbe. 


Le Québec post-pandémie: Rêvons à ce monde d’après

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Le Québec post-pandémie: Rêvons à ce monde d’après

OPINION / Le Réseau de la coopération du travail du Québec, appuyé par plus de 80 organisations œuvrant dans divers secteurs d’activité économique à travers la province, lance un appel à la population pour réfléchir au Québec d’après la pandémie de la COVID-19.

La crise sanitaire nous touche de plein fouet. Elle a un impact considérable sur les entreprises, les travailleurs et l’ensemble des citoyens.

L'impôt et nous

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L'impôt et nous

CHRONIQUE / C’est à coup de milliards de dollars que les gouvernements s’endettent actuellement pour répondre à la pandémie de COVID-19. Si l’heure des bilans n’est pas encore arrivée, déjà, on se pose des questions à propos du remboursement de ces emprunts. Qui devra payer? Quand devra-t-on commencer à rembourser la dette? Pendant combien de temps?

Par le passé, les crises majeures ont mené à des changements de fiscalité importants. C’est pour rembourser la dette provoquée par l’effort de guerre que le gouvernement fédéral a instauré l’impôt sur le revenu des particuliers en 1917 (mais en fait, il ne ciblait que les très riches, la plupart des contribuables étant exemptés de payer cet impôt). La Deuxième Guerre mondiale a mené à l’établissement de plusieurs programmes sociaux importants, encore en vigueur aujourd’hui, qui ont eu pour effet d’augmenter significativement les impôts de tous les contribuables canadiens. Est-ce que la pandémie actuelle fournira elle aussi l’occasion de modifier les politiques fiscales? Ce n’est pas impossible. Mais ce n’est pas certain non plus.

Les études ont bien documenté le lien entre les grandes réformes fiscales et les crises majeures. Les contribuables ont une propension naturelle à ne pas aimer les impôts. Par contre, leurs réticences diminuent pendant des crises… justement parce qu’il y a crise. On consent à fournir un effort supplémentaire pour répondre à une situation exceptionnelle. Mais pour que les réformes durent dans le temps, elles doivent continuer à recevoir l’appui de la population. C’est là que réside la principale difficulté. Pourquoi continuer à payer des impôts élevés lorsque les choses vont bien?

Dans les pays où les connaissances de la population à propos de la fiscalité sont plus développées, on remarque que les gouvernements font moins de déficits tout en ayant des impôts et des dépenses plus élevés. Une population informée est moins méfiante envers les autorités publiques, accepte plus volontairement de payer ses impôts et appuie davantage les réformes fiscales de son gouvernement.

À vous la parole

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Le cas des infirmières

Quand il parle de la situation des infirmières, le gouvernement Legault prend bien soin de ne pas mentionner qu’elles font du temps supplémentaire obligatoire depuis plus de vingt ans. 

M. Legault a-t-il oublié ce «détail»? Inévitablement, cette pratique abusive continuera d’être appliquée. 

Les infirmières, devenant exténuées, quitteront l’une après l’autre, comme elles le font depuis vingt ans. Non seulement le gouvernement n’atteindra pas son but, mais il aura empiré les choses. 

Qui a dit que l’égalité hommes-femmes était presque chose faite?

Pierrette Mongrain, Gatineau

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Le danger du télétravail

La plupart des employés de la fonction publique ont les installations nécessaires au bureau, afin de travailler plusieurs heures en limitant les problèmes de posture liés à un poste de travail mal adapté (type de chaise, positionnement de l’ordinateur, équipements de communication adaptés). 

Malheureusement, très peu de personnes travaillant à la maison ont le même type d’installation. Le danger est une accumulation marquée de problèmes de santé (dos, poignets, coudes, épaules, vision). 

Si nous parlons d’augmenter le travail à la maison, il faudra permettre aux travailleurs de s’équiper de la même façon qu’au bureau. L’employeur devra donc investir, ou permettre des crédits d’impôt pour adapter l’environnement de travail à la maison. 

Si les gens sont laissés à eux-mêmes pour organiser leur poste de travail, les coûts reliés aux problèmes de santé seront très élevés. 

Joël Desrosiers, entraîneur, Gatineau

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Les ponts de l’Outaouais

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article sur les ponts de l’Outaouais de Raymond Ouimet (Le Droit, 6 juin 2020). On remarque que tous les ponts de l’Outaouais ont été bâtis dans l’ouest, sauf celui de Grenville. 

Donc ma question aux élus de tous les paliers des gouvernements: à quand un pont entre Hull et Grenville? 

Je crois que la population de Gatineau-Masson-Angers-Buckingham mérite un pont bien avant Aylmer! 

Ma suggestion: bâtissons un pont à la hauteur d’Orléans et envoyons notre traversier à Aylmer pour
50 ans!

Richard Fournier, Gatineau

Accès à Internet: un service essentiel

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Accès à Internet: un service essentiel

OPINION / Monsieur le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault,

Au XIXe siècle, le Canada s’est uni sous le chemin de fer. Dans les années 60-70, le gouvernement de l’Ontario électrifiait toute la province. D’ici 2022, unissons le pays avec Internet.

Le confinement lié à la crise sanitaire a démontré à quel point l’accès à un service d’Internet de qualité n’est plus un luxe, mais bien un service essentiel. 

Depuis le début de la crise de la COVID-19, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario travaille afin de cerner les besoins de ses organisations. À cet effet, nous avons  publié les résultats de deux sondages: le premier concernant l’impact de la COVID-19 sur nos organisations et le deuxième sur la relance économique. 

Depuis le début de la crise, trois organisations franco-ontariennes sur quatre (secteurs privé, communautaire et institutionnel) ont adopté le télétravail. Près d’une organisation sur dix offrent des services ou des ventes par Internet, ce qu’elles ne faisaient pas avant la crise.

Toutefois, les organisations du nord et du sud-ouest de l’Ontario utilisent moins le télétravail que celles du centre et de l’est en raison, en grande partie, du manque d’accès à un réseau internet fiable dans ces régions. Les francophones étant plus présent.e.s proportionnellement dans les régions rurales et éloignées que la population générale représente un défi supplémentaire pour notre communauté.

Cette problématique n’est pas nouvelle! Publié en 2017, le Livre blanc sur les médias francophones en Ontario recommandait déjà que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) assure une capacité de 25 Mbp/s et de 5 Mbp/s partout au pays d’ici 2022. Nous devons unir le pays en ligne d’un océan à l’autre pour la reprise économique! Le marché mondial étant compétitif, le manque d’accès à Internet est un frein incontestable à l’économie de plusieurs de nos communautés.

L’AFO croit qu’il est essentiel que le gouvernement du Canada s’assure que tout le pays est branché avec un service de qualité. La crise sanitaire a démontré que l’internet est essentiel pour le développement économique et également, pour l’enseignement à distance en temps de crise, comme le soulignait le gouvernement de l’Ontario. Malheureusement, ce type de service est peu fiable ou inexistant pour plusieurs Franco-Ontarien.ne.s. 

En espérant vous avoir appuyé dans votre réflexion sur ce sujet, je vous prie d’agréer, monsieur le Ministre, mes salutations distinguées.

L'auteur du texte est Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

Gatineau peut protéger ses milieux humides

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Gatineau peut protéger ses milieux humides

OPINION / En cette Journée mondiale de l’environnement, qui marque aussi symboliquement la fin de la consultation publique sur la révision du plan d’urbanisme de la Ville de Gatineau, nous sommes face à une opportunité importante de poser des gestes concrets pour la protection de nos milieux naturels.

Parmi les actions à portée de main, un très bon point de départ serait d’accroître la conservation des milieux humides restants à Gatineau. Selon un rapport publié par Canards Illimités Canada et le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques en 2017, le territoire de Gatineau comprend 5 293 hectares de milieux humides, soit 9,8% de sa superficie. L’utilité des milieux humides n’est plus à démontrer : ils abritent une riche biodiversité, ils assurent la qualité de l’eau en la filtrant et ils agissent comme des éponges pour retenir les surplus d’eau, diminuant ainsi les risques d’inondation et d’érosion des rives. Dans une ville comme Gatineau, qui a eu à subir des perturbations climatiques destructrices à plusieurs reprises dans les dernières années, ces services écologiques ne sont pas à prendre à la légère.

À LIRE AUSSI : Gatineau veut se substituer à Québec dans la protection des milieux humides

Alors que le plan d’urbanisme en cours d’élaboration mentionne que « la Ville de Gatineau dispose à l’heure actuelle de peu d’outils lui permettant de mieux protéger les arbres existants lors de travaux sur des propriétés privées », nous ne pouvons que saluer la volonté clairement affichée du conseil municipal de revoir la réglementation pour assurer une protection accrue de nos milieux naturels.

La bonne nouvelle est que la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme autorise les municipalités à protéger les milieux humides sur leur territoire. La Ville de St-Lazare a modifié son règlement de zonage en 2019 afin « d’interdire le remblai, le déblai, le drainage et l’extraction de tous milieux humides sur l’ensemble du territoire de la Ville ». En ce moment même, la Ville de Laval est en voie d’adopter un règlement de contrôle intérimaire qui interdira toutes interventions, toutes constructions, tous ouvrages, tous travaux et toutes activités à l’intérieur et à proximité des milieux humides d’intérêt sur son territoire. Cela ne représente pas moins de 1062 hectares, soit environ deux tiers de tous les milieux humides de Laval, dont 58% à l’intérieur du périmètre urbain.

Gatineau ne doit pas être en reste dans l’adoption d’une réglementation ambitieuse pour la protection de ses milieux naturels. Dans le cadre des travaux de concordance qui se termineront en octobre, nous proposons:

1) que l’interdiction de destruction des milieux humides dans les écoterritoires et les corridors verts, sauf pour les travaux d’utilités publiques, qui est prévue au schéma d’aménagement soit incluse dans le règlement de zonage;

2) que l’on ajoute cette contrainte aux nouveaux développements, particulièrement ceux qui seront soumis à l’encadrement règlementaire des projets d’envergure, et que cela prévoit une zone tampon et des critères de connectivité pour assurer la santé des milieux humides;

3) que la Ville de Gatineau identifie rapidement les milieux humides d’intérêt sur son territoire afin d’adopter des mesures similaires à celles de Laval dans le cadre de l’élaboration de son Plan régional de gestion des milieux humides et hydriques, qui doit être complété d’ici 2022 en vertu de la Loi. D’ici l’adoption de ce Plan, la Ville aurait avantage à se doter d’un règlement de contrôle intérimaire limitant la destruction des milieux humides sur son territoire, tout comme le fait Laval présentement.

La mobilisation citoyenne en faveur de la protection des espaces verts dans les derniers mois démontre que le conseil municipal a un appui fort de la population pour aller en ce sens. Les outils réglementaires existent et ils doivent être utilisés, surtout dans un contexte de pression énorme pour le développement. Il en va de notre qualité de vie à tous et toutes.

Les auteurs du texte sont: 

Marianne Strauss

Directrice générale

Fondation forêt Boucher


Jérôme Dupras

Professeur

Isfort - Institut des Sciences de la Forêt tempérée

Université du Québec en Outaouais


François Lorenzetti

Professeur

Isfort - Institut des Sciences de la Forêt tempérée

Université du Québec en Outaouais


Benoit Gendreau-Berthiaume

Coordonnateur

Isfort - Institut des Sciences de la Forêt tempérée

Université du Québec en Outaouais


Monique Boivin

Présidente

Club des ornithologues de l’Outaouais


Yvan Liben

Président

Mycologues amateurs de l’Outaouais


John McDonnell

Directeur général

Société pour la nature et les parcs du Canada – Section Vallée de l’Outaouais


Réal Lalande

Coordonnateur

Action Climat Outaouais


Jean-François Lacombe

Président

Les Amis de la marina d’Aylmer


Claude Naubert

Président

Association des résidents du quartier Jubilée


Sandra Lemaire

Présidente

Association des résidents du Vieux-Moulin


Christiane Thérien

Présidente

Les Amis de Wychwood


Élise Legault

Présidente

Association Village Victor-Beaudry


Howard Powles

Président

Association des résidents de Deschênes


Darquis Gagné

Président

Association des résidents du Parc Champlain et des environs


Alain Paradis

Président

Association des résidents de la terrasse Lakeview


Larry Prickett

Président

Association communautaire La Croisée


Bettyna Bélizaire

Présidente

Association des résidents du Plateau


Réjean Laflamme

Président

Association des résidents Parc de la Montagne


Marie-Josée Coulombe

Présidente

Association citoyenne de Val-Tétreau


François-Yannick Vézina

Président

Association des résidents des Jardins Taché


Olive Kamanyana

Présidente

Association des résidents du quartier du Carrefour-de-l’Hôpital


Pierre Dumoulin

Président

Association des résidents de Limbour


Diane Paré

Présidente

Association pour la protection de l’environnement de Limbour

Des étiquettes simples sur le devant de l’emballage SVP

La Voix des lecteurs

Des étiquettes simples sur le devant de l’emballage SVP

LA VOIX DES LECTEURS / La situation actuelle nous rappelle l’importance de la santé et de sa précieuse valeur. Les bouleversements engendrés par la pandémie sont nombreux et leurs effets sur les habitudes de vies et de consommation de la population sont inquiétants. À ce jour, les données disponibles démontrent que les personnes atteintes de maladies chroniques sont plus vulnérables aux complications de la COVID-19.

Une alimentation riche en éléments nutritifs peut aider à maintenir un système immunitaire fort et prévenir les problèmes de santé. Considérant le contexte actuel, l’importance du fardeau des maladies chroniques au pays et le rôle de l’alimentation qui lui est associé, il est plus que jamais nécessaire de fournir une information fiable, claire et facile à repérer sur le devant de l’emballage des produits alimentaires pour faciliter un choix éclairé.

Toujours en marche pour l’égalité des femmes

Point de vue

Toujours en marche pour l’égalité des femmes

POINT DE VUE / Il y a 25 ans, le 4 juin 1995, l’une de nous deux avait sept ans et l’autre marchait avec des centaines de femmes depuis Montréal, Longueuil et Rivière-du-Loup jusqu’à l’Assemblée nationale pour en rejoindre des milliers d’autres qui les attendaient pour faire entendre leurs préoccupations. 

La Marche Du pain et des roses a démontré la force mobilisatrice des femmes du Québec. Ce grand mouvement, qui dénonçait la pauvreté et les inégalités vécues par les femmes, a permis plusieurs avancées sur le salaire minimum, les pensions alimentaires, le parrainage des femmes immigrantes et une loi sur l’équité salariale. Il faut être fières de cette mobilisation.

Malheureusement, un quart de siècle plus tard, on doit bien constater que l’égalité n’est pas encore atteinte. Trop de femmes vivent encore dans la précarité, la pauvreté et l’exclusion, en particulier les femmes des minorités visibles et celles en situation de handicap. Les statistiques témoignent du chemin qui reste à parcourir pour atteindre l’égalité: trois familles monoparentales sur quatre sont dirigées par des femmes, le salaire hebdomadaire moyen des femmes travaillant à temps plein correspond à 86% de celui des hommes et elles sont deux fois plus nombreuses que les hommes à occuper un emploi à temps partiel.

La crise de la COVID-19 nous a aussi rappelé cruellement à quel point les femmes sont encore majoritaires dans les emplois liés aux soins, où elles oeuvrent dans des conditions extrêmement difficiles. Elle nous a aussi rappelé combien notre société dépend du travail invisible des femmes, qui est toujours largement sous-valorisé. On a vu, par exemple, à quelle vitesse les soins se sont dégradés pour les aînés lorsque les proches aidants ont été interdits dans les CHSLD, ou combien on a compté sur les parents, le plus souvent les mères, pour prendre en charge les enfants et leur éducation dès la fermeture des écoles et des services de garde. Les « anges gardiens » qui nous ont permis de passer à travers cette crise sont principalement des femmes. Ce sont elles qui étaient sur la première ligne dans les hôpitaux, les CHSLD, les établissements scolaires, les services de garde, les commerces essentiels ou au sein de leur famille. 

Comment peut-on justifier, après des décennies de lutte, de faire encore face à autant d’inégalités? Il est plus que temps de répondre aux demandes laissées en suspens depuis cette marche et nous devons nous servir de la prochaine relance économique pour y arriver. 

Pour rendre justice aux femmes qui portent le poids du fonctionnement de notre société et de nos familles sur leurs épaules, Québec solidaire propose d’intégrer au plan de relance des mesures qui vont véritablement nous permettre de réduire les inégalités. Les femmes ont assez attendu.

Augmentons dès maintenant le salaire minimum à 15 $ de l’heure pour réduire la pauvreté et la précarité de nombreuses femmes, particulièrement les femmes immigrantes. Créons 10 000 logements sociaux et abordables par année pour rattraper le retard pour toutes ces années où rien n’a été fait, alourdissant le fardeau de plusieurs femmes, dont celles issues des minorités visibles et les femmes autochtones. Améliorons les conditions salariales des emplois qui consistent à prendre soin des autres, parce que la valorisation de ces métiers doit aller au-delà des remerciements. Rendons enfin obligatoire la rémunération de tous les stages nécessaires à l’obtention d’un diplôme, afin que les étudiantes n’aient plus à choisir entre réussir leur stage ou payer leur loyer. 

Depuis 25 ans, le combat pour l’égalité s’est poursuivi, s’enrichissant de nouvelles préoccupations féministes, notamment pour l’intersection des oppressions. Notre lutte n’est pourtant pas si différente aujourd’hui de celle des femmes qui réclamaient il y a 25 ans du pain et des roses pour toutes les femmes. Il est grand temps de donner enfin réponse à ces revendications pour de meilleures conditions économiques et une meilleure qualité de vie, parce que nous voulons vivre dans un Québec qui ne laisse personne derrière. 

«Le racisme est parmi nous»

Votre opinion

«Le racisme est parmi nous»

Je souhaiterais formuler quelques observations sur les événements tragiques qui se sont produits aux États-Unis.

Le meurtre de George Floyd a ébranlé, fâché, blessé et dégoûté de nombreux Ottaviens et Canadiens.

Chers Ottaviens, ne relâchez pas vos efforts maintenant

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Chers Ottaviens, ne relâchez pas vos efforts maintenant

Bien que certains progrès soient réalisés, un vaccin ou un traitement contre la COVID-19 n’est pas envisageable dans l’immédiat. Cela signifie que nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus à Ottawa dans un avenir prévisible.

Heureusement, nous pouvons tous prendre des mesures pour nous protéger, ainsi que nos proches, nos voisins et nos amis. Nous mettons déjà en pratique certaines de ces mesures et, par conséquent, Ottawa a évité certains des scénarios plus catastrophiques auxquels d’autres municipalités sont confrontées. La population d’Ottawa a le mérite d’avoir suivi les protocoles qui ont été mis en place. Mais nous ne pouvons pas relâcher nos efforts maintenant.

Un bel après-midi de déconfinement à la plage

Points de vue

Un bel après-midi de déconfinement à la plage

POINT DE VUE / Je me trouvais, un après-midi de mai, allongée sur une des plus belles plages de ma région. Le soleil, très haut dans le ciel, me chauffait la peau comme en plein mois de juillet.

C’était en effet un de ces premiers week-ends de chaleur annonçant l’été. Le ciel était bleu, des gens se promenaient le long de la plage, des petits bateaux de pêche commençaient à affluer à la marina et des amis se retrouvaient sur la plage pour partager leurs histoires. À certains moments, quelques kayaks et planches de paddle faisaient leur apparition à une cinquantaine de mètres du rivage tandis qu’à d’autres moments des cyclistes ou familles passaient en vélo dans le parc qui bordait la plage. Tous riaient, profitaient du soleil et semblaient heureux de passer une aussi belle journée au bord de l’eau. 

C’était un de ces moments magiques où, avec cette chaleur nouvelle, cette gaieté ambiante et la reprise des activités estivales, on ne pouvait profiter que de l’instant présent et le savourer, comme si cela faisait une éternité que nous n’avions pas connu un moment aussi simple et agréable à la fois.

Cela faisait en effet deux semaines que le processus de déconfinement de la province avait commencé. Après presque deux mois d’isolement à la maison, les gens semblaient heureux de pouvoir socialiser de nouveau, recommencer certaines activités, sortir pour profiter du beau temps et apprécier un si bel après-midi, sans se soucier des évènements qui les avaient tant bouleversés les semaines précédentes. Épidémie, deuils, pertes d’emploi, drames dans les CHSLD, arrêt de l’économie, course incessante des gouvernements aux masques, etc., chacun avait en effet surmonté ses propres épreuves durant la crise. Mais tous semblaient ce jour-là sur la même longueur d’onde et plus paisibles que jamais, comme si cette magnifique journée ensoleillée les avait plongés dans un rêve le temps de quelques heures.

J’étais moi-même profondément immergée dans ce rêve jusqu’à ce qu’un cri non loin de moi me précipite de nouveau dans la réalité. Cette exclamation venait en effet d’une jeune fille, assise au sein d’un groupe de jeunes, à une dizaine de mètres de ma serviette, lorsqu’elle aperçut marcher sur la promenade un de ses amis. 

Celui-ci vint vers elle et s’assit au sein du groupe, agrandissant le cercle déjà tracé, et entama de nombreuses discussions avec les autres jeunes. C’est alors qu’une multitude de questions me traversa la tête en observant tour à tour le groupe de jeunes et les autres individus sur la plage : «Est-ce que le groupe de jeunes assis en cercle chacun sur leur serviette respecte assez la règle de la distanciation sociale? Ont-ils véritablement le droit d’être réunis ici aussi nombreux? Est-ce que les cinq enfants qui jouent au ballon aux abords du parc sont de la même famille et vivent sous le même toit? Est-ce que la mère de famille qui vient de jeter son gobelet de crème glacée en soulevant le couvercle de la poubelle à l‘entrée de la plage s’est bien nettoyé les mains avant de s’occuper de son jeune enfant? Est-ce que les gens qui ne portent pas de masque sur la plage sont plus à risque de contracter le virus? Mais au fait, pourrons-nous même nous baigner cet été? Si oui, devrons-nous nager en gardant toujours deux mètres de distance avec les autres?» 

D’autres interrogations plus habituelles telles que «Quand réussirons-nous à retrouver une vie normale?» et «Pourrons-nous vraiment retrouver la vie que nous avons toujours connu avant?» ont alors resurgi et m’ont fait passer en quelques minutes d’un état de complète plénitude à une anxiété extrême. 

Alors, avec l’étourdissement soudain causé par toutes ces interrogations répétitives et que je ne saurais oublier pendant des années, je me suis rallongée sur ma serviette et j’ai fermé les yeux. 

Le soleil continuait de chauffer ma peau et j’entendais de nouveau les gens rire autour de moi. C’est alors que je me suis sentie de nouveau apaisée et que j’ai souri en pensant : «Profite de ce moment si rare et précieux, profite de la chance que tu as aujourd’hui d’être ici! Mets tes craintes de côté et ais confiance en la vie! Fais confiance aux gens pour respecter les consignes, au gouvernement pour prendre les bonnes décisions et à la science pour trouver un remède, car c’est ensemble et seulement ensemble qu’un meilleur avenir se profilera à l’horizon!»

Victoria Gaudry est diplômée de la maîtrise en Études internationales de l’Université Laval. Agente des programmes pour l’organisme French for the future à Ottawa, elle est également analyste en politique étrangère et en sécurité pour le média axé sur les affaires internationales Horizons Stratégiques.

À vous la parole

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À vous la parole

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Finesse et intelligence

J’ai appris en lisant Le Droit qu’après 35 ans de carrière, «Pierre Jury a décidé de poser sa plume et son calepin». Je ne saurais passer cela sous silence. En effet, en tant que lecteur assidu du Droit depuis de nombreuses années, j’ai pu apprécier la finesse et l’intelligence de ce chroniqueur. À la page éditoriale de ce journal, il a su traduire en termes simples des enjeux éminemment complexes et a nourri ses lecteurs et lectrices, dont je suis, de ses réflexions et analyses à la fois inspirées et pointues. Je lui souhaite la meilleure des chances dans ses futures entreprises, lesquelles seront sans aucun doute à la hauteur de son talent.

Benoît Pelletier, professeur, ex-député et ministre

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Des félicitations

Un mot pour féliciter M. Jury pour l’excellence de son travail tout au long de sa magnifique carrière. Un journaliste et un éditorialiste d’une éthique remarquable. Je vous souhaite, M. Jury, une suite à la mesure de vos désirs. Merci d’avoir toujours transmis l’information et la critique en respectant les personnes, et en rapportant la vérité, essentielle dans un pays démocratique comme le nôtre.

Gisèle Chauret Brulé, Gatineau.

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Bien visé!

La distanciation change même la photo journalistique. À preuve celle très réussie d’Étienne Ranger de cinq membres de la Plateforme agricole de L’Ange-Gardien (Le Droit, 16 mai, page 5). Avant, les photographes collaient les membres d’un groupe pour bien remplir le cadre. Étienne fait autrement. Il distancie chaque sujet dont il accentue la personnalité par sa position, sa posture, son port de vêtements. Restons dans le thème, il ne fait pas dans le rang d’oignons mais dans l’individuation, l’autonomie, ici abritée sous une même tente. Bien visé!

Pascal Barrette, Ottawa

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Merci au personnel

Suite à une fracture de la clavicule, j’ai été hospitalisée à l’hôpital de Hull pendant trois jours à la fin d’avril. Je désire témoigner de l’excellence des soins que j’ai reçus pendant ce séjour, et ce, en pleine pandémie de COVID-19. Je tiens à remercier plus particulièrement le personnel du 8e étage de l’hôpital pour leur professionnalisme, leur gentillesse et leur très grande disponibilité. Je leur dis bravo et je les encourage à poursuivre leur excellent travail.

Berthe Brunet, Gatineau

COVID-19 : science, politique et santé publique

Point de vue

COVID-19 : science, politique et santé publique

POINT DE VUE / La pandémie de COVID-19 agit comme un révélateur d’asymétries, de privilèges et d’injustices. Elle met aussi en exergue les modalités de sa gestion par les autorités gouvernementales et sanitaires. De nombreuses personnes semblent satisfaites des décisions prises par le trio McCann, Arruda et Legault alors que d’autres expriment des doutes relativement à la proximité du directeur national de santé publique avec le pouvoir.

Si les modalités de la gestion sociopolitique préoccupent autant ces jours-ci, c’est que la proximité du scientifique et du politique apparait comme une menace à l’adhésion de la population aux décisions du gouvernement.

Pour plusieurs personnes, le nécessaire devrait être fait pour établir une démarcation claire entre le travail mené par la direction de la santé publique et par le premier ministre, notamment en réintroduisant l’expertise dans le «silo» qui lui est propre, celui de la science. L’idée est, d’une part, qu’il faut éviter d’entacher l’interprétation scientifique de la situation et, d’autre part, que la confiance de la population repose sur une compréhension de la science et du politique comme mutuellement exclusifs.

Or, tirer sur les fils de l’écheveau pour démêler la science et le politique dans le cadre de la gestion de cette pandémie est inutile : l’expertise de la direction de la santé publique est un plein constituant de l’action politique. Elle est affectée par des contraintes technoscientifiques, matérielles sociopolitiques, économiques, légales et réglementaires. Elle s’effectue dans une itération d’échanges discursifs avec le premier ministre et son équipe et non pas de façon linéaire et causale du scientifique vers le politique (d’ailleurs, le Dr Arruda est aussi sous-ministre adjoint à la Direction générale de la santé publique). Autrement dit, le silo dans lequel d’aucuns tentent de ramener le travail de la direction de la santé publique n’existe pas : il est une vue de l’esprit.

Ce qui précède n’empêche pas qu’il faille continuer de s’intéresser aux modalités de la gestion de la crise sanitaire actuelle. En effet, les décisions prises par la cellule de crise dont fait partie le Dr Arruda s’arriment à une vision du Monde parmi d’autres possibles. Ce qui est au cœur des préoccupations actuelles, ce sont les conflits de visions, les logiques argumentatives, les mesures de déconfinement et la reconduite des injustices sociales et géographiques. Pour cette raison, la gestion scientifico-politique québécoise de la pandémie est discutable, c’est-à-dire qu’elle mérite d’être scrutée scrupuleusement, questionnée et comparée avec d’autres.

La réforme de l’accès à l’information, une priorité pour la santé de notre démocratie

Point de vue

La réforme de l’accès à l’information, une priorité pour la santé de notre démocratie

POINT DE VUE / Il est évident que la transparence est primordiale pour assurer le maintien de la démocratie dans une société. Le contexte entourant la crise de la COVID-19 a d’ailleurs parfaitement illustré l’importance de la transparence en ce qui a trait à l’accès à l’information des organismes publics. 

L’accès à l’information permet notamment aux citoyens de se forger une opinion éclairée, sur la base d’informations véridiques, qu’ils les obtiennent directement ou par l’intermédiaire du travail journalistique. Elle instaure au sein du gouvernement une saine culture de reddition de comptes envers la population. Globalement, la transparence permet à l’État de maintenir la confiance de la société à son endroit, ce qui est la base de tout notre système politique et gouvernemental.

En ce sens, il n’est plus un secret pour personne que la réglementation qui encadre présentement l’accès à l’information des organismes publics au Québec est désuète. La transparence qui est attendue par le gouvernement se trouve, de ce fait, entravée. En effet, la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels aurait dû être actualisée depuis bien longtemps déjà. 

Le processus actuel est obsolète et amène son lot de problèmes tels que des réponses aléatoires, des demandes excessives ou incomplètes et même l’absence simple de réponse. Il est très difficile pour les organisations qui ont à effectuer des demandes d’accès de manière régulière, telles que la nôtre, d’œuvrer avec les irrégularités amenées par la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. 

Ceci dit, nous ne sommes plus à l’étape de détailler l’ampleur des défauts de cette Loi; nous sommes maintenant à l’étape d’agir. Malheureusement, les actions concrètes tardent toujours pour permettre une véritable mise à jour de la Loi et améliorer du même coup la transparence envers les organismes publics au Québec. Pour cette raison, il est primordial que soient entrepris rapidement les efforts requis afin d’améliorer la procédure actuelle d’accès à l’information. 

D’ailleurs, la solution est toute simple : un nouveau projet de loi encadrant l’accès à l’information doit être présenté à l’Assemblée nationale. Celui-ci devra notamment permettre de régulariser les réponses aux demandes d’accès. Globalement, les restrictions et dérogations qui sont observées dans le contexte actuel doivent entièrement être revues, et ce, afin d’augmenter la transparence au sein de notre société. Ceci permettra du même coup d’éviter les irrégularités observées dans le traitement des demandes d’accès. 

Ce projet de loi devra également abolir la règle qui permet aux organismes publics d’avoir 10 jours supplémentaires afin de répondre à une demande d’accès pour certains cas exceptionnels. En effet, malheureusement, cette exception est devenue la norme pour de nombreux organismes publics. Il doit également être précisé dans la Loi que la transmission de documents par internet est gratuite. Ainsi, les organismes publics devraient être obligés de fournir les documents par le biais d’un support électronique lorsque cela est possible. 

La transparence des organismes publics au sein de notre société dépend d’une nouvelle mouture de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Les lacunes récriminées et dénoncées depuis les dernières années persistent et minent notre système. Conséquemment, l’établissement d’un gouvernement véritablement ouvert reste difficile à percevoir à court terme. Le projet de loi demandé permettra, nous l’espérons, de tracer la voie vers cet objectif ultime. 

Un peu d’indulgence pour les profs du primaire

Point de vue

Un peu d’indulgence pour les profs du primaire

POINT DE VUE / Je vis avec une enseignante du primaire. Une toute fraîche, pas encore grise et épuisée par cet emploi qui la passionne, qui a passé l’année payée à 63% de son salaire alors qu’elle travaillait autant, sinon plus, que tous les enseignants ayant un poste dans son école, car oui, elle est toujours contractuelle.

Aujourd’hui marquait le milieu de sa troisième semaine de reprise d’enseignement suite au confinement. Elle a sa classe de sept élèves, car c’est ce que l’espace du local dans lequel elle est assignée permet. Elle est heureuse, elle revient épuisée de ses journées, mais c’est un bel épuisement. Enfin, elle a ces petites étoiles dans les yeux que je voyais lorsqu’elle a reçu son contrat en août dernier. Par contre, ces petites étoiles se ternissent lorsqu’elle se met au courant de l’actualité et qu’elle voit les articles ou les petites entrevues sur les réseaux sociaux qui rabaissent son métier et les gens du corps enseignant.

On les voit partout ces articles et ces entrevues depuis le début du retour en classe. Encore aujourd’hui c’est Radio-Canada qui publiait une entrevue avec deux mères qui n’ont pas renvoyé leurs enfants à l’école, et qui se plaignent des travaux et des plans de semaines envoyés par les enseignants de leurs enfants. Une dont le fils a des difficultés d’apprentissage et donc qui demande un suivi plus serré. Des articles dans les journaux, des commentaires sur les réseaux sociaux, les parents qui vont rabaisser l’enseignant de leur deuxième enfant auprès de l’enseignant du premier.

Depuis la reprise, le corps enseignant est bombardé de tous les côtés, et ce, continuellement. Sachez, messieurs dames, que les enseignants font leur possible. Ils travaillent plus qu’avant le confinement, ils sont en train de réapprendre leur métier à la dure, avec vos petits devant eux. Ils font comme ce que les travailleurs de pharmacies, épiceries et fonctionnaires ont fait au début de ce confinement. La différence est que dans le cas du personnel enseignant, il apprend avec les enfants qui ne comprennent pas toujours ce que représentent deux mètres de distance, ne devant pas laisser paraître comment il se sent vis-à-vis cette situation incomparable que nous vivons tous, tout en devant bien paraître devant vous, les parents de ces enfants.

En essayant de rendre l’école intéressante, malgré qu’il doive faire de la consolidation d’apprentissage, en apprenant à un enfant, que pour le moment il ne doit apprendre que pour la simple raison d’apprendre, car non, ce n’est pas évalué cette petite boule d’énergie pour le moment. Pourtant, pour le moment, tous les enfants sont heureux. Heureux de revoir leurs amis (à deux mètres de distance), de revoir leurs enseignants et intervenants (toujours à deux mètres de distance), ce n’est certes pas parfait, car tout le monde est toujours en adaptation dans la situation, mais les commentaires des enfants qui sont les principaux touchés par ce retour sont positifs.

Alors, chers parents, rappelez-vous ce que nous disions de ces pharmacies, épiceries et autres commerces, qui se sont aussi retournés sur un dix cents pour continuer de nous servir, au départ ce n’était pas parfait, aujourd’hui il y a toujours une certaine lenteur dans leur service dû aux normes de santé, pourtant nous nous évertuons à les remercier. Pourquoi ne ferions-nous pas pareil avec le corps enseignant qui est en plein dans son virage vers une solution pleinement adaptée à la situation et à ces élèves à l’école et ceux toujours à la maison?

Pour le moment, il se peut effectivement que l’élève à la maison ait moins de suivi que s’il était à l’école, mais je pense qu’il faut peut-être regarder ça d’un autre côté, présentement l’enseignant de votre enfant adapte sa classe et ses interventions avec ses élèves présents physiquement. Il se peut aussi que le plan de travail soit rempli et vous épuise à force d’aider votre enfant tout en télétravaillant, mais si vous désirez que votre enfant commence son année prochaine à jour et avec les notions apprises bien consolidées, ça fait partie du défi que nous vivons de nos jours malheureusement. 

Il se peut aussi que l’enseignant de votre enfant ne fasse pas le même genre de suivi, d’apprentissage ou d’activité que celui de son frère ou de sa sœur, parce que c’est tout simplement un autre humain, qui peut-être était un prof d’arts plastiques ou un orthopédagogue qui a dû, en une semaine, devenir un enseignant de maths, de français et d’univers social, qui, malgré l’aide certaine de ses collègues, a encore de la difficulté à s’adapter à cette réalité qui n’est pas la sienne. Ce n’est pas parfait, mais ces personnes sont présentes pour vos enfants, elles font leur possible pour que les personnes concernées soient le moins impactées par la situation selon leurs compétences, car contrairement à ce que certains semblent penser, ce n’est pas les parents les plus impactés par ce retour en classe, mais bien les élèves, ne l’oublions pas.

Maintenant, je dis ça je ne dis rien, mais pourquoi cette fois-ci n’essaierait-on pas de se mettre dans leurs chaussures également? Le corps enseignant fait désormais partie de ces travailleurs au front avec la clientèle la plus imprévisible, alors je pense que ce corps de métier mérite aussi tous nos remerciements et notre gratitude.

Je m’adresse désormais à vous, vous qui travaillez dans une école : Merci. Merci pour mes frères toujours au primaire, merci pour mes cousins et cousines, merci pour ce que vous faites. Moi qui travaille de la maison, tranquille et entourée de mes chats, qui n’a eu que cette seule adaptation à faire, merci du fond du cœur.

Il faut aider immédiatement les gouvernements de première ligne

Point de vue

Il faut aider immédiatement les gouvernements de première ligne

POINT DE VUE / Depuis le début de la pandémie, les citoyens se tournent vers les points de presse des premiers ministres Trudeau et Legault pour suivre son déroulement. Or, pendant qu’Ottawa et Québec déploient leur arsenal pour faire face à la crise sociosanitaire, on en vient à oublier le rôle plus discret, mais tout aussi fondamental que jouent les municipalités dans cette crise.

Les villes ont notamment multiplié les services pour les sans-abri, mis en place des barrages routiers pour permettre le contrôle des frontières, patrouillé dans les parcs afin de faire respecter les mesures de distanciation sociale, mis sur pied des programmes d’aide aux entreprises, proposé un répit aux contribuables dont l’impôt foncier est en souffrance et offert du personnel et des subventions directes aux organismes communautaires. Elles ont aussi appuyé les directions régionales de santé publique en participant à la tenue de cliniques de dépistage, en multipliant les activités de sensibilisation et en organisant la distribution de masques.

Les cégeps et la COVID-19: un personnel professionnel qui mérite d’être salué!

Point de vue

Les cégeps et la COVID-19: un personnel professionnel qui mérite d’être salué!

POINT DE VUE / À titre de présidente de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), j’aimerais rendre un hommage particulier à toutes les professionnelles et tous les professionnels dans le réseau collégial qui, depuis l’éclosion de la pandémie, ont poursuivi leur travail essentiel auprès des étudiantes et des étudiants, des autres personnels ainsi que des directions.

On dit souvent que c’est dans les moments difficiles que l’on découvre la véritable personnalité des gens. Si cela est vrai, et je le crois, alors on peut dire assurément que la grave crise sanitaire actuelle a été un révélateur de la grande valeur du personnel professionnel que l’on retrouve dans les établissements collégiaux partout à travers le Québec.

Les services de santé mentale fortement négligés pendant le confinement

Point de vue

Les services de santé mentale fortement négligés pendant le confinement

POINT DE VUE / Alertées par les commentaires de leurs membres, l’Association des psychologues du Québec et la Coalition de psychologues du réseau public québécois ont effectué un sondage maison du 7 au 15 mai dernier pour mesurer l’ampleur du ralentissement, voire l’arrêt des services de santé mentale, plus précisément des services de psychothérapie dans le réseau de la santé durant le confinement.

Les 494 répondants nous ont permis de comprendre les facteurs qui contribuent au freinage majeur de l’offre de services psychologiques. Un mouvement de précipitation en lien avec la pandémie a fait oublier la réalité des problèmes présents avant la crise sanitaire ou continuant d’exister pendant celle-ci. En d’autres termes, plusieurs directions d’établissement ont réagi comme si les demandes de services psychologiques avaient soudainement disparu. Or, des personnes aux prises avec des problèmes sévères de santé mentale incluant la dépression majeure ou les troubles anxieux sévères, combinés souvent à des troubles de la personnalité, sont en attente depuis de nombreux mois pour avoir accès à des services en santé mentale de première, deuxième et troisième ligne.

Il est vrai que les directives du ministère de la Santé peuvent prêter à confusion, mettant tellement l’accent sur l’intervention de crise liée à la pandémie que l’on oublie les services de santé mentale réguliers. S’il est logique de prioriser la réponse à la détresse causée par la crise sanitaire, le volume de ces demandes ne justifie toutefois pas de mettre en attente les requêtes de psychothérapie régulières. Les psychologues doivent pouvoir offrir des services de crise tout en poursuivant les services réguliers de psychothérapie et d’évaluation psychologique.

À quel point les services de psychothérapie sont-ils paralysés? Tout d’abord, 20% des psychologues ont été affectés à d’autres tâches que leurs tâches habituelles (qui sont essentiellement la psychothérapie et l’évaluation psychologiques), telles que le soutien aux préposés aux bénéficiaires en CHSLD, la prise de contact sans suivi des personnes qui patientent sur les listes d’attente du guichet d’accès en santé mentale ou des tâches administratives.

Dans certains établissements du réseau de la santé, les gestionnaires ont clairement demandé aux psychologues de ne pas accepter de nouvelles demandes de consultation dans une proportion de 13.25%. Par ailleurs, notre sondage démontre que 26% des psychologues consultés ont constaté que l’offre de service avait diminué de 60 à 80% de sa capacité normale, contribuant ainsi à une augmentation de la détresse dans la population et à l’allongement des listes d’attente. L’aide psychologique est donc paralysée ou fortement ralentie alors que seulement 35% des psychologues affirment avoir gardé le même rythme de leur prestation de services.

À notre avis, un problème chronique de méconnaissance du rôle spécifique et de l’expertise des psychologues au sein des services publics explique qu’on accorde si peu d’importance aux besoins des personnes en attente de services de psychothérapie, dont l’efficacité a pourtant été démontrée. À cet élément s’ajoute le sous-financement récurrent en santé mentale et la non-reconnaissance des psychologues au niveau salarial qui entraînent une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur public.

Alors, pandémie ou pas, il faut tenir compte de la détresse des personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale et qui patientent sur les listes d’attente souvent entre six mois et un an. Il faut agir rapidement pour réduire l’accumulation de demandes en attente qui devront être traitées et s’ajouteront à l’onde de choc de la crise sanitaire. Il faut donc impérativement cesser d’interdire aux psychologues de prendre de nouvelles demandes. Ensuite, il faut leur fournir les outils de télépsychologie requis, caméra, micro et réseau télévisuel. Le récent budget annoncé en santé mentale il y a deux semaines apporte un léger souffle d’espoir, mais ne sera pas suffisant pour répondre aux besoins de la population, tant et aussi longtemps que la pénurie de psychologues ne sera pas réellement adressée par le gouvernement.

Le gouvernement ne doit pas se limiter à la gestion de crise créée par la pandémie mais doit élaborer un plan solide de services de santé mentale et offrir aux psychologues des conditions de travail et salariales leur permettant de maintenir et de bonifier leurs services à la population durant et après cette pandémie. Autrement, les psychologues du secteur privé appelés en renfort risquent de manquer à l’appel et ceux qui accepteront de mettre l’épaule à la roue se retrouveront paralysés eux aussi et risquent de ne pas persévérer dans le réseau.

Les psychologues ont à cœur que la population fragilisée reçoive les services psychologiques à la hauteur de ses besoins en cette période difficile. Il est plus que temps que le Québec cesse d’avoir un système à deux vitesses en santé mentale, un système qui privilégie les mieux nantis.

Réfléchir au Québec de demain: proposition pour une consultation publique nationale

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Réfléchir au Québec de demain: proposition pour une consultation publique nationale

OPINION / Avant l’arrivée de la pandémie de COVID-19, la société québécoise était déjà confrontée à des défis majeurs tels que la crise du logement, des inégalités sociales grandissantes, un système de santé fonctionnant bien au-delà de sa pleine capacité ainsi que plusieurs problèmes liés aux changements climatiques. La situation qui prévaut fait en sorte que nous nous apercevons à quel point ces défis nous rendent encore plus vulnérables en temps de crise. Cela nous force alors à réfléchir à nos modes de vie et à trouver des moyens pour accroître notre résilience.

D’un côté, certaines idées que nous hésitions à mettre en place à grande échelle se sont rapidement imposées comme des solutions efficaces pour répondre à la crise. C’est le cas notamment des mesures de télétravail et des mesures favorisant l’achat et la production locale de biens essentiels. Il semble même qu’un certain consensus ait émergé dans la société pour que nous explorions davantage ces avenues lorsque nous allons sortir de cette crise.

En prends-tu, du lait, dans ton café?

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En prends-tu, du lait, dans ton café?

OPINION / Telle que formulée dans le titre, cette question est tout à fait représentative d’un usage très courant en langue parlée et qu’on appelle la segmentation. Certains nomment encore ce phénomène la «dislocation», comme si cette tournure consistait à «disloquer» la phrase «Prends-tu du lait dans ton café?», laquelle est plus linéaire et supposément plus correcte que l’autre. En fait, non seulement la tournure segmentée n’est pas une désorganisation de la phrase linéaire, elle est générée comme telle par des règles qui appartiennent en propre à la langue parlée et qui ont été ignorées par les grammaires traditionnelles, ces dernières se limitant généralement aux règles de la langue écrite.

La langue parlée ordinaire, celle utilisée quotidiennement, spontanément par les francophones, n’a jamais vraiment été étudiée avant l’avènement de la science linguistique au début du XXe siècle, alors que les linguistes ont affirmé que la langue parlée était plus représentative de la nature profonde de la langue naturelle humaine que l’écriture et que, sur le plan scientifique, toutes les manifestations du langage méritaient d’être étudiées. Comme le disait l’un d’entre eux, « Quand on veut bien étudier une maison, il faut le faire du sous-sol au grenier ».

Alors qu’en est-il de «En prends-tu, du lait, dans ton café?». Plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour expliquer cette tournure, et le premier, c’est l’emphase. Ici, c’est le segment « En prends-tu » que le locuteur veut faire ressortir, d’où la position en tête de la phrase de ce segment et le fort accent d’insistance sur le mot « tu », ce que ne peut faire la phrase linéaire « Prends-tu du lait dans ton café? ». Et si l’accent le plus fort porte sur le mot « tu », c’est qu’il serait impossible de le mettre sur le mot « prends », le français imposant de sévères limites quant à la position de l’accent d’insistance. On peut constater le même phénomène dans une tournure comme « Nous autres, on aime ça, le printemps », où la segmentation sert essentiellement à mettre l’emphase sur les deux premiers segments. Quant au mot « autres », l’emphase est ici sa seule raison d’être, son sens original n’ayant aucune importance. 

Pour revenir à notre premier exemple, si le segment « En prends-tu » est placé au début de l’énoncé, c’est aussi que la personne à qui il s’adresse sait déjà qu’on lui apporte son café, d’où la position de simple rappel du segment « ton café » en fin d’énoncé. C’est là qu’on voit que la structure de la langue parlée est fortement marquée par la situation dans laquelle se trouvent les locuteurs et leur besoin de faire ressortir certains éléments, compte tenu de l’importance qu’ils leur accordent et de ce qui leur est déjà connu. En langue écrite, par contre, la situation doit être expliquée dans le texte même, ce qui donnerait plutôt une phrase linéaire telle que «Jean n’ayant toujours pas répondu à sa question, Marie lui demanda avec insistance s’il voulait bien du lait dans son café». On peut bien sûr écrire la phrase segmentée, mais elle représente alors une tournure propre à la langue parlée.

À vous la parole

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À vous la parole

Vous voulez réagir à l'actualité? Écrivez à editorial@ledroit.com. Ne seront publiées que les lettres portant les nom, prénom, adresse et numéro de téléphone de l'auteur. Seuls le nom et le lieu de résidence apparaîtront.

C’est assez!

Quand on parle des métiers liés aux soins ou à l’éducation, on utilise les mots «vocation», «anges», «mission», ce qui encourage ou explique le sous-financement de ce secteur. Or ces métiers sont indispensables au bien-être de la société ! Vivement une vraie reconnaissance, à leur juste valeur, de ces nobles métiers !

Marie-Claude Girard, Cantley

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Des aspects positifs

Deux mois déjà que je suis confiné à la maison avec mon épouse, et nous avons trouvé un rythme de vie qui nous convient. Je sais que ce n’est pas la même expérience pour tout le monde, que certaines personnes souffrent d’anxiété, d’insécurité, d’isolement, de peur. Je peux les comprendre. Et puis, il y aura l’après-pandémie, qui ne sera pas un lendemain qui chante, si je me fie aux défis économiques qui nous attendent. Je perçois tout de même des signes positifs de la pandémie de COVID-19 : moins de guerres et de pollution, plus d’entraide et de respect. La Terre s’en porte mieux. Nous sommes plus conscients de notre fragilité, plus centrés sur l’essentiel, moins arrogants et tout-puissants. Nous délaissons un peu notre côté individualiste pour penser aux autres, surtout les personnes plus vulnérables. Ce virus invisible nous force à être plus créateurs, humbles, généreux, solidaires, quitte à revoir nos priorités, améliorer le système de santé, acheter local, moins consommer. En état d’authenticité, je contemple en silence la beauté qui m’entoure. Le temps s’allonge, en accord avec mon désir d’aimer. J’écoute, je lis, j’écris, je prie, je crée des vidéos dans ma nouvelle chaîne YouTube. Je souris aux gens que je croise dans la rue, en respectant la distanciation. L’air pur me ranime, les oiseaux m’enchantent, les arbres m’enracinent dans des profondeurs où coule une source vive. Il suffit d’être.

Jacques Gauthier, Gatineau

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Un service essentiel

Je viens de finir la lecture de l’édition du Droit du samedi 16 mai et je tenais à vous féliciter pour la qualité de cette parution. J’ai vraiment eu du plaisir à lire tous les articles et à apprécier la qualité de la mise en page. Ce que nous aimons particulièrement, depuis le début de la pandémie, c’est la section divertissement où vous avez ajouté des mots croisés, qui nous procurent un bonheur sans fin. Bravo à vous tous pour votre travail remarquable, car vous êtes un service essentiel en cette période de confinement. 

Johanne et Bertrand Tremblay, Gatineau

Le traçage numérique n’est pas un remède à la crise de santé publique

Point de vue

Le traçage numérique n’est pas un remède à la crise de santé publique

POINT DE VUE / Dans le contexte du climat d’urgence qui prévaut actuellement, les gouvernements du Québec et du Canada envisagent la mise en œuvre d’un dispositif de suivi des contacts des individus sur la base des données de localisation ou via la technologie bluetooth de leur téléphone cellulaire. L’objectif est de retracer toutes les personnes qui ont été à proximité physique d’une personne ayant contracté la COVID-19, que ce soit au travail, dans un commerce ou dans un lieu public. 

Les discussions sur le choix du système de traçage et de son implantation ont lieu dans les ministères, dans la plus grande opacité, sans même que les parlements puissent jouer leur rôle de chien de garde de l’action gouvernementale.

Les gouvernements ne doivent pas céder à la tentation de se servir de la situation d’urgence sanitaire et de la concentration des pouvoirs dans les mains de l’exécutif pour imposer des mesures liberticides sans débat public, aux dépens des exigences d’un système démocratique.

Il est parfois nécessaire dans des situations exceptionnelles de limiter certaines libertés pour un certain temps. Dans ces rares cas, des conditions très strictes doivent être réunies.

Parmi celles-ci, il y a l’assurance de l’efficacité et de la proportionnalité de la mesure proposée. Or, il n’a nullement été démontré que des mesures de surveillance électronique des individus seraient efficaces pour endiguer la pandémie actuelle. Comme le soulignent des chercheurs et chercheuses de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA), «les conditions d’efficacité de telles solutions laissent présager dans de nombreux cas leur inutilité, alors que les risques d’atteinte aux droits et libertés sont, eux, bien réels». Qui plus est, le cadre juridique en matière de protection des données personnelles est obsolète et si déficient qu’il n’offre pas les garanties suffisantes pour le déploiement de telles mesures.

On laisse entendre que la participation au dispositif proposé sera volontaire. Or, de toute évidence, les méthodes proposées ne peuvent prétendre à l’efficacité sans la participation d’une majorité importante de la population. Lorsque la faiblesse du système «optionnel» sera constatée, la pression sera forte pour passer à un stade supérieur, plus généralisé et coercitif, comme c’est le cas à Singapour.

Il est à craindre que l’accès à certains services soit refusé aux personnes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas utiliser l’outil de traçage. Il est également consternant d’observer que les solutions technologiques reposent sur des plateformes numériques transnationales fournies par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ayant pour objectif d’étendre leur emprise sur nos données personnelles et leur contrôle sociétal, au détriment de la souveraineté étatique, déjà fortement érodée dans le domaine numérique.

L’expérience nous a montré que de telles mesures adoptées à la hâte dans un climat de peur ont tendance à survivre à la menace qu’elles étaient supposées combattre et à demeurer permanentes.

Ainsi, plusieurs mesures d’exception introduites après les attentats du 11 septembre 2001 sont toujours en place vingt ans plus tard et sont devenues la norme. Le fait que de nombreuses analyses aient démontré leur inutilité n’a pas entraîné leur abrogation. Même une fois la pandémie terminée, la normalisation de tels dispositifs de traçage numérique ouvre la porte à la surveillance des populations et à la stigmatisation, particulièrement des personnes exclues et marginalisées.

Les systèmes proposés portent non seulement atteinte aux libertés, mais pourraient s’avérer contre-productifs. En ciblant à tort des individus comme étant COVID-positifs ou soupçonnés de l’être, ils restreignent injustement leurs déplacements. Et en ignorant d’autres qui le sont, ils entraînent un faux sentiment de sécurité. Seul un dépistage massif permettrait de déterminer avec plus de précision et d’assurance qui est porteur du virus.

L’expérience des dernières semaines a démontré que le problème principal n’est pas la résistance de la population aux consignes sanitaires, mais bien plutôt le manque de moyens d’un système de santé malmené depuis des décennies par des politiques d’austérité. La crise de la COVID-19 exacerbe les inégalités sociales déjà existantes et est révélatrice du sous-financement et des lacunes de notre système de santé.

Les mesures de traçage numérique à l’étude ne résoudront en rien la propagation du virus. C’est un exemple d’une fausse solution technologique à des problèmes sociaux persistants. Face à la crise sanitaire, nous avons besoin de véritables mesures de prévention, de soins de santé et de services sociaux à la hauteur du défi et non de dispositifs de surveillance inefficaces, liberticides et socialement nuisibles.

Pour voir la liste des signataires: liguedesdroits.ca/signataires/

La cause de l’échec du référendum de 1980 

Point de vue

La cause de l’échec du référendum de 1980 

POINT DE VUE / En ce 40e anniversaire du référendum de 1980, il est temps de faire un bilan de l’échec du référendum de 1980. J’étais aux premières loges en tant que coordonnateur et initiateur du mouvement étudiant pour le oui (Méoui) tout en étant recherchiste au cabinet de Jacques Parizeau, alors ministre des Finances, président du Conseil du Trésor et ministre du revenu. Mon interprétation de la défaite, masque le succès inespéré d’un gouvernement compétent et intègre, une denrée rare dans le monde politique d’aujourd’hui dominé trop souvent par la corruption et le leadership de façade. 

La principale cause de l’échec référendaire fut donc la réussite du gouvernement Lévesque en «tant que bon gouvernement provincial fort» dans ses champs de juridiction, réussite faut-il le rappeler, qui a permis la réélection du Parti québécois (PQ) moins d’un an plus tard en 1981. Tous les observateurs conviennent que les réformes entreprises par l’un des gouvernements les plus compétents de l’histoire du Québec a eu pour effet de sécuriser les Québécois. 

L’une d’entre elles et non la moindre, celle de la charte sur la langue française et la loi 101 ont permis aux Québécois francophones de retrouver leur fierté existentielle en tant que peuple minoritaire dans une Amérique du Nord à 98% anglophone. Les gouvernements de l’Union nationale et Libéral s’étaient cassé les dents avec leurs lois 63 et 22 consacrant le bilinguisme officiel au Québec, ce qui signifiait tôt ou tard, la mort lente du français au Québec puisque les immigrants étaient davantage attirés par la langue anglaise, symbole de richesse et passe-partout en Amérique du Nord.

Le Parti québécois, un parti avant tout former d’idéalistes compétents, fut donc victime des succès de ses réformes qu’il a pu réaliser dans le cadre fédéral, un régime suffisamment souple permettant de nombreuses avancées sociales et économiques, et ce sans fracture politique. 

Pensons à la création de la société d’assurance automobile du Québec et le «no fault» en cas d’accident, à la loi sur le zonage agricole pour mettre à l’abri de bonnes terres face aux spéculateurs immobiliers et à la loi sur les Zones d’exploitation contrôlées (ZEC) permettant l’abolition des clubs privés de chasse et pêche qui contrôlait l’accès à une grande partie du territoire du Québec. 

Pensons également à la loi anti-briseurs de grève, la loi sur la protection des consommateurs, la création du ministère de l’Environnement, la loi sur la santé et sécurité au travail, la loi sur le financement des partis politiques, la loi sur le salaire minimum qui reconnaît pour la première fois les congés de maternité et la loi sur la décriminalisation de l’avortement. 

Enfin, le PQ a renforcé le «Québec inc.», par la création du régime d’épargne actions (REA) permettant aux PME de se financer facilement sur le marché boursier et du régime des actions accréditives finançant l’exploration minière sans compter le soutien financier pour la création de grandes entreprises québécoises (SNC-Lavalin, Québecor, Bombardier, Provigo, Gaz Métropolitain, etc.) soutenues par la Caisse de dépôt et placement et la Société Générale de financement, devenu Investissement Québec.

Pourquoi alors sortir du système politique fédéral, si le Parti québécois a pu y réaliser 95% de son programme politique? Par ailleurs, je peux témoigner que le référendum ayant été organisé vers la fin du premier mandat fut préparé à la dernière minute, sans cohésion autant dans la stratégie de mobilisation que de la question référendaire. Les leviers du mécontentement des Québécois à l’élection de 1976 n’existant plus, ceux-ci étant devenus rassasier par les réformes en cours, que ce soit la loi 101 sur la langue française ou les avancées sociales et économiques qui marquent encore notre destin politique.

L’importance du Cirque du Soleil sur l’écosystème économique et culturel

Point de vue

L’importance du Cirque du Soleil sur l’écosystème économique et culturel

POINT DE VUE / La pandémie de COVID-19 menace aujourd’hui le sort de quantités d’entreprises dont les activités sont arrêtées. C’est malheureusement le cas pour les PME et de plus grands joueurs, notamment dans le milieu culturel où des entreprises que l’on croyait d’une solidité à toute épreuve voient leur existence même remise en question. 

Les difficultés vécues par le Cirque du Soleil n’échappent à personne. Elles sont d’autant plus dramatiques que cette véritable institution des arts de la scène est indissociable du tissu culturel montréalais, québécois et canadien. Le Cirque en est même devenu un ambassadeur planétaire. C’est non seulement un fleuron, mais également une locomotive économique dont la disparition aurait des conséquences désastreuses pour le Québec.

Les spectacles sous leur célèbre chapiteau génèrent des retombées économiques locales de plus de 60 M$ annuellement au Québec, à travers la location d’équipement, l’achalandage accru dans les restaurants et les hôtels ou via le recours à des fournisseurs locaux.

À Montréal seulement, le Cirque emploie au-delà de 1600 personnes, c’est tout un écosystème économique et culturel qui profite de la présence du Cirque du Soleil. Depuis 35 ans, il a permis aux créateurs d’ici d’exprimer leur génie à travers des costumes, des maquillages, de la musique, des mises en scène et des effets spéciaux. L’entreprise, basée dans le quartier Saint-Michel, fait affaire avec 2 300 fournisseurs québécois, ce qui se traduit par des investissements de plus de 200 M$ par année qui bénéficient à des entreprises d’ici.

Les analystes économiques s’accordent pour dire que les entreprises qui traverseront le mieux la crise actuelle sont celles qui sauront faire preuve d’innovation et d’adaptation. Or, le Cirque du Soleil incarne à merveille l’innovation et la créativité québécoise. Son importance pour notre économie nous force à nous pencher activement sur les façons de l’aider à traverser cette crise, aussi brutale qu’imprévue, et dont personne ne pouvait imaginer les conséquences. L’effet de levier sur tout un pan de l’économie doit être pris en compte par les différents acteurs, privés et gouvernementaux, qui pourraient être appelés à intervenir pour aider le Cirque à passer au travers de cette période difficile.

Nous avons toujours défendu l’importance de maintenir nos centres décisionnels ici et la protection de nos sièges sociaux prend une importance encore plus grande en ces temps incertains. Le Cirque du Soleil représente un des meilleurs exemples d’entreprises internationales ayant son siège social ici et les efforts nécessaires doivent être mis pour le conserver.

Les artisans du Cirque du Soleil doivent pouvoir se remettre au travail. Ils n’ont pas d’égal pour créer le rêve. La présente crise aura montré que même la plus grande machine à rêver du monde peut voir son univers se fissurer. Nous le constatons tous bien involontairement aujourd’hui. Mais comme le disait Leonard Cohen : « Il y a une fissure en toute chose; c’est ainsi qu’entre la lumière ». 

Le Cirque du Soleil doit continuer de rayonner pour jeter bientôt un peu de lumière dans nos vies. C’est un enjeu crucial pour le secteur culturel et économique du Québec et pour les milliers d’emplois qui en dépendent. Unissons collectivement nos efforts pour préserver nos fleurons au Québec.

L’égalité des droits, privilèges et devoirs des sénateurs

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L’égalité des droits, privilèges et devoirs des sénateurs

L’égalité des sénateurs, un principe institutionnel fondateur, est mise à l’épreuve par le leadership des deux principaux groupes au Sénat, le Groupe des sénateurs indépendants (GSI) et le caucus conservateur.

J’ai joint le Sénat afin de contribuer à une modernisation, constitutionnellement valide, de la Chambre haute de notre Parlement. Je n’étais cependant pas certain qu’une indépendance réelle aurait sa place dans un milieu dominé par les partis politiques et leurs whips depuis 1867. J’espérais toutefois que le nouveau processus de nomination apporterait un véritable changement de culture au sein de l’institution.

Les salons de tatouages, les oubliés de la COVID-19

Point de vue

Les salons de tatouages, les oubliés de la COVID-19

POINT DE VUE / Depuis le début de la crise de la COVID-19, la plupart des industries sont nommées dans les programmes d’aide mis en place par Ottawa et Québec. Les différents paliers gouvernementaux font aussi référence à de nombreuses entreprises et PME en ce qui concerne leurs plans de déconfinement. Or, à l’heure actuelle, l’univers du tatouage est un des grands oubliés. 

Je m’appelle James David (connu sous le nom d’artiste de Dave Z. James). Je suis artiste tatoueur professionnel depuis 30 ans, promoteur du Montreal Ink et Ink and Road, coproducteur de la campagne Tous encrés, avec Felipe del Pozo et Casque bleu pour l’ONU. Pro-fort lors du conflit de l’ex-Yougoslavie, en 1992. 

J’écris cette lettre ouverte, car les shops de tattoos sont dans le néant : nous sommes abandonnées et vivons dans l’incertitude. Nous ne sommes pas considérés par les gouvernements, car notre profession n’est pas reconnue. Il n’existe aucun statut officiel pour les artistes tatoueurs; à part pour les impôts où nous sommes considérés comme des prestataires de services. 

Nous n’avons aucune association officielle pour nous représenter ni de lobbyistes pour défendre nos intérêts comme d’autres professions. Nous, les tatoueurs, sommes unis par la passion pour notre art et les amitiés entre nous uniquement. 

Bien avant la pandémie, les professionnels du tatouage respectaient des règles d’éthique et suivaient des normes strictes d’hygiène de Santé Canada. Depuis plusieurs années, les artistes tatoueurs portent des gants, nettoient leurs équipements et, entre autres, changent leurs aiguilles à chaque nouveau client. Nous suivons des règles sanitaires dignes des hôpitaux et des dentistes. Nous sommes favorables au port du masque, la prise de rendez-vous est une habitude dans notre profession, nous travaillons selon des horaires établis à l’avance. 

La communauté du tatouage a incorporé dans ses coutumes de nombreux critères énumérés par la Direction de la santé publique du Québec. Plus le temps avance, plus la situation des salons de tatouage sera précaire. Les tattoos shops du Québec ont volontairement fermé leurs portes le 13 mars dernier. 

Malgré tout, nous recevons toutes les semaines des appels de clients qui insistent et qui veulent avoir des tattoos. Or, plusieurs de ces salons risquent de ne pas être en mesure de rouvrir à cause de tous ces paiements de frais fixes. Cette profession, comme toutes les autres, a aussi besoin d’aide, d’un plan de relance et d’un calendrier de déconfinement afin qu’elle puisse se préparer et être prête lorsque le temps sera venu d’accueillir les clients. 

Nous voulons collaborer avec les gouvernements et développer une stratégie qui soit adaptée à notre réalité et nos besoins. Nous ne voulons pas vivre l’éclosion d’un marché noir ni une situation comme celle de certains États américains, comme la Géorgie, où les tatoueurs défient la loi et accueillent de nouveau leurs clients depuis la fin avril. 

James David, alias Dave Z. James Cyns Tattoo Barber Shop de Victoriaville, promoteur des évènements Ink’n’Road et Montreal Ink; détenteur du record canadien du plus de tattoo dans les airs avec Mathieu Baron; coproducteur de la campagne Tous encrés – avec Felipe del Pozo; participant à la campagne Restez chez vous, soyez des héros. 

Lettre d’un ado au premier ministre François Legault

Point de vue

Lettre d’un ado au premier ministre François Legault

POINT DE VUE / Cher Monsieur Legault, en tant qu’adolescente québécoise, je voudrais vous dire que vous nous avez oubliés. Cela fait deux mois que nous sommes tous confinés chez nous, la plupart n'est pas sortie du tout de la maison. Et n’oubliez pas que la majorité des adolescents sont des travailleurs essentiels dans les dépanneurs, pharmacies et épiceries qui risquent leur santé tous les jours. 

Nous comprenons qu’il faut protéger les aînés, mais nous demandons un peu de liberté. Il est temps de redonner à vos ados qui vous ont tant donné depuis le début. Sans oublier le nombre incalculable d’aînés qui sortent dans les rues et qui voient leurs amis en se foutant (excusez-moi moi pour le gros mot) des autres personnes. Attention je ne dis pas que tous les aînés sont comme ça, mais il y en a plusieurs. 

De plus, la santé mentale des adolescents, déjà extrêmement fragile, l’est encore plus depuis le confinement. Le sport ou la socialisation avec ses amis sauvent la vie de plusieurs ados ayant des pensées noires et c’est précisément ce que vous avez interdit. Et quels sports nous donnez-vous? De l’escalade de rocher, du kayak, du kitesurfing, du canot et du kayak, de la planche à pagaie, de la plongée sous-marine, de la randonnée en cheval, de la randonnée, du surf, de l’aviron, du golf, du vélo, de la natation en eaux libres, du patin à roulettes, de la voile, du triathlon et de la course à pied?

Désolée de vous décevoir, mais presque aucun jeune ne pratique ou a l’argent et les ressources nécessaires pour faire ces sports. La course, la marche et le vélo sont des sports que nous faisons depuis le début et qui ne nous suffisent plus. 

En autorisant le golf ne pensez-vous pas que les plus vieux vont se mettre à sortir puisque la clientèle majoritaire de ces institutions regroupe des aînés?

Par contre, autoriser des pratiques sans contact en petit groupe de baseball ou de soccer est impossible. Les jeunes ont besoin de leur sport en équipe. 

De plus, l’école en ligne nous enseigne la même chose que nous avons vue il y a deux mois. 

Laissez-moi vous poser la question. À quoi ça sert? Vous dites que la présence est obligatoire, mais les jeunes n’ont aucune motivation à se lever à 8h du matin pour apprendre la même chose encore et encore. Peut-être réussiriez-vous à aplatir la courbe de la COVID-19, mais vous ne ferez qu’augmenter la courbe de suicide et de tentatives de suicide chez les adolescents. 

Je vous écris pour vous demander de rouvrir les écoles secondaires et/ou les sports d’équipes chez les adolescents. Nous en avons besoin, surtout que le taux de mortalité due au coronavirus est très bas chez les jeunes. Protégez vos aînés en les confinant, mais n’abandonnez pas les adolescents. 

Nous vous avons écouté sans chigner depuis le début de cette crise et vous nous avez laissés dans le flou. Vous nous avez abandonnés. Redonnez à vos adolescents, car si vous ne faites rien pour eux non seulement vous perdrez vos futurs électeurs, mais vous perdrez aussi leur obéissance qui est si chère à vos yeux. 

Signé: une adolescente obéissante depuis le début, épuisée et avec la santé mentale au plus bas, qui a besoin de savoir que son premier ministre ne l’a pas abandonnée par des actions concrètes. 

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Les ponts bloqués

Je n’arrive pas à comprendre l’approche policière à Gatineau qui cause des délais incroyables de circulation, alors qu’il serait facile de mettre un collant au pare-brise de la voiture pour ceux qui doivent se rendre quotidiennement au travail sur l’autre rive. Chaque jour, aller-retour, vingt minutes d’attente. De plus, les policiers ne portent pas de masque et nous questionnent à moins de deux mètres. C’est vraiment un système qui après 45 jours de confinement n’a pas été réfléchi par les autorités. 

Rollande Leduc, Ottawa

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Le Dr Arruda, politicien

Les opinions remettant en cause les actions du Dr Arruda sont de plus en plus courantes, et c’est inquiétant. Notre vision poétique du directeur de la Santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, que l’on percevait depuis le début de la crise comme une sorte de superhéros, en prend de plus en plus pour son rhume. Voici que ce scientifique, par ses propos malhabiles et ses volte-face aussi nombreuses qu’imprévisibles, se transforme lentement mais inexorablement en politicien. Le problème que cette transformation pose, c’est que, en tant que scientifique qui retourne sa chemise, le Dr Arruda sème lui-même le doute sur la science, alors que son rôle, au regard de la population, c’est de protéger cette science, et de la promouvoir. Or, en accroissant la portion politicienne de l’image qu’il projette, le Dr Arruda joue un jeu très dangereux: étant donné le peu de confiance que la population accorde généralement aux politiciens, sa parole perd chaque jour une part de sa valeur.

Christian Laroche, Gatineau

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J’aime mon journal

Je ne pourrais vivre sans mon journal Le Droit! Chez moi, ce journal a été distribué depuis qu’il existe! Mes grands-parents, mes parents, moi-même, la famille de mon époux, mes enfants recevons le journal Le Droit. Cent sept ans chez nous dans notre famille. J’apprécie ce journal, ses variétés, ses développements, enfin tout ce qui se rapporte au journal Le Droit.

Luce McNicoll, Gatineau, anciennement d’Ottawa

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LA QUESTION DU JOUR

Comment vous adaptez-vous aux consignes entourant le port du masque dans les lieux publics?