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Le capitaine de l’Outaouais

La glace va bientôt prendre sur la rivière des Outaouais, mais cela ne change rien pour les Traversiers Bourbonnais qui fonctionnent hiver comme été, 365 jours par année. Mais cela n’a pas toujours ainsi. Il fut un temps pas si lointain où les traversiers allaient en cale sèche l’hiver et ne reprenaient du service qu’en avril.

Remontons à l’année 1947. Eugène Bourbonnais, dont la famille est originaire de Lefaivre et Plantagenet, rassemble toutes ses économies et achète le service de traversier reliant Montebello et Lefaivre. Les affaires tournent rondement surtout avec le Château Montebello (qu’on appelait toujours à l’époque le Seigniory Club) qui accueille chaque semaine des centaines de visiteurs venus de l’autre rive de la rivière des Outaouais. Afin de mieux profiter de cette manne, Eugène Bourbonnais construit en 1960 un premier traversier en acier pouvant accueillir huit voitures. C’est un grand avancement technologique pour l’époque. Trois ans plus tard, en 1963, Eugène Bourbonnais et son partenaire d’affaires, Hector Bourgeois, frappent le grand coup. Ils font une offre aux frères André et Achille Lamarche pour acheter le service de traversier Masson-Cumberland. « L’un des frères Lamarche était marié avec la sœur de la femme de mon père. Cela a certainement pu aider à conclure l’affaire », raconte Maurice Bourbonnais, qui a commencé à travailler sur les traversiers à l’âge de neuf ans.

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Le sport abordable… et rentable

En ce vendredi de novembre en fin d’après-midi, les clients entrent à pleine porte, dans ce commerce pourtant situé dans un parc industriel, pratiquement sans devanture. Pour venir ici, il faut connaître. Pourtant, l’achalandage n’a pas dérougi depuis 27 ans.

Lorsque Malcolm Corcoran a lancé Sport Échange Outaouais, il savait qu’il tenait un filon: récupérer les articles de sport qui dorment dans les sous-sols et les greniers puis les revendre bon marché aux jeunes, aux familles qui ne peuvent payer plein prix pour s’équiper.

«J’avais prévu des ventes annuelles de 70 000 $ dans mon plan d’affaires, en 1991. Et c’est exactement ce que j’ai réalisé», raconte le fondateur de ce concept unique dans la région.

«Aujourd’hui, il y a des jours où je dépasse ce chiffre dans une seule journée», s’exclame son fils, Éric, qui a pris officiellement la relève du père il y a une dizaine d’années. Si le commerce a grandi sans cesse depuis 1991, le concept, lui, est resté le même : rendre accessible aux gens la pratique de l’activité physique et prolonger ainsi la vie de l’équipement sportif.

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Des promesses pour la francophonie

CHRONIQUE - PHILANTHROPIE / Nous vivons dans une région riche et généreuse. Régulièrement, une organisation lance un événement, des partenaires privés s’y associent, des personnes y participent et le résultat est un succès. L’argent amassé change la vie de centaines, voire de milliers de personnes. Cette philanthropie responsable se vit ici, mais aussi à l’échelle planétaire. Si toutes les causes sont nobles, notons que la santé est le premier secteur soutenu par des milliers d’entreprises, de fondations et d’individus, suivi de près par l’éducation et l’agriculture et de loin par la protection de l’environnement, les infrastructures, les services sociaux ou culturels et l’aide humanitaire.

Depuis quelques semaines, la francophonie canadienne manifeste pour défendre ses droits. Dans la foulée du mouvement d’appui envers cette francophonie ontarienne, québécoise et canadienne, une nouvelle façon de mutualiser les efforts philanthropiques pourrait être mise en place. En s’inspirant de Centraide qui mobilise et soutient des œuvres de bienfaisance locales, et de « Promesses de dons » qui propose une mobilisation internationale pour avoir de l’impact, pourrions-nous innover ? 

Cent soixante-dix milliardaires de 21 pays s’unissent au sein de « Promesses de dons » pour faire une différence. Ces gens d’affaires et ces familles parmi les plus riches du monde choisissent de redonner, de leur vivant ou par legs testamentaire, une partie de leur richesse pour aider à résoudre les problèmes les plus urgents de la société.

Osons les « Promesses de dons à la francophonie »

Portant haut et fort sa langue, ses identités et ses cultures, la francophonie plurielle innove en réfléchissant davantage en termes de stratégie afin de produire un impact plus fort. La professionnalisation des campagne de financement se traduit par des approches structurantes axées sur les résultats. Les « Promesses de dons à la francophonie » pourraient devenir un mécanisme de mobilisation de fonds pouvant investir dans cette solidarité grandissante afin de surmonter les crises qui peuvent l’affaiblir.

Mobiliser les philanthropes afin de soutenir cette francophonie est possible. Les entreprises d’ici et de la francophonie canadienne seraient invitées à consacrer une partie de leur patrimoine à la pérennité et à la croissance de cette francophonie. Étant donné que tous les philanthropes recherchent souvent des moyens de créer de la valeur, en plus de financer des causes locales qui leur tiennent à cœur, ils investiraient dans cette communauté résiliente porteuse d’avenir.

Cette nouvelle approche permettrait d’organiser le financement en vue de produire un impact plus grand tout en fournissant à la francophonie menacée des ressources complémentaires aux secteurs public et associatif.

En investissant dans la langue française et la francophonie plurielle, les entreprises découvriront une nouvelle cause à soutenir, mais aussi tout un potentiel à exploiter car le partage d’une même langue cimente les collaborations.

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Une relève d'entreprise tout en douceur

Quand Alain et Serge Vaillancourt ont entrepris des démarches pour planifier la relève de l’entreprise Attache-Remorques Gatineau, ils se sont butés au manque d’enthousiasme de leur institution financière. « C’était compliqué. Il y avait toujours des difficultés sans qu’on sache trop pourquoi. On a essayé une autre banque, mais c’était la même chose. On se sentait abandonnés à nous-mêmes », confie le copropriétaire Alain Vaillancourt.

Il y a trois ans, Desjardins Entreprises Outaouais est venu frapper à leur porte afin d’offrir ses services. « Tout d’un coup, tout était devenu facile et tout s’est fait rapidement. Après quelques mois, on a même décidé de transférer toutes nos affaires chez Desjardins », explique-t-il.

Pas qu’une question d’argent

Le transfert d’une entreprise vers sa relève n’est pas qu’une affaire d’argent, nous dit Mario Cloutier, directeur de comptes sénior chez Desjardins Entreprises Outaouais. « En fait, le volet humain est très important. Le passage de l’ancienne administration à la nouvelle doit se faire progressivement, pour éviter d’effaroucher les clients et les employés. Dans le cas d’Attache-Remorques Gatineau, il reste encore deux ans à compléter au plan de transition de cinq ans que nous avons développé avec les propriétaires actuels et les nouveaux actionnaires. »

Alain et Serge Vaillancourt n’ont d’ailleurs pas eu à se rendre très loin pour trouver à qui passer le flambeau : Éric Vaillancourt, déjà membre de la famille, et son coactionnaire, Joël Goulet, qui fait aussi partie de l’entreprise depuis des lustres.