Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau

Votre avis sur la réforme fiscale

Le Droit Affaires et la Banque Nationale ont réalisé un sondage pour connaître l’opinion des entrepreneurs de Gatineau-Ottawa. Ce mois-ci, nous voulons savoir ce que la communauté d’affaires pense de la réforme fiscale du gouvernement fédéral. L’associé chez 4CPA Inc., CPA et chargé de cours à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Pierre-Yves Lemieux, commente les résultats du sondage.

QUESTION 9

«Agréablement surpris» est le terme qu’utilise Pierre-Yves Lemieux en constatant les résultats du sondage. En effet, le CPA trouve soulageant que le trois quarts des répondants soient informés des mesures proposées. 

«D’autant plus considérant que des changements aussi significatifs ont été annoncés en plein cœur de l’été, et ce juste avant le début des vacances de la construction au Québec, ajoute-t-il.»

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QUESTION 10

Le chargé de cours à l’UQO n’est pas du tout surpris que les entrepreneurs ne voient pas la réforme d’un bon œil. 

«C’est un peu comme demander à un salarié ayant droit à un fonds de pension à prestations déterminées si c’est OK que l’on en change les modalités afin de rendre le tout plus équitable envers ceux qui n’en possèdent pas», observe M. Lemieux. 

Ce dernier comprend cependant le point de vue des entrepreneurs sur la question de l’équité. Il croit que le risque associé à la vie d’entrepreneur explique les résultats du sondage.

«Lorsque l’on regarde la situation d’un point de vue quantitatif seulement, il peut sembler plus avantageux d’être un entrepreneur plutôt qu’un salarié. Or, explique l’associé chez 4CPA, il faut aussi prendre en considération la précarité d’une personne en affaires, les risques et les investissements financiers importants, la nécessité de travailler des heures supplémentaires non rémunérées, l’implication directe/indirecte des membres de la famille, les besoins de liquidités de l’entreprise, etc.»

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QUESTION 11

Pierre-Yves Lemieux est d’avis que la mesure qui cause le plus de remous est celle concernant la détention d’un portefeuille de placements passifs par une société. Il comprend pourquoi cette mesure pose problème dans la communauté d’affaires. 

«Les liquidités excédentaires des entrepreneurs détenues par l’entremise d’une société servent également comme « fonds de prévoyance », explique-t-il. Elles peuvent être utilisées afin de faire l’acquisition d’autres entreprises ou encore d’autres actifs nécessaires à la croissance. Ces liquidités se doivent de rester accessibles afin de permettre à l’entreprise de saisir les opportunités ou faire face aux imprévus.»