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Rares sont les investisseurs nord-américains qui ne se posent pas la question suivante : Sommes-nous présentement dans une bulle spéculative ou tout simplement dans un marché haussier qui reflète véritablement la vigueur potentielle de l’économie post-pandémie ?
Rares sont les investisseurs nord-américains qui ne se posent pas la question suivante : Sommes-nous présentement dans une bulle spéculative ou tout simplement dans un marché haussier qui reflète véritablement la vigueur potentielle de l’économie post-pandémie ?

Vivre dans une bulle... financière !

Martin Lalonde
Martin Lalonde
Collaboration spéciale
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CHRONIQUE FINANCES / Rares sont les investisseurs nord-américains qui ne se posent pas la question suivante : Sommes-nous présentement dans une bulle spéculative ou tout simplement dans un marché haussier qui reflète véritablement la vigueur potentielle de l’économie post-pandémie ?

Il faut savoir qu’une bulle se forme quand les prix auxquels les échanges se font sont anormalement élevés relativement à la valeur intrinsèque ou fondamentale de l’actif transigé. On parle alors de comportements irrationnels des investisseurs.

Les plus grandes bulles de l’histoire sont :

· La folie des bulbes de tulipes au 17ième siècle au Pays-Bas.

· La spéculation sur les titres de la South Sea Company en 1720-21 en Angleterre.

· La bulle immobilière européenne de la fin du 19ième siècle.

· Les années folles de 1920 à 1929.

· La bulle japonaise des années 1980.

· La bulle internet des années 1990.

Il est difficile à priori de déclarer qu’une hausse rapide est nécessairement une bulle.

En effet, des changements structurels importants de l’économie peuvent causer une réévaluation rapide de la valeur des actifs sans nécessairement précipiter vers la catastrophe. Car une bulle ne peut l’être sans son éclatement, alors que les prix s’effondrent et que la chute est quasiment instantanée.

Historiquement, les principales causes des bulles sont :

1. Des conditions économiques favorables et durables. Il doit y avoir une justification initiale plausible et prolongée pour la hausse de la valeur d’un actif. La bulle ne se forme que vers la fin, alors que les prix ont dépassé la réalité.

2. Des taux d’intérêts très faibles et une abondance de liquidité dans le marché. L’épargnant doit avoir plusieurs options où déployer son capital et avoir répondu préalablement à ses besoins primaires.

3. L’arrivée de nouveaux investisseurs favorisés par des changements technologiques ou réglementaires. Ce sont habituellement des individus n’ayant pas vécu de baisses importantes des marchés et qui ne font pas preuve de prudence.

Enfin, outre ces causes, il est clair que le signe le plus évident est le sentiment d’euphorie temporaire qui embrase les intervenants et qui cause l’abandon d’une quelconque gestion du risque financier.

Heureusement, une bulle financière n’a pas que des effets négatifs. Pour les professionnels du secteur, l’éclatamment des prix provoque une dislocation du marché et ceux-ci perdent momentanément tout lien avec la réalité. Même les plus solides entreprises sont aspirées vers le bas. C’est alors que les meilleures occasions se présentent. Les plus grandes fortunes du dernier siècle se sont construites à la suite de la grande dépression.

Répondons maintenant à la question initiale : vivons-nous présentement les effets d’une bulle financière ? Je crois personnellement que le marché actuel démontre plusieurs des signes avant-coureurs d’une telle bulle. Il peut donc être sain de prévoir des liquidités pour profiter de potentielles occasions futures. Entretemps, il n’y a rien de mal à profiter de ce beau marché haussier qui dure maintenant depuis plus de 12 ans.



Notre chroniqueur Martin Lalonde est président de la firme Les Investissements Rivemont, une institution financière spécialisée en gestion de portefeuille établie à Gatineau.