Le président et chef de la direction de Brookfield, Richard Legault

Une multinationale en croissance

Couloirs vitrés, murs lisses en béton, cadrages en acier brossé et plafonds surélevés. La facture du nouveau quartier général de la compagnie Énergie Brookfield, rue Victoria dans le secteur Hull de Gatineau, est résolument contemporaine. Un bâtiment à l'image de la compagnie : moderne, efficace et discret.
Richard Legault, le président exécutif de l'entreprise fait le tour du propriétaire. Il a l'oeil lumineux. «Nous avons une belle entreprise. Nous en sommes fiers», lance-t-il.
Dans cette ruche de cinq étages se trouve l'un des plus gros employeurs privés de la région, avec ses 500 courtiers, analystes de marché, ingénieurs, comptables. Pour comprendre l'ampleur de l'entreprise, il faut voir la salle de courtage, où, sur un immense mur de diodes (une création de l'entreprise gatinoise CartoVista), sont affichés les cours boursiers, les aléas de la météo, les nouvelles en direct.
Le président et chef de la direction de Brookfield, Richard Legault
En face de cette fresque cathodique, des courtiers transigent en direct le prix du kilowatt-heure. Et c'est à partir d'ici que les employés de Brookfield contrôlent à distance des dizaines et des dizaines de centrales hydroélectriques que la compagnie détient en Amérique du Nord.
Une multinationale gatinoise
L'histoire de la multinationale débute à Masson à la fin des années 1990, lorsque la compagnie James Maclaren décide de vendre ses trois centrales hydroélectriques sur la rivière du Lièvre. Richard Legault, alors directeur financier de Maclaren, propose au nouveau propriétaire, le groupe Brascan (devenu Brookfield depuis), de créer une fiducie de revenus. Et d'acheter d'autres centrales. L'affaire démarre avec un noyau d'une quinzaine de personnes. Puis les acquisitions s'accumulent à un rythme effréné. «Avec notre petit groupe et notre expertise, c'était rendu difficile de nous déménager», rappelle en riant M. Legault. « La compagnie nous a fait confiance. Mais c'est vrai qu'au début, ce n'était pas facile de recruter des courtiers aux États-Unis et de les amener ici! » raconte-t-il. Le pari a réussi, plusieurs des employés de Brookfield sont de l'Outaouais. «Nous les formons ici, explique le président exécutif. «Donc, oui, c'est possible de bâtir une multinationale dans la région.»
Aujourd'hui, Énergie Brookfield possède plus de 250 installations d'énergie renouvelable (centrales hydroélectriques et éoliennes) en Amérique, en Colombie, au Brésil et en Europe. Puissance totale : 10 000 mégawatts. Plus de 2000 employés. Énergie Brookfield fournit de l'électricité à plus de quatre millions de résidences dans une trentaine de pays.
Le grand patron d'Énergie Brookfield a grandi à un jet de pierre du siège social de l'entreprise, sur la rue Gagnon, à Hull. Ce fils d'épicier aura passé le plus clair de sa vie en Outaouais, mis à part une brève période où il est parti à Toronto pour réparer des photocopieurs après avoir abandonné le Cégep. De retour dans la région, il a terminé des études en comptabilité à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) à l'âge de 25 ans. S'en est suivi une carrière fulgurante dans le monde de l'hydroélectricité.
C'est cette passion et celle de ses collaborateurs, dit-il, qui explique le succès de cette entreprise de classe mondiale. Certains de ses proches l'accompagnent depuis 25 ans dans cette aventure. Richard Legault, dont le travail a souvent été récompensé a, entre autres, été choisi Personnalité de l'année LeDroit/Radio-Canada en 2014. Mais il a toujours fait rejaillir les honneurs sur les membres de son équipe. Modeste et reconnaissant, dit-on de lui. Un homme qui a également su rester fidèle à sa région. À preuve, il est président d'honneur de la Fondation Mathieu-Froment-Savoie, il contribue au Centre de pédiatrie sociale de Gatineau et préside le conseil d'administration de Forces Avenir, qui valorise l'engagement des étudiants dans leur communauté.
Pour l'instant, l'heure de la retraite semble loin. L'entreprise est toujours en mode acquisition. Un autre contrat d'envergure est sur le point d'être signé en Inde.
«Je ne me vois pas arrêter. J'ai la plus belle job du monde.»