Aissatou Soumare

Un investissement social gagnant

CHRONIQUE - PHILANTHROPIE / Les entreprises ont le pouvoir de changer des vies en offrant des emplois décents aux nouveaux arrivants. Au lieu d’être perçus comme un problème de société, il est possible de les intégrer davantage à la solution de la pénurie de main-d’œuvre et de voir dans ce geste une stratégie philanthropique d’affaires.

Plusieurs immigrants ont certains défis à relever afin de devenir ces employés tant recherchés : la reconnaissance de leurs acquis, la mise à niveau de leurs compétences, la maîtrise des langues officielles, la précarité de leur statut. Ils suivent des formations, participent à des sessions d’informations, contribuent à des groupes de conversation pour comprendre davantage les pratiques en terre d’accueil. 

Malgré tout leur bagage intellectuel, leur expérience et même avec leur permis de travail en poche, ils demeurent souvent marginalisés sur le marché de l’emploi ou sous-employés.

Agente de placement à l’emploi au Conseil économique et social d'Ottawa-Carleton ( CESOC ), Aissatou Soumare accompagne les nouveaux arrivants en recherche d’emploi jusqu’à leur placement dans leur domaine d’activités ou dans un secteur connexe. 

«La tâche est importante. Avec Compétences mondiales, le Centre communautaire Vanier, Action interculturelle et les Services Intégration Travail Outaouais (SITO), le CESOC s’y investit pleinement pour bien former, accompagner et placer ces personnes en emploi. Il organise des ateliers sur les compétences culturelles destinés aux nouveaux arrivants et aux employeurs car la méconnaissance de l’autre pose souvent le plus grand problème.» 

25% de l’objectif atteint

«Nous demandons aux entreprises de leur donner une opportunité d’emploi pour qu’ils prouvent leurs compétences et leur expérience, explique Mme Soumare. Cette main-d’œuvre existe et nous sommes prêts à soutenir les entreprises qui ne savent pas où les trouver. Nous rencontrons les employeurs intéressés pour comprendre leurs besoins et leur fournir une main-d’œuvre de qualité. Quand une entreprise a un emploi à offrir, nous accompagnons adéquatement la personne pour qu’elle soit prête et performante lors de l’embauche. Depuis avril dernier, 25 personnes sur une centaine ont trouvé un emploi, dit-elle.  Si 200 entreprises embauchaient un nouvel arrivant d’ici Noël, nous aurions permis à de nouveaux immigrants de s’intégrer rapidement dans l’économie de la région.»

La confiance et la connaissance mutuelle aident à surmonter les préjugés et facilitent ainsi la découverte de personnes qualifiées pour les emplois disponibles. En leur offrant une opportunité de prouver de quoi ils sont capables, les entreprises donnent un nouveau sens à la philanthropie.