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Josée Silva de Voyages Lorraine, Jean et Josée Ricard de Voyages Atlantis, et Marie-Pier Guilmette de Voyages Vasco La Chaudière
Josée Silva de Voyages Lorraine, Jean et Josée Ricard de Voyages Atlantis, et Marie-Pier Guilmette de Voyages Vasco La Chaudière

Trois voyagistes en quête d'inspiration

Isabelle Brisebois
Isabelle Brisebois
Collaboration spéciale
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Levez la main si vous avez sur l’écran de votre cellulaire une photo de voyage qui vous rappelle une « autre époque », celle où l’on pouvait s’envoler sur un coup de tête ? Vous rêvez avec nostalgie de votre prochaine destination ? En pleine pandémie, trois agences bien ancrées dans la région unissent leur savoir-faire pour former le Groupe Inspirations Voyage, question de ressortir plus fort de la pandémie et d’offrir une vaste gamme de services qui sauront combler le plus exigeant des globe-trotters.

Le trio cumule à lui seul 112 ans d’expérience dans le domaine. En s’associant, Voyages Lorraine (Josée Silva), Voyage Atlantis (Josée et Jean Ricard) et Voyages Vasco La Chaudière (Marie-Pier Guilmette) comptent bien devenir la référence en Outaouais et développer davantage le marché en Ontario, notamment grâce à leur vaste expertise dans les croisières, les voyages Disney, d’aventures, de groupe, corporatifs et, bien entendu, vers le Sud et l’Europe.

« S’adapter ou mourir, c’est ce qu’on dit souvent dans le milieu, fait valoir Jean Ricard. Et pour nombre d’entre nous, la pandémie nous a forcés à réfléchir à l’avenir. Josée Silva et moi-même, nous songeons à prendre éventuellement notre retraite. Je cherchais un leader qui pouvait assurer la pérennité et la croissance de l’entreprise et c’est pourquoi j’ai approché Marie-Pier, entrepreneure dont la réputation n’est plus à faire, pour tenir les rênes de nos trois agences. »

Les discussions ont duré pendant près d’un an avant d’aboutir à la fusion. « Il n’y a que des avantages dans cette transaction, pour les clients et pour nous trois, affirme Marie-Pier Guilmette. Nous allons réduire nos dépenses, augmenter notre offre de services et, au sortir de la pandémie, lorsque tout sera revenu à la normale, notre chiffre d’affaires commun devrait dépasser 10 millions de dollars, le mien s’élevant présentement à 4,6 millions. »

Le choc de la pandémie

Ces millions, on pouvait les calculer avant le 13 mars 2020. Car rappelons-le, au lendemain de l’annonce du confinement, l’industrie du voyage s’est totalement effondrée. « On n’a plus de revenus depuis plus d’un an, disent en cœur Jean Ricard et Marie-Pier Guilmette. Sans oublier qu’on a travaillé sans relâche et bénévolement pour rapatrier au pays nos clients qui étaient à l’étranger et veiller à leurs remboursements. Nos agents reçoivent de l’assurance-emploi et nous, on tente bien que mal de ne pas s’endetter. Les subventions, il faut les rembourser. »

Marie-Pier Guilmette vue par Bado

Le choc est d’autant plus grand, sachant que 2018 et 2019 ont été des années records. Nul n’étant devin, difficile d’affirmer hors de tout doute à quel moment les voyages reprendront de plus belle. « Selon l’Association des agents de voyage du Québec, on devrait commencer à ravoir des revenus à partir du deuxième trimestre de 2022, espère Mme Guilmette. D’ici là, on réfléchit à des stratégies de relance et de croissance. »

Assurer la relève en matière de personnel et de clientèle compte parmi les défis à surmonter. Les étudiants fraîchement sortis de l’école reçoivent un salaire de départ avec commission et doivent bâtir leur clientèle. « On les perd après avoir investi beaucoup de temps pour les former, rappelle-t-elle. Difficile de concurrencer avec les salaires de la fonction publique fédérale. Il faut vraiment être passionné de voyage pour tenir le coup dans ce secteur. Souvent, les agents sont plus âgés, ils en sont à leur deuxième carrière. »

Jean et Josée Ricard de Voyages Atlantis, Marie-Pier Guilmette de Voyages Vasco La Chaudière et Josée Silva de Voyages Lorraine

Une clientèle rassurée

Quant à la future clientèle, elle est à un « clic » de se réserver – sans aide – un voyage, une tendance qui est observée chez les plus jeunes. Pourquoi donc faire appel à un agent de voyage quand on trouve de tout en ligne ? « Pour le service et la sécurité, s’exclament Jean Ricard et Marie-Pier Guilmette. La crise de la COVID-19 est un exemple parfait de cette plus-value que représente un agent de voyage. C’était la panique, nos clients étaient désemparés face à l’incertitude. Nous avons reçu de nombreux courriels et des cadeaux en guise de remerciements pour notre aide, rigueur et efficacité. Ils sont nos meilleurs ambassadeurs et ce sont eux qui nous envoient leurs enfants, petits-enfants et amis. »

Malgré la prochaine année qui s’annonce encore difficile, toute l’équipe est optimiste quant à l’avenir. « Les gens ont soif de voyage, de sortir de la maison, et ils nous le disent, renchérissent les deux voyagistes. Beaucoup d’entre eux ont fait des économies, et s’apprêtent à faire plus d’un voyage en une année ou, encore, des voyages plus luxueux. Les fournisseurs font de belles promotions pour contribuer à la relance, des combinaisons flexibles, avec dépôt remboursable, ce qui rassure le client. Sans oublier le passeport vaccinal qui devrait favoriser la circulation d’un pays à l’autre. »

Quant aux voyages corporatifs, une spécialité de Mme Guilmette, qu’en adviendra-t-il alors que la plupart des travailleurs sont en mode télétravail ? « Mon mentor Antoine Normand, de BlueBear et In-Sec-M, me dit toujours qu’il n’y a rien de mieux qu’une bonne discussion dans un corridor pour sceller une entente, rappelle-t-elle. Les conférences et congrès sont là pour rester. C’est du côté des voyages d’affaires d’une journée, les allers-retours, où l’on anticipe des baisses considérables. »