Samuel Doucet, président de Kyan Culture
Samuel Doucet, président de Kyan Culture

Micro-Pousses, grand succès

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Manger sa portion de légumes quotidienne peut être plus simple qu’il n’y paraît. Du moins, c’est ce que prône l’entreprise Kyan Culture, qui se spécialise dans la production de micro-pousses.

« Une micro-pousse, on peut le voir comme un bébé légume », explique le président de Kyan Culture, Samuel Doucet. « Ce qui est le fun avec ça, c’est que c’est vraiment bon pour la santé. Cinq grammes de micro-pousses de brocoli peuvent donner jusqu’à 50 fois plus de nutriments que manger un brocoli au complet, parce que c’est concentré. » 

Fondée en 2017, Kyan Culture s’est rapidement développé une clientèle avide de produits locaux et de fraîcheur. Établie à Vankleek Hill dans l’Est ontarien, la réputation de l’entreprise n’est plus à faire parmi bien des épiciers et restaurateurs de la région. « On est vraiment bien ancrés en Ontario », précise M. Doucet. Radis, pois, tournesol, brocoli, les micro-pousses sont variées et pratiques. « Au lieu de cuire des légumes, tu peux prendre des micro-pousses et en mettre partout. Tu peux en mettre dans tes boissons frappées le matin, dans tes sandwichs, dans des soupes. »

La crème de la crème

Les micro-pousses de Kyan Culture sont certifiées biologiques, une étiquette primordiale aux yeux de Samuel Doucet. « Je ne crois pas au fait de rajouter des nutriments artificiels », explique le président. « Graines, terre, eau, lumière, c’est ça qu’on fait. Ça ne coûte pas beaucoup plus cher être bio et je trouve que c’est plus sécuritaire. » Être certifié biologique coûte environ 3 000$ à l’entrepreneur annuellement. Une somme que plusieurs entreprises décident de rembourser en augmentant le prix de leurs produits ayant atteint cette authentification. Mais hors de question que la tendance se maintienne chez Kyan Culture. « Je vais la débourser de ma poche la différence. On a des systèmes en place, on a des politiques, des procédures. Ce n’est pas mes clients qui vont payer pour ça. »

De plus, Kyan Culture peut se vanter d’être la seule entreprise au Canada qui produit des micro-pousses biologiques fraîchement coupées avec la certification GlobalGAP. Cette authentification assure aux consommateurs que les produits ont été cultivés selon les meilleures pratiques et les plus hautes normes de l’industrie. «Ça nous permet d’aller dans les gros magasins comme Loblaws ou Farm Boy. Ça nous donne l’avantage et ça démontre qu’on fait attention à la sécurité alimentaire.»

Coup de « pousse » signé COVID

Alors que bon nombre de secteurs de l’économie peinaient à garder la tête hors de l’eau pendant la COVID-19, pour Kyan Culture, la réalité était tout autre. « On a été affectés pendant 2-3 semaines. Mais même si on a perdu les ventes de nos restaurants, les épiceries ont presque doublé leurs chiffres d’affaires», explique le PDG, qui s’avoue extrêmement chanceux. La restauration, même avant la pandémie, correspond à 20% du chiffre d’affaires de Kyan Culture, contre 80% pour les épiceries. «Nos ventes ont explosé. On est en rupture de stock chaque semaine », s’exclame-t-il. 

Même si les locaux de Kyan Culture permettraient facilement à l’entreprise de produire davantage pour fournir à la demande croissante, M. Doucet souhaite garder sa production relativement stable, pour l’instant. « Je n’aime pas gaspiller. J’aime vraiment mieux me fier aux moyennes de vente chaque semaine. On a la place pour augmenter la production, mais c’est le principe. En faisant ça, on gaspille moins. »

Mais la troisième plus grosse ferme de micro-pousses en Ontario voit grand. Avec une certification GlobalGAP à son actif, Kyan Culture peut désormais envisager percer tout le marché nord-américain. « Mon but c’est que bientôt, mes micro-pousses soient vendues à New York », espère M. Doucet.