Martin Lalonde
Collaboration spéciale
Martin Lalonde

Investir en temps de pandémie

La pandémie a frappé de plein fouet les marchés boursiers le 24 février dernier et les semaines suivantes ont été éprouvantes pour les investisseurs. Le 9 mars, l’indice canadien des plus grandes entreprises publiques avait perdu 10 %. Mais alors que les plus frileux ont protégé leurs investissements en réduisant la portion d’actions de leurs portefeuilles, certains plus audacieux ont profité de cette baisse unique pour faire le plein et profiter des occasions qui se sont présentées.

Avec le recul, il est évident que les seconds en sortent grandement gagnants. Mais, comme investisseur, il ne faut pas y voir un moyen infaillible de s’enrichir, même si cette fois, comme souvent au cours des 10 dernières années, acheter les baisses soudaines aura été la stratégie la plus performante.

Car il ne faut jamais l’oublier, la pandémie aurait pu (et peut toujours) marquer le début d’une période économique plus morose et certainement le début d’un marché baissier prolongé sur les marchés nord-américains.

Cependant, les crises comme celle que l’on vit présentement ont la particularité hyper intéressante de présenter des opportunités d’investissements au niveau sectoriel. Ainsi, alors que les secteurs de l’énergie, de la finance et de l’immobilier sont toujours loin de leur pic annuel, les secteurs de la haute technologie, de la santé et de la consommation discrétionnaire fracassent de nouveaux sommets chaque semaine.

Au second trimestre, alors que le confinement devenait généralisé, il devenait plus que probable que le sous-secteur de la technologie à distance connaîtrait une croissance hors de l’ordinaire. Et le meilleur exemple est évidemment Zoom Video Communication qui, pandémie oblige, a vu son produit vedette devenir indispensable à la plupart des entreprises. Les communications vidéo ont donc explosées, tout comme la valeur de l’action de la compagnie qui est passée de 70$ en février à plus de 300$ à la fin août.

Dans la même veine, deux autres entreprises ont profité de cette manne aussi extraordinaire qu’inédite pour faire des affaires d’or.

Docusign, l’expert de la signature électronique, a vu ses parts de marché exploser malgré une féroce compétition de joueurs établis, notamment Adobe. La facilité d’utilisation du service et son prix abordable auront fait la différence. Le titre est passé de 45$ en septembre dernier à plus de 200$.

Teledoc, le leader de la visite médicale à distance, a combiné nos besoins particuliers en confinement avec nos inquiétudes médicales bien compréhensibles en cette période pour continuer sa croissance à la vitesse grand V. Et son titre a quadruplé dans la dernière année.

En conclusion, il m’apparaît impératif de ne pas baser nos décisions d’investissements sur une baisse ou une hausse rapide des marchés en période d’incertitude. Il est plutôt nécessaire d’évaluer les changements aux habitudes de consommation qui en découlent. Des opportunités il y en aura toujours, reste à bien les identifier.

Notre chroniqueur Martin Lalonde est président de la firme Les Investissements Rivemont, une institution financière gatinoise spécialisée en gestion de portefeuilles.