Alexandre Cloutier
Alexandre Cloutier

Innovatools: L’entrepreneur « patenteux »

Denis Gratton
Denis Gratton
Le Droit
Alexandre Cloutier est un patenteux. Diplômé de l’école secondaire Béatrice-Desloges d’Orléans et du collège La Cité, cet homme d’affaires de 34 ans de Cumberland a fondé son entreprise de construction - Cloutier Construction - à l’âge de 24 ans.

« Mais j’ai commencé à travailler en sous-traitance à l’âge de 19 ans, dit-il. Je fais du résidentiel, du commercial, de la construction neuve, de la rénovation, enfin tout ce qui représente un défi. Plus c’est compliqué, plus c’est amusant », lance-t-il.

« Mon entreprise, Cloutier Construction, roule depuis une dizaine d’années. J’ai une bonne équipe de quatre employés et on ne manque pas de travail. »

Il y a un peu plus de cinq ans, Alexandre Cloutier a ajouté une corde à son arc en fondant la compagnie Innovatools, à Vars, dans l’Est ontarien. Une entreprise de l’industrie de l’innovation qu’il a lancée après avoir inventé un outil devenu fort populaire sur les chantiers de construction. Un outil qu’il a « patenté » dans son garage de Cumberland et qui s’est depuis vendu à plusieurs milliers d’unités.

« En construction, j’essaie toujours de rendre le travail plus efficace en développant des techniques, mais aussi des outils, explique-t-il. Il y a quatre ans, j’ai lancé mon premier outil sur le marché, l’accessoire de mesure « Just-Bend ». C’est un outil qui permet de plier des solins à l’aide de plieuses portables de façon plus rapide et plus simple. Cet outil accroît l’efficacité du travail, il réduit le gaspillage de matériaux et il facilite la formation de nouveaux employés chargés d’utiliser une plieuse. Nous en vendons des centaines par année au Canada et aux États-Unis.

DENIS GRATTON : Innovatools a-t-il développé d’autres produits depuis ?

ALEXANDRE CLOUTIER : Oui. Il y a trois ans, j’ai embauché un technologue en génie mécanique pour m’aider avec le développement d’autres produits. On se rencontrait quelques fois par semaine dans mon garage. Il y a deux ans, on a loué un espace commercial à Vars, dans le parc industriel, j’ai embauché d’autres techniciens et professionnels et on a développé cinq autres produits en 2019-2020. Innovatools compte aujourd’hui huit employés.

DG : Comment la pandémie de la COVID-19 a-t-elle affecté votre entreprise ?

AC : Disons que ça nous a lancé toute une courbe, répond-il en riant. Les chantiers de construction étaient fermés et les outils que nous produisons sont des produits très spécialisés, des outils de luxe si on peut dire ainsi, qui rendent le travail beaucoup plus efficace. Sauf que lorsque l’économie s’arrête, l’argent se fait rare. Disons que n’est pas un bon moment pour se procurer des outils de luxe. Mais comme entreprise, on a le choix entre baisser les bras ou baisser la tête, foncer et passer à travers. Lâcher n’était pas une option pour moi. Et lorsque j’ai entendu les premiers ministres demander l’aide des entreprises pour aider avec la production d’équipements médicaux, nous avons décidé de nous lancer dans ce domaine en fondant Innovalife, une subdivision d’Innovatools.

DG : Quels sont les produits offerts par Innovalife ?

AC : Des visières, des lunettes et des bracelets avertisseurs qui vous rappellent de ne pas porter votre main à votre visage. Nos visières sont lavables et réutilisables. Nous les avons développées avec les conseils d’experts de l’Institut du savoir Montfort. Nous n’avions aucune connaissance en équipement de protection médical et les gens de Montfort nous ont grandement aidés à ce niveau. Quelques hôpitaux de la région utilisent nos visières depuis avril dernier. Les ventes ont cependant ralenti un peu et, en un sens, c’est un bon signe ! 

DG : Vous avez récemment offert des milliers de visières au Conseil des écoles catholiques dU Centre-Est.

AC : En fait, nous avons donné 12 000 visières à cinq différents conseils scolaires pour une valeur d’environ 70 000 $. Nous voulions aider. On entendait dire qu’il y avait des besoins dans les écoles qui allaient bientôt ouvrir. Alors on a décidé d’offrir ce don. J’ai un fils qui fréquente une école d’Orléans. J’ai aussi des amis qui sont enseignants. Donc si on peut leur offrir un produit qui fonctionne et qui les protège pendant qu’ils s’occupent de nos enfants, pourquoi pas ? C’est une question d’entraide. On est tous dans le même bateau. »