Ashley Belleau-Dame
Ashley Belleau-Dame

Bootcamp au féminin

Sandrine Vieira
Collaboration spéciale
Se lancer en affaires, un défi particulièrement difficile pour les femmes ? C’est ce que l’on pourrait croire, puisqu’elles ne représentent que 28% de tous les entrepreneurs au Canada et que moins d’une PME sur cinq du pays est majoritairement détenue par une femme.

C’est la raison pour laquelle un nouveau programme de « bootcamp », ou camp d’entraînement en français, pour femmes en entrepreneuriat a été mis sur pied par Investir Ottawa.

Ashley Belleau-Dame, originaire de Gatineau, fait partie de la sélection des 10 femmes qui participeront au programme SheBoot.

Elle aura l’occasion de participer au programme de quatre semaines qui sera lancé cet automne. L’objectif est d’aider les femmes chefs d’entreprise à renforcer leurs compétences en matière d’investissement, à offrir des opportunités de réseautage et à présenter les fondateurs à des investisseurs potentiels.

La jeune femme de 23 ans, qui vient tout juste de graduer de l’Université d’Ottawa, est ravie de faire partie de la cohorte.

« Pour moi, c’est important d’encourager les femmes, c’est important de se soutenir, prône-t-elle. Il y beaucoup de ressources offertes, du mentorat offert pendant un an et ça aide les femmes à obtenir de l’investissement. Pour une femme, c’est plus difficile d’obtenir de l’investissement, c’est donc important d’aller chercher ce support-là et de se créer un bon réseau. »

Le facteur pandémie

Selon un rapport du Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat, la pandémie de COVID-19 ne risque pas d’améliorer la situation pour les femmes entrepreneures. La petite taille de leurs entreprises ainsi que les secteurs d’activité dans lesquels elles évoluent sont parmi les plus touchés par la crise. 

Ashley Belleau-Dame est elle-même touchée par la situation. La jeune femme est à la tête de la startup Bagsort, une entreprise qui fournit du stockage de bagages à court terme hébergé par des magasins et des hôtels locaux. Les services sont déjà offerts dans sept grandes villes en Amérique du Nord. Mais la jeune femme voit plus loin : « On aimerait devenir le AirBnb de l’entreposage de bagages. Le plan, c’est d’être partout dans le monde ». Rien de moins disait-elle avant la pandémie.

Et qui dit bagage dit tourisme. Si elle s’attendait à « avoir un gros été », la pandémie a rapidement changé ses prévisions. « On n’a pas eu les ventes auxquelles on s’attendait, évidemment. Mais, si je nous compare aux autres entreprises du domaine du tourisme, on est sûrement les moins pires. On a mis les bouchées doubles, on a changé de plan et de stratégie », explique-t-elle. Le mois d’août a même été le meilleur mois de l’entreprise depuis son lancement, en août 2019.

Ce revirement de situation est le genre d’apprentissage qu’elle pourra partager avec ses collègues lors du bootcamp, cet automne. Malgré son jeune âge, celle qui se décrit comme le « bébé du groupe » est certaine qu’elle possède un bagage de connaissances à apporter.

« Dans la vie, je suis une fonceuse. Beaucoup de gens en entrepreneuriat attendent que tout soit parfait avant de se lancer. C’est peut-être l’aspect que je pourrais apporter: ton projet n’est peut-être pas parfait, mais lance-toi pareil ! »