Chantal Plamondon, propriétaire de la boutique en ligne Life Without Plastic.

Vivre sans plastique

En 2006, Chantal Plamondon, une résidente de Wakefield, a eu la brillante idée de fonder avec son conjoint de l’époque la boutique en ligne Life Without Plastic.

L’entreprise, dont le siège social est situé sur la rue Taschereau à Gatineau, offre une panoplie de produits sans plastique, durables et écologiques qui vont de la bouteille de lait en verre pour bébés à la brosse de cuvettes de toilettes en bois. Depuis, les ventes ne cessent de croître, surtout chez nos voisins américains   

Originaire de Sainte-Thérèse, dans la couronne nord de Montréal, Chantal Plamondon a obtenu son diplôme en droit à l’Université McGill de Montréal avant d’aller travailler à Toronto comme consultante en entreprises. « Mon travail était trop centré sur le profit et pas assez sur des valeurs sociales. C’est ce qui m’a poussé à compléter une maîtrise en éthique commerciale à l’Université d’Ottawa », raconte celle qui a occupé un poste au Bureau de la concurrence au gouvernement fédéral. 

En parallèle, elle songeait depuis quelque temps à se lancer en affaires. « J’essayais de trouver une idée d’entreprise qui aiderait à combattre la dépendance au plastique », explique-t-elle. Cette prise de conscience lui est venue après la naissance de son fils en 2005. « Je voyais mon fils de deux ans se mettre des objets de plastique dans la bouche. Je me disais que tous ces objets pourraient certainement être fabriqués en bois ou avec d’autres matériaux plus écologiques. » C’est ainsi qu’après avoir demandé une année sabbatique afin de se consacrer pleinement à sa nouvelle entreprise, Mme Plamondon est devenue femme d’affaires en lançant Life Without Plastic.

Une clientèle américaine

Elle a d’abord acheté des bouteilles de lait en verre pour bébés de même que des bouteilles d’eau en métal, qu’elle a offertes à la vente en ligne. Mme Plamondon a conclu sa première vente avec un client de Vancouver. La demande n’a cessé de croître depuis. Elle explique son succès par le choix du nom de son entreprise. « Le nom Life Without Plastic (Vivre sans plastique) était tout désigné. J’ai été chanceuse, dit-elle avec humilité. Ces sont des mots-clés qui sont souvent utilisés sur Internet. Les clients étaient curieux au début puis les ventes ont explosé », précise-t-elle.


« Je voyais mon fils de deux ans se mettre des objets de plastique dans la bouche. Je me disais que tous ces objets pourraient certainement être fabriqués en bois ou avec d’autres matériaux plus écologiques. »
Chantal Plamondon

Bien qu’elle ait d’abord vendu des articles pour bébés, ses clients se sont rapidement intéressés aux articles de cuisine et de salle de bain. En 2017, on retrouvait déjà plus de 500 produits sur son site. La hausse de ses ventes s’explique aussi par la prise de conscience des dangers du plastique pour la santé humaine et pour la planète. Au départ, près de 70% des acheteurs venaient des États-Unis. « Je vendais surtout à des Américains de la côte Ouest qui étaient plus conscients de la menace que pose la contamination au plastique pour nos océans. Ici, les gens me disaient que le plastique ne constitue pas un problème puisqu’on recycle ! » Or, on sait bien que beaucoup de nos matières recyclables se retrouvent dans des dépotoirs.

Cette tendance n’a fait que s’accentuer depuis 2018 si bien qu’aujourd’hui, plus de 85% de ses ventes se font chez nos voisins du Sud. Pour répondre à la demande, Mme Plamondon a retenu les services d’une compagnie d’entreposage et de logistique à Ogdensburg, dans l’État de New York, afin de stocker sa marchandise et faciliter sa distribution aux quatre coins de l’Amérique du Nord. L’emballage des produits se fait aux États-Unis et tout est expédié par la poste. Malgré ces activités au sud de la frontière, le centre administratif de la compagnie demeure à Gatineau. À l’heure actuelle, Life Without Plastic reçoit en moyenne 1000 commandes par mois et génère un revenu annuel qui dépasse le million de dollars. Plus de 75% de leur chiffre d’affaires découle de la vente au détail. Le reste provient de la vente en gros.