La propriétaire de Je vois Optométrie, Josée Martineau

Une vision à long terme

La Dre Josée Martineau aime aider les gens. Ceux qui sont nés avec la rétine pigmentaire ou du glaucome, ceux qui souffrent de la dégénérescence maculaire. Ceux qui ont eu des ACV ou des commotions cérébrales. « Ça, ce sont tous des gens qui n’ont pas des yeux de 20/20, résume l’optométriste.  Ce sont les cas que j’adore. »

Cette passion explique pourquoi Josée Martineau pratique l’optométrie depuis 30 ans. Elle a repris la clinique du Dr Jacques Gaulin, en 1989. Tous ces troubles de la vue qu’elle a rencontrés au cours de sa longue carrière ne l’effraient pas, au contraire. « Je vais pratiquer encore longtemps », se réjouit-elle

« Longtemps » n’est pas un mot anodin dans son cas. Sa clinique, Je vois Optométrie, accueille des patients depuis 1919. L’entreprise fondée par le Dr Gaulin père célébrait 100 ans d’existence le 13 juin dernier. Un siècle. Pourquoi fréquente-t-on cet établissement, maintenant situé sur la rue Clarence à Ottawa ? Parce que tout le monde y est bien traité. Tout particulièrement les Franco-Ontariens. La Dre Martineau est bien placée pour comprendre les minorités linguistiques.

« Moi je viens d’Alfred, commence l’optométriste. Il n’y a pas d’école d’optométrie dans la région, il y en a seulement deux au Canada, une à Waterloo et une à Montréal. Puisque je suis Franco-Ontarienne, pour aller à l’Université de Montréal, ils me demandaient de faire mon cégep. Donc, c’était plus direct, malgré que je ne parlais pas anglais, d’aller à l’Université de Waterloo. » Elle ne regrette pas son choix : « J’ai adoré », dit-elle avec le sourire.

La gentille dame

Malgré la barrière linguistique, la Franco-Ontarienne garde donc un excellent souvenir de ses études. Elle remercie les gens qu’elle a côtoyés à Waterloo. « Il y avait une gentille dame au bureau à l’Université de Waterloo qui a réalisé que je ne parlais vraiment pas anglais et que je n’avais pas de sous, donc j’avais besoin de bourses d’études et tout ça. Cette gentille dame a appelé une enseignante francophone pour venir traduire pour moi. C’était merveilleux. Ils ont très bien pris soin de moi. » Aujourd’hui, toute l’équipe de la clinique s’occupe des patients tant francophones qu’anglophones avec la même attention que cette fameuse « gentille dame ».

Du reste, la Dre Martineau a appris l’anglais très vite. Quand on lui a proposé d’écrire ses examens avec des dictionnaires bilingues, elle a refusé. La matière était bien assimilée. « J’ai fait ma résidence aux États-Unis, à Atlanta, dans une clinique qui faisait des cas très complexes, des cas de pathologie, de cancer des yeux. Dans ce temps-là, le sida était malheureusement très prévalent. » On lui a offert un poste, mais elle a préféré revenir au Canada. « Je ne voulais pas travailler dans un système qui refusait l’accès aux soins de santé, explique-t-elle, donc je suis venue ici. »