Le cofondateur de la compagnie Biograde, Luc Marineau, accompagné de sa fille Émilie, qui travaille directement dans la fabrication et l’emballage des produits.

Pour du travail propre, sans danger!

Fini le temps où on nettoyait tout avec du varsol, pas de gants ! Luc Marineau le constate tous les jours lorsqu’il visite des commerces ou des édifices à bureaux pour vendre ses produits biologiques de nettoyage. « Les grandes compagnies demandent des produits moins nocifs pour les employés. »

Luc Marineau et sa conjointe Catherine Barrette ont fondé Biograde il y a six ans. L’idée était de créer des produits de dégraissage et de nettoyage performants, certes, mais qui soient également sans danger pour les travailleurs. Biograde semble avoir trouvé la bonne recette, au bon moment.

Les produits Biograde sont destinés au secteur industriel, commercial et institutionnel. Ils coûtent trois fois plus chers que les produits vendus au détail, mais « ils sont plus efficaces », assure M. Marineau. Le produit phare de Biograde est le Dissolve, un débloqueur de drains qui permet de liquéfier les résidus qui obstruent les conduites d’eau. La jeune pousse de Gatineau en a vendu quelque 12 000 bouteilles l’an dernier. Et les ventes ne font que grimper depuis la création de l’entreprise.

Il y a, parmi sa clientèle, autant les édifices fédéraux de la région, les musées nationaux, les villes de Gatineau et d’Ottawa, que des compagnies telles que Costco et Ikea. En plus d’être biologiques, les produits de Biograde sont sans odeur.

L’expérience américaine

Luc Marineau a travaillé pendant une quinzaine d’années pour la compagnie américaine de Dallas, Chemsearch, qui fabrique depuis 100 ans des produits chimiques de nettoyage. C’est là où il a appris les techniques de vente. Il est en fait devenu le vice-président aux ventes pour le Canada jusqu’à ce que Chemsearch abandonne le marché canadien au lendemain de la crise financière de 2008. M. Marineau avait alors constaté un changement de mentalités dans les entreprises qui réclamaient des produits plus écologiques, plus sains pour les employés. Il décide alors d’exploiter lui-même ce créneau et fonde Biograde.

« Je voulais des produits sécuritaires. Notre chimiste a conçu des savons qui sont biodégradables en moins de 28 jours. Et sans odeur », dit fièrement M. Marineau. La compagnie offre quelque 200 produits différents, la majorité étant fabriqués dans un petit atelier à Gatineau.

Le produit Dissolve développé par l'entreprise Biograde.

Plutôt que de vendre ses produits par Internet, Luc Marineau privilégie la bonne vieille approche du porte-à-porte. Il se rend lui-même chez les clients potentiels et tente de les convaincre de payer un peu plus cher pour des produits plus sains. Efficace, la méthode ? La moitié des visites se concluent par des ventes. L’approche client est essentielle, dit-il. « Pour obtenir notre premier contrat avec Brookfield GIS, ça nous a pris six mois de négociations. »

« Le plus difficile pour nous, c’est que la gestion immobilière est très décentralisée et les besoins diffèrent d’un immeuble à l’autre. Portage 3 ou 4, les Terrasses de la Chaudière, le 22 Eddy, chacun est géré indépendamment. Faut donc rencontrer chaque responsable dans son milieu de travail », explique l’homme d’affaires.

Le marché de Toronto

Biograde a reçu l’an dernier environ 24 000 $ en subventions ( ID Gatineau, Québec… ) pour l’aider à exporter ses produits. Des approches sont en cours avec le Massachusetts et le Colorado aux États-Unis. Mais le véritable défi à court terme sera le marché de Toronto, « qui est immense », selon Luc Marineau. « Ce n’est pas si mais quand. Nous allons fabriquer là-bas pour réduire les coûts. »

Biograde est une affaire de famille. Une des filles des fondateurs de l’entreprise, Émilie, travaille directement dans la fabrication et l’emballage des produits. Catherine Barrette veille aux finances et à la gestion de la compagnie tandis que M. Marineau s’occupe principalement des ventes. La compagnie est rentable depuis sa création, il y a six ans.