Le Marché de solidarité régionale de l’Outaouais est situé sur la rue Eddy, dans le Vieux-Hull.

L’avenir du Marché de l'Outaouais remis en question

Il y a onze ans, ceux qui souhaitaient se procurer des aliments locaux devaient se promener de ferme en ferme. Ils ont aujourd’hui l’embarras du choix quand vient temps d’acheter les aliments des producteurs de la région de l’Outaouais.

Lancé en juillet 2008, le Marché de solidarité régionale de l’Outaouais a été l’un des premiers joueurs à oser s’attaquer à la problématique. La coopérative agroalimentaire a mis sur pied une plateforme en ligne afin que les consommateurs puissent commander les produits de leur choix à même leur domicile, en plus d’implanter un emplacement central à Gatineau où il est possible de les récupérer, rue Eddy dans le Vieux-Hull. En proposant une gamme de plus de 2000 produits, fruit du travail d’une soixantaine de producteurs, l’initiative citoyenne a pour but de tisser des liens entre les producteurs, les artisans et les consommateurs de la région, tout en encourageant l’achat local.

En plus de faire le bonheur de ceux et celles qui raffolent des produits bio, le Marché de l’Outaouais a également été un bon coup pour les producteurs d’ici. Carl Poirier, de la ferme HLF du Lac Simon, est l’un des producteurs qui a démarré le projet au milieu des années 2000. Il se souvient bien de la réflexion qui l’ont mené, lui et cinq autres producteurs, à démarrer l’initiative : à l’époque, il y avait un grand marché de paniers biologiques déjà conçus.

« Il y a des gens qui veulent avoir accès à des produits biologiques, mais qui veulent aussi pouvoir choisir ce qu’ils vont recevoir dans leur panier », explique-t-il.

C’est alors que la petite équipe de producteurs a mis la main à la pâte afin de travailler sur ce qui deviendrait la coopérative que l’on connaît aujourd’hui. Pendant près de deux ans, ils ont créé le portail web et toute la structure du projet. En juillet 2008, le projet a finalement été dévoilé.

« Les consommateurs étaient frileux au début. La vente en ligne n’existait pas beaucoup, on était une drôle de bibitte », se rappelle M. Poirier. Pour les attirer, les producteurs du marché ont d’abord fonctionné à la manière d’un marché public, en étant présents sur place. Lorsqu’un intéressé se présentait, il se faisait inviter à commander le produit désiré en ligne, sur la plateforme.

Alors que les ventes augmentaient, les producteurs ont rapidement commencé à se bousculer au portillon pour venir vendre leurs produits. « Au début, ils ne voulaient pas s’investir, car ça a pris un bon deux ans de bénévolat pour mettre le marché en place, mais une fois que la formule a roulé, ils ont embarqué. La demande et l’offre ont augmenté, ça a eu un réel effet boule de neige », affirme M. Poirier.