Benoit Delage, directeur général du CREDDO, ainsi que Nicolas Greugny, directeur général adjoint de l'organisme.

Des dons pour reverdir le centre-ville

À Gatineau, un organisme environnemental bien implanté veut éveiller la fibre verte des entrepreneurs de la région, en sollicitant des dons pour reverdir le centre-ville de Gatineau et ainsi contrer les îlots de chaleur.

« Quand je cogne aux portes auprès des entreprises et que j’arrive avec une solution concrète, alors le monde embarque. Le discours des groupes en environnement a changé. Avant, pour passer un message, ces groupes s’attachaient à un arbre. Maintenant, on travaille avec les entreprises et elles sont prêtes à faire une différence », affirme le directeur général du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO), Benoît Delage.

Ce dernier planche présentement sur le projet Air-ou-Vert, évalué à un peu moins de 2 M $. Cette initiative vise à augmenter le couvert forestier de l’île de Hull de 5 % d’ici 2025, avec la plantation de 2000 arbres et de 6000 m2 d’arbustes, pour mieux faire face aux changements climatiques.

« On a déjà un apport de la ville et du gouvernement provincial. On travaille avec la communauté d’affaires et on a une contribution d’affaires de 350 000 $ dont on nous parle en ce moment. Ce sont essentiellement des consultants qui prévoient faire des projets dans le centre-ville et qui comprennent la problématique des îlots de chaleur », explique M. Delage.

Une économie circulaire

Outre la philanthropie verte, le directeur général du CREDDO constate que plusieurs entreprises de la région passent à l’action en adoptant notamment un modèle d’économie circulaire. Ce courant vise à réduire la quantité de matières destinées à l’enfouissement, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre liées au transport.

L’organisme a d’ailleurs publié un recueil de pratiques en économie circulaire en Outaouais dans le cadre du projet Synergie Outaouais, dans lequel près de 80 entreprises de la région étaient impliquées.

« Le but du projet est de faciliter les échanges et les maillages entre les entreprises du territoire. Avec l’économie circulaire, les déchets d’une entreprise peuvent devenir une matière première pour une autre entreprise », explique le directeur général adjoint du CREDDO, Nicolas Greugny.

À titre d’exemple, plusieurs brasseries locales font des dons de résidus de brassage à des agriculteurs de la région pour nourrir leurs animaux, ce qui leur permet d’éviter d’acheter des aliments et de réduire les déchets à l’enfouissement.

« Il y a un avantage économique qui est clairement identifié », souligne M. Greugny.

Geneviève Carrier, directrice générale d'Enviro Éduc-Action.

Dans la même lignée, la directrice générale d’Enviro Éduc-Action, Geneviève Carrier, souligne que plusieurs initiatives peuvent être réalisées pour dévier les déchets du site d’enfouissement.

L’OSBL d’économie sociale qu’elle dirige aide une trentaine d’événements par année à réduire leur empreinte écologique, dont le Festival de montgolfières de Gatineau, les Grands feux du casino, le Festibière et récemment l’événement de tennis Challenger.

« Dans un événement, en réalité, quand les matières sont bien triées, il n’y a que 20 % environ des objets qui sont réellement des déchets pouvant aller à l’enfouissement. Alors ça vaut la peine quand un organisateur se prépare une équipe de bénévoles pour trier les matières résiduelles », explique
Mme Carrier.

Enviro Éduc-Action aide notamment les planificateurs d’événements à s’assurer que leur plan d’action inclut des mesures environnementales. L’organisme fournit aussi des services sur le terrain visant à aider les équipes de bénévoles et de logistique à détourner le plus de matières résiduelles des sites d’enfouissement, en veillant à ce que les déchets soient envoyés au bon endroit, à savoir au compostage, au recyclage ou à la poubelle.

Des prix Excelor à la mode verte

La directrice générale de la Chambre de commerce de Gatineau, Anne-Marie Proulx, constate aussi que les enjeux environnementaux font désormais partie des préoccupations de bon nombre de gens d’affaires.

« On voit une évolution au niveau de nos membres et des jeunes et on voit et on perçoit que la thématique ou l’élément de développement durable leur tient à cœur », avance-t-elle.

« Au niveau de la Chambre de commerce, ce qu’on vise à faire, c’est d’intégrer une notion de développement durable dans nos initiatives », poursuit-elle.

La directrice générale de la Chambre de commerce de Gatineau, Anne-Marie Proulx.

Mme Proulx donne en exemple les prix Excelor, où dans les cahiers de mise en candidature, on retrouve une rubrique de développement durable.

« Les entrepreneurs qui déposent leur candidature voient donc à nous témoigner leurs gestes de développement durable au sein de leur organisation, ainsi que leurs gestes dans la communauté au niveau plus sociétal », explique-t-elle.

Cette année, de concert avec le CREDDO, la Chambre de commerce mettra en lumière trois entrepreneurs ayant de bonnes pratiques écoresponsables, lors d’un cocktail visant à dévoiler les finalistes des prix Excelor.  Dans la même veine, en 2021, la Chambre de commerce mettra en valeur un « projet d’exception » en lien avec le développement durable, dans le cadre des prix Excelor.