Zibi: une affaire complexe

L’opération Zibi n’aura pas été chose facile. Il a fallu négocier avec les gouvernements fédéral, ontarien et québécois, avec les villes d’Ottawa et de Gatineau, avec la Commission de la capitale nationale, discuter avec les peuples des Premières Nations et convaincre les protecteurs du patrimoine et de l’environnement.

Pour Jeff Westeinde, toutes les complexités affrontées auront eu pour effet d’affiner l’idée de départ. « Nous avions un projet et nous avons consulté, discuté et écouté. C’est grâce aux commentaires reçus de la communauté que nous avons pu l’améliorer. Je n’ai pas vu ça comme des obstacles, mais comme un plus qui a permis de faire accepter Zibi ». 

Le chantier n’est pas qu’une opération de construction puisque démolition, décontamination et archéologie sont aussi à l’agenda. Des dizaines de millions de dollars en provenance des pouvoirs publics sont nécessaires pour décontaminer l’endroit.  De vieux bâtiments industriels où des dizaines de milliers de Hullois et d'Ottaviens ont oeuvré seront jetés par terre, d'autres feront place à des commerces. Avant d’occuper le site, des fouilles archéologiques ont été faites, permettant en outre de retrouver les fondations de la maison de Ruggles Wright, fils du fondateur de la ville de Hull.

Un observatoire d’une hauteur de 30 mètres avec ascenseur, fait de conteneurs métalliques recyclés, devrait s’élever sur le site dès le printemps prochain.  Accessible gratuitement au public, cette installation temporaire fera office de bureau des ventes. La configuration du pont des Chaudières, là où la légende veut que Jos Montferrand ait projeté jusqu’à 150 Irlandais dans la rivière des Outaouais, sera réaménagée pour le rendre plus accessible aux piétons et cyclistes.

« Nous voulons créer une communauté responsable, qui a moins besoin de l’automobile pour se déplacer, qui laisse la place aux vélos et aux marcheurs, et qui redonne à la région une vue sur la rivière qui était inconnue jusqu'à aujourd’hui. Nous voulons un milieu de vie qui favorise la santé des citoyens dans le respect des capacités de la planète », lance-t-il fièrement en terminant une visite du chantier.