La propriétaire du bar à vin «Soif», Véronique Rivest

Une route des vins dans la région?

Après l’Estrie, le comté Prince-Edward et le Niagara, la région d’Ottawa et de Gatineau aura-t-elle aussi sa route des vins ? Certains en rêvent, d’autres en doutent.

Le président de l’Association des producteurs de vin de l’Est de l’Ontario, Paul LeBlanc, milite pour sa réalisation. Il fait valoir que la rive ontarienne compte plus de 100 000 plants de vigne et 16 vignobles, dont plus de la moitié est ouverte au public.

« On est en train de développer la région comme la prochaine région des vins de l’Ontario », lance M. LeBlanc, aussi propriétaire du vignoble Smokie Ridge, près de Kemptville.

« On travaille aussi avec les gens du côté du Québec pour développer une carte de la route des vins. On veut connecter le côté du Québec, car la loi permet maintenant de traverser la rivière avec de l’alcool », explique-t-il.

La copropriétaire du Domaine de Pontiac Village, Maude-Emmanuelle Lambert, espère aussi que la région aura un jour sa propre route des vins. Son vignoble implanté en 2007, dans le Pontiac, compte 6 000 pieds de vigne en production et une dizaine de cépages.

« On a la possibilité de faire une route des vins de la région de la capitale nationale. Autour de la région d’Ottawa-Gatineau, dans un périmètre de 90 km, on peut répertorier jusqu’à 19 vignobles », fait-elle valoir. Elle ajoute que le Pontiac en compte maintenant trois ouverts au public.

La sommelière Véronique Rivest demeure pour sa part sceptique, faisant valoir que la production de vin en Outaouais reste encore « embryonnaire ».

Les Assoiffés

À défaut d’avoir une route des vins, Gatineau a tout de même été l’hôte de la première édition du Salon des assoiffés, cette année, à la Ferme Moore. L’événement, organisé par le bar à vin Soif, vise à faire connaître les vins et les vignerons au public.

« Il y a de grands festivals de vin un peu partout au Québec et on n’en avait pas ici dans la région », explique Mme Rivest.

La propriétaire de Soif espère aussi ouvrir un deuxième bar à vin, La Petite Soif, au cœur du quartier du Plateau, dans le secteur Hull, dans le cadre du projet immobilier Agora.

La sommelière et femme d’affaires estime que pour survivre dans le monde de la restauration, il ne faut pas uniquement se démarquer derrière les chaudrons. « Ce qui va garantir la pérennité d’un établissement, c’est vraiment une gestion hyperpointue et un service exceptionnel », insiste-t-elle.