Des vins décorés

Glamour la viniculture ? Au-delà des aléas de Dame nature et du dur labeur dans les champs, il arrive que certains vins de l’Outaouais récoltent le raisin et les honneurs.

C’est le cas du vignoble Ste-Angélique, dans la Petite-Nation, où les propriétaires ont à leur grande surprise vu leur vin Argiles Blanches 2016 être coté 3 ½ étoiles dans le Guide du vin Phaneuf.

« J’ai moi-même découvert le vin avec ce guide que j’achète depuis 20 ans, alors de me retrouver dedans, c’est le fun , s’exclame le vigneron Nicholas Carrière. Ça a beaucoup aidé à vendre notre vin, car le guide est une référence pour les gens. On a été en rupture de stock en l’espace d’un mois et demi », poursuit-il.

L’homme de 40 ans s’est lancé dans l’aventure vinicole en 2012 avec sa conjointe Geneviève Poulin, avec qui il a planté jusqu’à 8 000 plants de vigne. Ensemble, ils produisent de 4 000 à 6 000 bouteilles de vin annuellement.

En 2015, toutefois, un gel a complètement ruiné leur production. Depuis, M. Carrière, qui a récemment quitté son emploi au gouvernement pour se consacrer entièrement à la viniculture, s’est doté de machines totalisant 40 000 $, afin de garder ses vignes bien au chaud.

Des fraises

Les vins du Domaine Mont-Vézeau, à Ripon, ont aussi décroché les honneurs à maintes reprises. Le vin rouge Noroit 2016, actuellement vendu, s’est vu décerner l’or à la Coupe des nations 2018, à Québec, faisant de lui un triple médaillé.

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Le Zéphyr, un vin liquoreux aux fraises vendu à la SAQ, a pour sa part été décoré neuf fois, y compris lors de ce même concours, où il a été médaillé d’argent.

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La copropriétaire du vignoble, Linda Boulianne, admet que ce vin de fraises est véritablement devenu le « moteur » et la « marque de commerce » de l’entreprise.

Les petits fruits rouges ont cependant fait leur apparition au vignoble seulement en 2007, dans le but de diversifier les revenus de l’entreprise et d’accroître l’achalandage du public sur le site durant l’été. La première année a cependant mal débuté, en raison d’une abondance de pluie.

« C’était un peu inquiétant. Au bout d’un moment, je me suis réveillée en pleine nuit et j’ai dit à mon mari qu’il n’était pas question que je me lance dans la production de tartes aux fraises », raconte-t-elle.

C’est ainsi qu’est née l’idée de tourner les fraises en vin. Une idée qui a porté fruit puisqu’en l’espace de deux mois, cette année-là, les quelque 800 bouteilles de Zéphyr produites s’étaient déjà écoulées.