Restos et succès à la même table

Il ne connaissait pratiquement rien à la restauration. Elle n’avait jamais eu d’entreprises. Ensemble, ils ont bâti deux restaurants qui carburent, dans un environnement d'affaires difficile.

Joe Rego et Isabelle Lacroix ont d’abord acheté le resto-bar Le Quai St-Raymond en 2009. Le monde sortait d’une grave crise financière, le couple n’avait pas d’expérience en gestion. N’empêche, le chiffre d’affaires du restaurant grimpe d’environ 10% par année depuis. Rebelote quatre ans plus tard : le couple achète Le Cellier, dans le Vieux-Hull, rue St-Jacques. Une adresse qui avait jadis été occupée par le Jean-Sébatien Bar. «Vous êtes suicidaires» leur a dit leur entourage. Plusieurs restaurateurs avaient mangé leur pain noir à cet endroit.

Depuis, la cuisine ne dérougit pas. «Le succès est arrivé bang, bang, bang. On a désormais sept cuisiniers permanents, on est obligés de former le personnel nous-même. On est rendus 25 employés au Cellier», raconte Isabelle Lacroix.

«Je pense qu’on a comblé un besoin à Gatineau chez la nouvelle génération pour une cuisine moderne, «trendy», explique Joe Rego. Et les gens sont prêts à payer pour bien manger.»

«Quand il va au restaurant, le client cherche une atmosphère, de la qualité et du service. On offre les trois», assure madame Lacroix. Elle-même a passé deux ans en cuisine pour connaître les arcanes du métier. Le couple voit à tout. Et pour combler leur manque d’expérience, les deux entrepreneurs n’ont pas hésité à faire appel à des consultants, question d’améliorer leur gestion, leur pratique courante.

Qui a dit que la restauration en arrachait? «C’est pas un défi, c’est une passion, la restauration», clame Joe Rego, l’homme de tous les métiers qui adore le contact  avec les gens.

Vers d'autres projets

Le couple, en affaires comme dans la vie, compte sur une équipe stable depuis son arrivée dans le monde de la restauration. À telle enseigne qu’il aimerait offrir un partenariat aux employés intéressés, question d’assurer la pérennité des commerces et aussi de le dégager d’un horaire démentiel.

Car le quotidien du duo s’est alourdi encore un peu plus depuis le début du mois d’octobre. Le couple Rego-Lacroix gère le nouveau Starbuck, qui vient d’ouvrir au rez-de-chaussée du WE, coin Wellington et St-Jacques. «On est debout à 5h30 pour opérer le café et on est sur le plancher jusqu’à 22h pour les deux autres restos», explique Isabelle Lacroix, un brin de lassitude dans la voix. 

Joe Rego et Isabelle Lacroix

La licence du Starbucks a été achetée par le goupe Heafey, propriétaire du WE, qui leur a demandé de s’en occuper. «C’est un beau défi, on apprend beaucoup, précise Isabelle Lacroix, mais c’est exigeant. C’est pourquoi on vient d’embaucher une directrice générale qui s’occupe désormais de la comptabilité dans les trois commerces, qui comptent 70 employés.»

L’entreprise familiale a également d’autres projets en vue, toujours au centre-ville de Hull. Au printemps, un bistro-santé ouvrira ses portes sur la rue Eddy, le Olivia, avec un service de ventes en ligne.

L’endroit sert déjà de cuisine de production pour le Cellier, qui manquait d’espace.

«Ça se développe au centre-ville. Ce qui nous aiderait, ce sont des parcomètres intelligents (qui permet le paiement par carte de crédit et à distance) pour faciliter la vie des clients, insiste Joe Rego, et aussi, plus de gens qui y habitent.  Le couple, originaire de l’ex-ville de Hull, habite désormais sur l’Ile. Deux de leurs enfants travaillent dans l’un ou l’autre de leurs commerces. Il est un peu tôt toutefois pour parler de relève.

Pas trop tôt par contre, à la mi-quarantaine,  pour parler de retraite… éventuellement.

«Quand on y pense, on se voit avec notre petit resto au bord de la mer!», s’exclame madame Lacroix, pendant que son complice abonde dans le même sens.