Quand santé rime avec intelligence artificielle (partie 2 de 2)

Marc Gauthier
Marc Gauthier
Collaboration spéciale

Virage santé

Fondé en 1997 par Frédéric Boulanger, un natif de Mont-Joli, Macadamian a passé les 10 premières années de son existence dans l’univers des télécommunications, avec des clients tels Nortel et BlackBerry.

Mais il y a environ cinq ans, la compagnie a pris un sérieux virage dans le monde de la santé. Elle s’est lancée à fond dans la production de logiciels qui accélèrent les soins aux patients, de leur entrée dans le réseau à leur sortie, à partir de la gestion des dossiers des patients en passant par les salles d’opération. La division s’appelle « Q Suite » et elle est devenue le fer de lance de l’entreprise qui tire désormais 75% de ses bénéfices du domaine de la santé.

Et les résultats portent ses fruits. Il y a deux ans, la compagnie a bâti un système permettant de diagnostiquer plus rapidement des maladies cardiaques et de prioriser les soins à donner aux patients. « Trois mois après sa mise en application dans un hôpital, on nous a dit que le programme avait permis de sauver 45 vies », lance avec fierté M. Boulanger. Le logiciel a depuis été utilisé à des milliers de reprises.

« J’aime l’impact que j’ai sur le système de santé. Et j’aide les gens à mieux vivre grâce à nos logiciels. »

Économie de temps et d’argent

L’intelligence artificielle fera gagner des sommes importantes dans le domaine de la santé, si on veut bien l’utiliser, précise M. Boulanger. « Il y a une inertie incroyable dans le milieu de la santé. Il faut faire différemment. Tout est organisé pour faire fonctionner la machine et non les soins aux patients », déplore le résident de Gatineau. « En 2001, j’ai conçu un programme de télésanté pour permettre aux infirmières de superviser des patients à distance. Ça fait 20 ans de ça ! On est en retard », répète-t-il.

Présence en Europe

L’an dernier à pareille date, Macadamian a remporté un concours européen devant 280 candidats avec son produit X AID, un logiciel qui accélère et affine les lectures en radiographie. Du coup, une subvention de 500 000 $ lui a été consentie pour perfectionner son système dans un hôpital au Danemark. Déjà présente en France et en Italie notamment, Macadamian veut élargir sa base d’affaires en Europe, qui, présentement, repose sur les marchés américains. La firme-conseil, plusieurs fois millionnaires, emploie 80 personnes à Gatineau et 160  à travers le monde. Entretemps, la compagnie espère signer une entente prochainement avec une province canadienne afin d’y intégrer l’ensemble de ses solutions numériques en santé, au bénéfice de l’entreprise mais aussi du patient.

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