De gauche à droite : Richard Martin, directeur de création, Michel Champagne, monteur et caméraman, Catherine Pellerin, Associée et productrice, Vincent Latreille, monteur et animateur 3D, et Caroline Lefebvre, directrice de production
De gauche à droite : Richard Martin, directeur de création, Michel Champagne, monteur et caméraman, Catherine Pellerin, Associée et productrice, Vincent Latreille, monteur et animateur 3D, et Caroline Lefebvre, directrice de production

Pixel: De retour après la pause, mais dans quel état? (partie 2 de 2)

Marc Gauthier
Marc Gauthier
Collaboration spéciale
Mars 2020. L’écran économique du Québec vire au noir. Un virus met Québec Inc. sur pause. C’est la fin des émissions et personne ne sait combien de temps cet entracte durera. Pixel, la compagnie de production vidéo de Gatineau, perd subitement 150 000 $ de contrats en deux jours. La situation est historique. Les gens de chez Pixel se disent qu’il faut absolument documenter l’événement.

Des gens d'affaires ébranlés

« C’est surréaliste », dira l’un. « On a eu vraiment peur de tout perdre », admet cet autre. « On est dans l’incertitude complète, qu’est-ce qui va nous arriver ? », se rappelle une troisième.

Le témoignage du propriétaire de la pâtisserie Fidélice, Ramsey You, en est un exemple frappant. Lui qui a vécu deux changements de régime au Cambodge avant d’émigrer au Canada a eu des flashbacks de cette époque. « Pendant deux jours, j’ai eu vraiment peur. J’ai même pensé barricader le commerce pour empêcher les gens de venir le piller. Quand les gens ont faim, ils font des choses parfois. »

L’inquiétude est à son paroxysme chez Bouffe Pontiac, la banque alimentaire du Pontiac, qui doit demeurer ouverte parce que le service est considéré essentiel par Québec. « Les gens ont tellement besoin de nous en temps normal, imagine comment ils vont avoir besoin de nous en temps de pandémie ! », témoigne sa directrice, Kim Laroche.

« Est-ce que je risque de tout perdre ? », se demande Élaine Dupras, de la Sporthèque de Hull, une entreprise solidement établie dans la région et qui pourtant a dû mettre à pied une centaine d’employés au plus fort de la crise.

Pire encore, des gens de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau, qui vivent en bonne partie du tourisme, craignent la contamination au virus de la COVID-19 par les touristes ontariens ou même, les villégiateurs. Pour Pierre Riel, du restaurant l’Huile d’Olive à Bouchette, « le réveil a été brutal ». Touristes et villégiateurs semblent de trop dans la Haute-Gatineau, les affaires s’écroulent.

D’un seul coup, l’organisateur des Grands feux du Casino du Lac-Leamy voit ses profits partir en fumée. Marc-Antoine Massicotte, propriétaire de Les Fondateurs, qui organise de grands événements, exprime son inquiétude : « On est dans l’inconnu. Alors que les gens ont besoin d’une bonne thérapie collective pour échapper à la morosité ambiante, on leur enlève ce plaisir. Le pire, c’est qu’on va être les derniers à rouvrir à la fin de la pandémie. » Il se demande même si la crise aura disparu en 2021.

« Çe fut un choc parce qu’on était sur une lancée, avec beaucoup de contrats », déplore Mélanie Hotte, de Construction Miric, à St-André Avellin, qui a dû fermer tous ses chantiers. « Il a fallu travailler fort pour garder les employés, les rassurer. Il a fallu investir dans les mesures de sécurité. Nous nous sommes retrouvés avec moins de revenus et plus de dépenses. »

Jean-Denis Ménard, associé et directeur photo & technique

Et après la pause?

Choc, dépression, abattement, les 12 gens d’affaires qui ont participé au docu-réalité y évoquent leur désarroi mais, fait à noter, ils sont tous encore en affaires, six mois plus tard !

Curieusement, certains s’en tireront mieux après la pause. Comme les Serres de Gatineau, qui verront leur chiffre d’affaires grimpé après le confinement grâce aux politiques d’achat local. Aussi, les contrats de construction dans la Petite-Nation entrent maintenant à pleine porte chez Miric.

La vidéo aura coûté quelque 45 000 $ à tourner, grâce à des investissements provenant de divers partenaires. 

« C’était important de mettre en lumière ce que les gens ont subi pendant la crise », nous dit la directrice de la CCG, Anne-Marie Proulx, qui quittera l’organisation à la fin du mois afin de relever de nouveaux défis

La sortie du docu-réalité d’une durée de 45 minutes est prévue le mardi 27 octobre prochain.