Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Caroline chénier, copropriétaire de Serres Gatineau
Caroline chénier, copropriétaire de Serres Gatineau

Oser les produits locaux

Sandrine Vieira
Collaboration spéciale
Article réservé aux abonnés
Quitter sa carrière de salariée pour se lancer à son compte, c’est le pari risqué qu’a fait la copropriétaire des Serres Gatineau, Caroline Chénier. Avant d’acquérir l’entreprise et de faire le saut dans le monde des affaires, Mme Chénier œuvrait en tant que fonctionnaire au gouvernement fédéral.

Les Serres Gatineau sont une entreprise de production de fruits et de légumes en serres sans pesticides fondée en 2002 par la tante et l’oncle de la copropriétaire actuelle.

« Mon oncle et ma tante n’avaient pas de relève familiale directe. C’est un travail très exigeant et ils étaient prêts à passer à autre chose. Quand ils ont manifesté l’intérêt de passer les rênes de leur entreprise, mon conjoint ( Patrick Guay ) et moi avons sauté sur l’occasion », explique Mme Chénier. « L’entrepreneuriat nous intéressait et la mission de l’entreprise était importante pour nous », poursuit-elle. C’est alors le début de ce qui est devenu la plus grande transaction et transition de leur vie.

Se greffer au milieu

Pour la copropriétaire, l’acquisition de l’entreprise familiale sise au 1984, boulevard Maloney est à Gatineau, constituait une étape naturelle : « Je ne me voyais pas travailler au gouvernement toute ma vie. L’addition ne se faisait pas dans ma tête, je savais qu’il y aurait quelque chose de plus grand à venir. »

Or, quitter sa stabilité d’emploi n’était pas sans risque : « Être fonctionnaire, c’est aussi avoir une paie garantie. Tandis que maintenant, l’entreprise ne va marcher que si j’arrive à vendre mes légumes. C’est une grosse gestion de nos rentrées d’argent », explique-t-elle.

C’est la raison pour laquelle le couple a mis trois ans avant d’acquérir officiellement l’entreprise familiale, en août 2019. « On a fait beaucoup de démarches, on a rencontré des professionnels, des conseillers liés de près ou de loin à l’agriculture. On a assisté à des colloques et des formations. On voulait se greffer au milieu. »

En plus d’apprendre à gérer une entreprise, le couple a aussi dû apprendre à faire pousser des légumes. « On avait beau avoir un peu d’expérience en marketing, en communications et en ressources humaines, mais on n’avait jamais fait pousser de légumes ! », avoue-t-elle en riant.

Recrudescence pour le local

Si la pandémie de la COVID-19 a affecté plusieurs entreprises, elle s’est tout de même avérée profitable pour Les Serres Gatineau. Les citoyens confinés ont soudainement pris goût pour le jardinage et les produits locaux. « On sentait déjà qu’il y avait une effervescence pour le marché local, mais là, ça a explosé », se réjouit Mme Chénier.

En mars dernier, au moment où la pandémie commençait à frapper au pays, Caroline Chénier était sur le point de récolter tous ses produits. Dans l’incertitude quant à l’avenir du magasin, elle décide alors de vendre des paniers de légumes. « En dedans de trois jours, on avait pondu une formule de paniers en envoyant des courriels. C’est une formule qui est habituellement plus encadrée, avec un site web, par exemple. Nous, on n’était pas là, mais on a quand même réussi à aller au bout de ce qu’on voulait rapidement. »

La formule a connu du succès. « On voulait d’abord en vendre 25. Finalement, on en a vendu 60 en 48 heures ! », s’exclame celle qui a su profiter de l’engouement pour les produits locaux. 

Elle se dit maintenant prête à attaquer la saison à venir, malgré l’incertitude qui persiste en raison de la situation sanitaire. Son prochain objectif : pouvoir produire ses légumes été comme hiver.